L'institution de la sainte Confrérie et Société du Sacré Cœur de Jésus et de Marie · Saint Jean Eudes
Première partie
V : Dispositions pour gagner les Indulgences
Dans lesquelles il est très utile et très avantageux d'entrer pour gagner les susdites Indulgences 1.
La première, c'est d'avoir une grande dévotion pour le Coeur sacré de Jésus et de Marie. Car, comme ces Indulgences ne sont données que pour en établir le culte et l'invocation, aussi le premier soin que doit avoir un Confrère ou Soeur de cette sainte Société, c'est d'établir dans son coeur une dévotion particulière pour le Coeur de Jésus et celui de Marie sa très sainte Mère. Et pour cet effet, il est bon de lire de fois à autres la petite instruction qui est à la fin de ce livre, sur l'excellence de ce Coeur sacré.
La seconde, c'est d'y rechercher plus l'intérêt de Dieu que le nôtre, en recherchant davantage sa gloire et son bon plaisir que notre propre satisfaction. Or, il est plus de la gloire de Dieu de le satisfaire pour nos péchés par les mérites infinis de son Fils, que par les nôtres qui ne sont que finis. Or par les Indulgences, nous satisfaisons à Dieu par les mérites de son Fils, ___________________
Cf. Royaume de Jésus, 3e part. § 23: Ce qu'il faut faire pour se disposer à gagner les Indulgences. Oeuvres, tome I, p. 36.
et par conséquent d'une manière qui lui est beaucoup plus glorieuse. Il y va aussi de son bon plaisir, parce que Dieu se plaisant à nous faire du bien, nous devons recevoir et gagner les Indulgences plutôt à cause du plaisir qu'il prend à nous élargir ses trésors, que pour l'utilité que nous en retirons.
La troisième, c'est d'être animé d'un grand zèle contre le péché et contre ses appartenances, et d'un désir ardent de détruire ce monstre et tout ce qui est de lui. Car, de même que le coeur ne peut souffrir de venin, aussi le Coeur sacré de Jésus et de Marie ne peuvent souffrir de péché est une appartenance, un reste et une suite du péché, qui provient de sa malice et de sa malédiction, et qui fait que notre âme n'est jamais parfaitement agréable à Dieu pendant qu'elle est souillée de cette tache. Car, bien que souffrir pour nos péchés et d'en être puni ne soit pas une chose mauvaise, cependant c'est une chose très mauvaise que d'être digne de punition et de châtiment. Or, par l'Indulgence nous nous délivrons et rachetons de cette peine, et nous nous rendons plus agréables aux yeux de Dieu.
La quatrième, c'est de nous revêtir d'un esprit de justice à l'égard de Dieu. Car, comme on ne peut pas être bien agréable à une personne, quand on lui est bien redevable, et qu'ayant moyen de la payer, on ne la veut pas satisfaire: ainsi, ayant, par le moyen des Indulgences, de quoi payer à Dieu nos dettes, nous ne lui serions pas agréables et ne nous mettrions pas en état de recevoir de lui de nouveaux bienfaits, si nous ne nous en acquittions. C'est donc ce que nous devons faire par les Indulgences.
La cinquième, c'est de nous remplir d'un esprit de respect et de fidélité pour la grâce qui nous est donnée, laquelle a coûté le sang du Fils de Dieu, et qui est un effet de sa Passion et de sa mort. Et, comme ce serait un grand mépris et un grand mal de ne pas faire bon usage du sang, de la Passion et de la mort de Jésus-Christ: aussi, ce serait une grande infidélité que de refuser la grâce qui nous est donnée par son moyen.
La sixième, c'est de nous remplir d'un esprit de reconnaissance envers Notre-Seigneur, de ce qu'il nous donne, par l'Indulgence, de quoi payer toutes nos dettes, et par conséquent qui nous engage d'avoir avec lui d'autant plus de liaison que nous lui sommes plus obligés.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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