L'Enfance admirable de la très sainte Mère de Dieu · Saint Jean Eudes
À saint Joachim et à sainte Anne
C'est à vous, ô bienheureux saint Joachim, ô bienheureuse sainte Anne, que nous avons l'obligation, après Dieu, de cette admirable Enfant, qui sera éternellement l'objet des admirations des hommes et des Anges, et qui est toute nôtre et plus à nous qu'aux Anges. C'est par vous que Dieu nous a donné cette incomparable Enfant, qui contient en soi tous les trésors et toutes les merveilles du temps et de l'éternité. C'est vous qui êtes le père et la mère de celle qui est la Fille unique du Père éternel, la très sainte Mère du Fils, la très digne Épouse du Saint-Esprit, la Reine du ciel et de la terre, la Mère de tous les chrétiens, l'Impératrice de l'univers. C'est de vous qu'elle a pris naissance. C'est le fruit de vos larmes et de vos prières. C'est un soleil qui est né de deux étoiles; ou, pour mieux dire, ce sont deux beaux astres, qui n'étant qu'un de coeur et de corps, nous ont enfanté deux admirables soleils, Jésus et Marie. Oui, Jésus et Marie, le Roi et la Reine du Ciel, vous reconnaîtront et vous aimeront éternellement comme leur père et leur mère. Tous les habitants de la céleste Jérusalem vous révéreront et loueront à jamais comme le père et la mère de leur Roi et de leur Reine, et comme leur vrai père et leur véritable mère. C'est aussi en cette qualité que tous les chrétiens vous doivent respecter et servir en la terre. C'est en cette qualité que nous désirons vous honorer dans notre petite Congrégation.
Agréez, s'il vous plaît, ô grand saint Joachim, ô glorieuse sainte Anne, l'offre que je vous fais de ce petit 50 ouvrage, qui est un abrégé des excellences merveilleuses de la Sainte Enfance de votre bien-aimée fille Marie, comme une petite marque de dépendance que nous désirons avoir de vous, en qualité de vos très indignes enfants; comme une protestation que nous faisons de vouloir vous rendre toutes les vénérations, honneurs et soumissions que Dieu veut que nous vous rendions; et comme une reconnaissance des obligations non pareilles que nous vous avons de nous avoir donné une si bonne et si puissante Reine, et une Mère si pleine d'amour et de bénignité.
Offrez, s'il vous plaît, ce livre à votre fils Jésus, et le priez d'y donner sa sainte bénédiction, et de s'en servir pour mettre dans les coeurs de ceux qui le liront une dévotion singulière à la sainte Enfance de votre divine Marie, afin de sauver quelques âmes par ce moyen, puisqu'il n'y en a point de plus puissant pour aller au ciel, que de gagner les bonnes grâces de la Reine du ciel. Offrez-le aussi à cette grande Princesse, votre chère fille, et la priez d'y donner pareillement sa sainte bénédiction, et d'imprimer en ceux qui le liront une image parfaite de l'innocence, de l'humilité, de la simplicité, de l'obéissance, de la charité, de la douceur, de la modestie et des autres vertus de sa bienheureuse Enfance, afin qu'ils soient du nombre de ceux dont le Fils de Dieu a dit: Laissez venir à moi les petits enfants, car le royaume des cieux est à eux1.
À toutes les religieuses (pp.51-56) Omission(JRC)
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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