Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Les Gloires de Marie · Alphonse de Liguori

    Avis au lecteur

    Afin que cet opuscule ne paraisse pas entaché de quelque erreur au jugement d'une critique outrée, j'ai cru devoir éclaircir davantage certaines propositions qu'on y rencontrera, et qui pourraient sembler hasardées ou peut-être obscures. J'en ai noté quelques-unes ici; et quant aux autres, si jamais, charitable lecteur, elles vous passent sous les yeux, je vous prie de penser qu'elles ont été avancées et entendues, par moi,

    dans le sens de la vraie et saine théologie, ainsi que de l'Église catholique romaine, dont je me déclare le fils le plus obéissant. Dans l'introduc-

    tion, à la page 1 4, en renvoyant au chapitre vi de l'ouvrage, j'ai dit que Dieu veut que toutes les grâces nous parviennent par les mains de

    Marie. Or c'est là une vérité bien consolante

    pour les ames affectionnées à Marie toute sainte,

    et pour les pauvres pécheurs qui veulent se con-

    vertir. Cette assertion, d'ailleurs, ne doit point

    paraître s'écarter de la saine théologie ; car le

    père de la théologie, je veux dire S. Augustin, a

    dit que Marie a coopéré par sa charité à la nais-

    sance spirituelle de tous les membres de HÉ-

    glise1. Et voici ce qu'ajoute un auteur célèbre, qu'on ne peut soupçonner ni d'exagération ni d'enthousiasme pour les fausses dévotions : « Comme c'est proprement sur le Calvaire que

    Jesus-Christ a forme son Eglise, il est clair que

    la sainte Vierge a coopéré d'une manière excel-

    lente et singulière à cette formation ; et ainsi on

    peut dire que si elle avait enfanté Jésus-Christ

    chef de l'Église, sans douleur, elle n'a pas enfanté sans douleur le corps de ce chef, et qu'elle a commencé sur le Calvaire d'être d'une ma-

    nière particulière la mère de toute l'Eglise2. »

    Ainsi, pour tout dire brièvement, le Dieu très-

    saint, voulant glorifier la mère du Rédempteur,-

    a déterminé et arrêté que la grande charité de cette Vierge intercéderait en faveur de tous ceux; pour lesquels son fils a payé et offert le prix surabondant de son sang précieux, dans lequel seul est pour nous le salut, la vie et la résurrection3.

    C'est sur le fondement de cette doctrine, et sur

    tout ce qui est en harmonie avec elle, que j'ai

    prétendu avancer mes propositions4. Et certes les saints eux-mêmes n'ont point fait difficulté d'en dire autant, soit dans leurs colloques affec-

    tueux avec Marie, soit dans les chaleureux dis-

    cours composes en son honneur. Ainsi un an-

    cien père, cité par le célèbre Vincent Contenson,

    a dit que dans le Christ la plénitude de la grâce

    était comme dans la tête d'où elle découle; et

    dans Marie comme dans le cou qui la transmet

    aux membres5. C'est encore ce qui est clairement enseigné et pleinement confirmé par le docteur angélique S. Thomas : « La bienheureuse Marie est dite pleine de grâce, pour trois

    raisons principales. En troisième lieu à cause

    de la surabondance de grâce qu'elle fait refluer

    sur tous les hommes. Car c'est déjà une grande

    prérogative, n'importe dans quel saint, que d'avoir une mesure de grâce qui suffise au salut

    d'un grand nombre ; mais en avoir une qui suf-

    fise au salut du monde entier, c'est tout ce qu'il

    y a de plus grand ; et c'est ce qui se réalise dans

    le Christ et dans la bienheureuse Marie. Dans

    quelque péril que ce soit, vous pouvez obtenir votre salut par cette glorieuse Vierge. Aussi est-

    il dit (Gant IV. ) : Mille boucliers, c'est-à-dire mille préservatifs contre les dangers, sont suspendus autour d'elle. De plus, dans l'exercice

    de toutes les vertus, elle peut venir à votre aide,

    et c'est pour cela qu'elle dit elle-même (Eccli. xxiv) : En moi est toute l'espérance de la vie et

    de la vertu (i). » (1> C Dicitur autem beata Virgo pîcna gratîan, quantum ad tria... » Tertio quoad refusionem in omnes homines. Magnum enim est » in quolibet sancto, quando habet tantum de gratia quod sufficit » ad salutem multorum; sed quando haberet tantum quod siifiia coret ad sainfoin omnium hominum de mundo, hoc esset maxî- » miïm : ef hoc est in Chrîslo et in beata Virgine. Nam in omni p c- * riculo potes salutem oblinerc ab ipsa Virginc gloriosa. Unde » (Cantic. iv.) mille chjpci, id est remédia contra pericula, pendent » ex. Item in omni opero virtulfs potes eam habere in adjutorium, :* el ideo dicit ipsa. (Eccli. x \ iv. ) In me omnis spes vitæ et virtutis* » (Opuscul. Exposit- in Salulationem angelicam, circa med.)

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Les Gloires de Marie

    73 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.