Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    La voie sacrée ou théorie et pratique du chemin de la croix · Saint Léonard de Port-Maurice

    Dédicace à Marie

    C'est pour soulager votre Cœur désolé, ô Reine dos Martyrs, que j'ai entrepris d'aplanir celte VOIR SACRÉE, rougie du sang précieux de votre doux Jésus. Bénissez, ô puissante Souveraine, tous ceux qui, pour imiter le martyre que la douleur a fait éprouver à votre âme, s'affectionneront au saint exercice du CHEMIN DE LA CROIX, et arroseront de leurs larmes le rude sentier que votre bienaimé Fils a marqué par les traces de son sang ; daignez aussi jeter un regard bienveillant sur ce modeste travail,* et agréer l'humble offrande qui vous en est faite avec les sentiments d'un entier dévouement. Ah ! je le proteste, je voudrais avoir un cœur qui valût à lui seul tous les cœurs; afin de vous aimer pour tant de malheureux qui ne vous aiment pas; je voudrais avoir une langue qui valût toutes les langues, afin de publier partout vos grandeurs; bien plus, je voudrais avoir mille vies en mon pouvoir, et même toutes les vies, pour vous les sacrifier toutes à la fois; je serais heureux de m'anéantir tout à fait pour vous procurer un nouveau degré de gloire, si faible qu'il fût; et s'il est possible de désirer quelque chose de plus pour votre honneur, je le désire réellement par pur dévouement. Je sais que le don que je vous fais est bien mince, Marie! qui avez été la première, après votre divin Fils, à parcourir cette voie douloureuse, et qui n'avez cessé de la fréquenter assidûment pendant tout le reste de votre vie. C'est donc à Vous, ô Vierge de douleurs ! que je consacre mon œuvre; agréez-la et, je vous en supplie de nouveau, disposez les cœurs de tous vos serviteurs k suivre cette VOIE SACRÉE avec une telle ferveur, que chaque pas soit un acte d'amour envers Jésus souffrant, et de compassion envers Vous-même, ô divine Mère, qui avez failli expirer au milieu de tant de tourments.

    Tel est l'unique désir de celui qui depuis longtemps s'est donné tout à Vous, qui ne soupire que pour Vous, qui n'aspire qu'après Vous, et qui, sans Vous et sans la consolation de penser à Vous, ne trouverait plus qu'amertume dans cette vie. Bénissez donc, auguste Souveraine, et le donateur, et le don, et le cœur avec lequel il vous l'offre, tandis qu'humblement prosterné à vos pieds, il aime à se dire,

    De Votre Souveraine Majesté, Le très-humble, très-dévoué et très-affectionné serviteur et esclave,

    F a. LÉONARD DE PORT-MAURICE.

    LA VOIE SACRÉE

    PREMIERE PARTIE.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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