Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Instruction pratique sur les missions · Alphonse de Liguori

    Chapitre I : Des exhortations

    Il y a quatre sortes d’exhortations, celles de nuit, celles du jour, de discipline et de paix. Pour Lien comprendre la différence qui existe entre elles, il faut réfléchir au but que l ’on doit se proposer dans chacune. On fait l ’exhortation de nuit pour éveiller les pécheurs et les exhorter à assister à la mission ; l ’exhortation du jour pour rassembler les fidèles et les attirer à l ’église; l'exhortation de discipline pour exciter le repentir dans le cœur des pécheurs et les inviter à la pénitence ; enfin celle de paix qui n ’a d ’autre but que la réconciliation des ennemis.

    § Ier De l'exhortation de nuit.

    Il faut remarquer que ces exhortations de nuit sont d ’une grande utilité lorsqu’on veut excitera suivre line mission dès le commencement. Car pour que le pécheur s’éveille, il ne suffit pas qu’il aille à l’église entendre les prédications, il ne suffit pas qu’il sache qu’il y a une mission ou que le son des cloches se fasse entendre, il faut qu’il soit ému par quelque exhortation et qu’on lui fasse craindre les châtimens que Dieu lui réserve. Sans ces exhortations du moins pendant les quatre ou cinq premiers jours, on ne verra guère fréquenter l ’église par ceux qui en ont le plus besoin. On sait au contraire par expérience que les exhortations de nuit réveillent d’une manière merveilleuse les a mes paresseuses et les engagent à courir à l ’église comme les autres. On doit remarquer que ces exhortations doivent Être courtes et même fort courtes, elles ne doivent pas durer plus d’un demi-quart d’heure, car elles se font do nuit le plus souvontenhiver, à la belle étoile, de sorte que ceux qui les prêchent et ceux qui les écoutent peuvent y souffrir quelque incommodité. On en fait plusieurs dans la même soirée, on doit les prononcer avec beaucoup de véhémence, y mêler quelques paroles d’épouvante qui frappent comme des flèches le cœur et les oreilles des auditeurs. Les jeunes missionnaires ont en général le défaut de faire de ces exercices comme d’autres petits exercices de la mission, une demi-prédication qui le plus souvent ennuie les auditeurs et trouble l ’ordre des exercices importans. Quand on y consacre le temps destiné à des exercices plus nécessaires, il faut remarquer en troisième lieu qu’il ne faut jamais finir ces sortes d’exhortations par un acte de contrition, mais seulement par une sentence terrible. Dans le dernier de ces cas et au moment d ’entrer dans l ’église, sur le seuil do l ’église m êm e, on fera un dernier appel que l’on terminera par un acte de contrition.

    L’exhortation de nuit contient cinq parties: 1° L’Introduction avec la proposition. 2 ° L’amplification. 3° La moralité et l ’exhortation à la pénitence. 4° L’annonce des privilèges, des exercices et des indulgences de la mission. ÎS° La sentence terrible.

    D’abord, l ’introduction dans laquelle on fait entrer la proposition de l ’exhortation, peut se faire de diverses manières, savoir: par exclamation : « O Dieu éternel, que vous êtes bon ! les hommes vous méprisent et vous fuient, et vous allez au-devant d’eux pour les pardonner ! » Par réprimande : « Dis-moi, pécheur, quand finiras-lu de mépriser Dieu ?» (Il faut prendre garde de ne pas commencer les exhortations par aucune parole injurieuse, comme celles de scélérat, de Turcs baptisés, ames de poix, ou d’autres semblables; car ordinairement les auditeurs s’indignent, quand on leur donne ces noms-là au commencement des discours.) Par interrogation : « O mon frère, dites-moi où pensez-vous aller avec une vie telle que la vôtre ? » Par commisération : « Pauvre pécheur, qui ne plaindrait pas ta misère, quand on sait que tu n’es pas en grâce avec Dieu? » Par exposition : « O chrétien, je viens ici de la part de Dieu l’annoncer qu’il est prêt à le pardonner, si tu...., etc. »

    Après celte introduction ou quelque autre semblable avant la proposition ou, si l ’on veut, l’argument de l'exhortation que l ’on tire toujours du cantique que l ’on a fait chanter auparavant, si, par exemple, le cantique est celui-ci : « Le Dieu de clémence vient à vous dans cet heureux jour, et si vous ne revenez pas à lui, il ne vous fera plus entendre sa voix. Chrétien, je suis venu ce soir vous apporter deux nouvelles, une de bonheur et l’autre de malheur. Si vous revenez à Dieu, qui vous appelle par la voix des missionnaires, il vous embrassera comme son fils ; mais si vous ne revenez pas ou que vous différiez quelque peu, peut-être ne vous appellera-t-il plus, et vous serez damné. »

    Il est bon quelquefois de revenir sur la proposition de l ’exhortation, comme : L’as-tu entendu, pécheur; si tu reviens à Dieu, tu le trouveras clément et prêt à pardonner ; mais, si tu ne le jettes pas dans ses bras, aussitôt il te fuira et ne l’appellera plus.

    Il est bon encore de répéter les paroles mêmes du cantique, par exemple : Avez-vous entendu, mon frère, ce que dit le cantique: Ta vie va finir et tu n ’en sais pas le moment.

    En second lieu, quant à l’amplification, il faut observer que, si la proposition n’est pas une vérité de foi, comme quand 011 dit, par exemple, qu’après un certain nombre de péchés, Dieu abandonne le pécheur, il faut alors la prouver par quelques raisons exprimées succinctement, en peu. de mots et avec simplicité. On peut s’y appesantir assez; mais toutefois sans y ajouter ni similitudes, ni faits qui excitent à la terreur, ni passages de l’Écriture, à moins que ce ne soit un passage bien connu, comme ceux-ci : Deus non irridetur. Statutum hominibus semel mori. Discedito, a me, maledicti, etc. Donnons un exemple de l ’amplification. Si la proposition est celle que nous avons rapportée tout-à-l’heure : Dieu abandonne les pécheurs obstinés, on peut alors ajouter les raisons suivantes : Celui qui se sert de la miséricorde de Dieu pour l ’offenser davantage, ne mérite pas d’être pardonné. Le Seigneur supporte le pécheur et lui donne du temps, afin qu’il se convertisse et qu’il gémisse sur le mal qu’il a fait. Mais lorsqu’il voit que le pécheur s’en sert pour amonceler péché sur péché, Dieu le fait mourir. Après cela, on peut s’écrier encore : Assez, assez donc, mon frère, et sachez qu’autant a été grande envers vous la patience de Dieu, autant sera terrible le châtiment, si vous ne changez pas de vie. Si la proposition renferme une maxime de foi ou une vérité sur 'la mort, sur le jugement, il faut encore s’y appesantir ; en parlant de la mort ; par exemple : Quelle peine, quel désespoir n ’éprouverez-vous pas, en voyant à la lueur du cierge que le temps de faire le bien est passé, et que dans ce moment terrible vous êtes si accablé, que vous ne pouvez rien faire, etc. ?

    En troisième lieu, vient après l ’amplification la moralité et l’exhortation à la pénitence : par exemple : Quelle folie, ô mon frère, de ne pas retourner à Dieu quand il vous appelle, et de vous exposer au danger d’être abandonné, cl puis d’aller souffrir en enfer une éternité de tourments! Revenez, revenez, puisqu’il en est temps, voici Jésus qui vient lui-même vous prendre dans votre propre maison par le ministère des missionnaires. Il ne faut jamais nommer aucun vice particulier dans la moralité, car il y a des personnes qui, se reconnaissant coupables, pourraient croire que vous n ’avez prêché cette exhortation que pour elles, et pourraient s’en fâcher. Ainsi lorsque l ’on prêche sur la vie d ’une personne scandaleuse, il ne faut pas le faire trop près de sa maison, mais à quelque distance, dans un lieu cependant d’où elle puisse entendre ce que vous dites, sans se douter que vous prêchez pour elle.

    En quatrième lieu, il faut annoncer que la mission com ­ mence, ou qu’elle est commencée, dire quels sont les privilèges des missionnaires, l’ordre des exercices de la m ission dans l ’intérieur de l ’église, les indulgences qui y sont attachées, tout cela selon la manière que nous décrirons plus tard.

    Enfin il faut finir par une sentence terrible qui ait du rapport avec la proposition. Cette sentence doit être courte, mais elle doit renfermer des paroles graves, des paroles de terreur qui fassent une profonde impression sur le coeur de l ’auditeur. Tremblez, tremblez, qui sait si cette nuit même, si vous ne prenez la résolution de changer de vie, Dieu ne vous fera pas mourir? Et s’il en était ainsi, vous mourriez damné ! ou bien encore : Si vous ne gémissez sur vos péchés maintenant, songez que vous gémirez dans l ’enfer pendant toute l ’éternité ! ou bien encore : Continuez, continuez à offenser Dieu; mais écoutez, je vous attends à la vallée de Josaphat, où vous entendrez la sentence que prononcera Jésus-Christ sur vous: Allez, maudits, retirez-vous, allez au feu éternel. On peut encore finir par les paroles mêmes du cantique, lorsqu’elles expriment «ne sentence terrible : Qui sait, ô mon frère, si cette nuit même vous ne mourrez pas?

    Exemple de diverses exhortations de nuit avec leurs parties

    distinctes. CANTIQUE. Le Dieu de clémence Vous appelle en ce jour ; Si vous ne venez à lui maintenant, Il ne vous appellera jamais plus.

    I. Introduction. — Chrétien, je vous apporte ce soir deux nouvelles : une de j o ie, une d’épouvante. Si vous revenez à Dieu maintenant qu’il vous appelle par le ministère des missionnaires, il vous recevra dans ses bras comme son fils ; mais si vous ne revenez pas, et que vous retardiez encore, il ne vous appellera plus, et vous vous damnerez.

    II. Amplification.— Écoutez, mon frère, le Seigneur pardonne les péchés à ceux qui se repentent, mais il ne peut en agir ainsi à l’égard de ceux qui ont encore le désir de pécher. Examinez depuis combien d’années Dieu vous supporte? Combien de fois il vous a appelé, combien de fois il vous a dit à vous-même : O mon fils, c’est assez, changez de vie, ne m ’offensez plus! Et vous qu’avez-vous fait? toujours le même métier; vous vous êtes confessé et vous avez promis, et puis toujours vous recommencez à l'offenser. Qu’attendez-vous ? que Dieu vous fasse mourir, et qu’il vous envoie en enfer? ne voyez-vous pas que Dieu ne peut vous supporter davantage?

    III. Moralité et exhortation à la pénitence.— Allons, c’est assez maintenant que la mission est ici, donnez-vous à Dieu, qui vous attend encore et qui est si prêt à vous pardonner toutes les offenses que vous lui avez faites si vous voulez changer de vie. Venez à l’église où se fait la mission, venez entendre les prédications, et faites une bonne confession. Ne doutez pas que, si vous voulez véritablement abandonner le péché, Dieu vous pardonnera ; je vous le promets, moi, de la part de Jésus-Christ.

    IV. Annonce delà mission.— Jésus-Christ est au milieu de vous, il est venu avec la sainte mission qui commence demain. Les pères missionnaires ont le privilège d ’absoudre de tous les cas réservés, même des censures réservées au pape, ils peuvent encore dispenser des vœux. On fera dans l ’église une foule de beaux exercices pour votre salut; il y aura rosaire, instruction, sermon malin et soir, et ceux qui après avoir assisté à ces exercices se confesseront et communieront, gagneront l ’indulgence plénière, lorsqu’ils recevront à la fin la bénédiction papale. Oui, c’est pour vous que s’ouvrent les entrailles de la miséricorde de Dieu ; vous pouvez devenir saints si vous le voulez.

    V. Sentence terrible.— Que dites vous enfin ? quelle résolution prenez-vous? voulez-vous achever de détourner Dieu ou non ! qui sait si ce n ’est pas là le dernier appel que Dieu vous fait! Décidez-vous vite. Quoi! vous attendriez que Dieu vous conduisît à la mort et qu'il vous jetât en enfer sans espoir de pouvoir jamais y remédier? Rentrez chez vous, mon frère, et pensez ce soir à ce que vous venez d’entendre, recommandez-vous à la Mère de Dieu et priez-la de vous éclairer, rentrez.

    Vous êtes ennemi du Seigneur, Et vous 11 e tremblez pas, pécheur. Abandonnez le péché, ô mon fils, Si vous ne voulez pas vous damner.

    Introduction. — Vous êtes ennemi de Dieu, et vous ne tremblez pas, ô pécheur! Si vous êtes dans le péché, sans doute, mon frère, vous êtes l'ennemi de Dieu, de Dieu qui peut, s’il veut, vous envoyer en enfer dans ce moment même ; et vous dormez, vous riez, vous ne tremblez pas, vous ne gémissez pas !

    IL Amplification. — O mon fils, que je vous plains ; le péché vous a aveuglé et vous empêche de voir le danger que vous courez, car vous pouvez mourir à tout moment et brûler dans le feu pendant l'éternité. Eh quoi? peut-être avez-vous pour ennemi quelque prince de la terre que vous pouvez fuir, contre lequel vous pouvez vous défendre, à la vue duquel vous pouvez vous dérober? Ah ! non, vous avez Dieu pour ennemi, Dieu qui vous voit partout où vous allez, qui est là où vous êtes, et qui vous arracherait de ses mains s’il voulait vous châtier.

    III. Moralité et exhortation.— O mon frère, voilà le chemin que vous devez suivre si vous voulez vous sauver. Quoi sauver? quoi sauver? Oui, ne voyez-vous pas, malheureux que vous êtes damné? ne voyez-vous pas que Dieu ne peut plus vous supporter ? écoutez-moi, ce soir, vous êtes, il est vrai, l'ennemi de Dieu, puisque vous l'avez offensé, mais il est prêt à vous pardonner, si vous lui demandez pardon et si vous changez de vie, Courage donc, chrétien, venez à la mission, confessez-vous, quittez le péché, donnez-vous à Dieu, qui vous attend et qui vous appelle ; ne le méprisez plus.

    IV. Annonce de la mission.— Voici Jésus-Christ qui vient lui-même jusque dans votre propre maison vous appeler et qui pour vous sauver a fait venir les missionnaires dans ces lieux; les pères ont le privilège de....

    V. Sentence terrible.. — O pécheur, qu'exigez-vous de Dieu davantage? allons ne vous découragez pas, espérez, mais espérez, et tremblez; si vous voulez changer de vie, espérez, mais si vous préférez toujours avoir Dieu pour ennemi, tremblez; tremblez-vous, dis-je, que ce soir vous n'entendiez le dernier appel ; si vous ne vous décidez à vous donner à Dieu, il vous abandonnera, et vous serez damné. Allons, mon fils..........

    Votre vie va finir

    Et vous ne savez le moment ; O mon frère, qui sait Si vous ne mourrez pas cette nuit.

    I. introduction.— O mon frère, avez-vous entendu les paroles du cantique? votre vie doit finir et vous ne savez le moment. Voyez, pécheur, quelle est votre vie ! vous vivez éloigné de Dieu, des sacremens, éloigné de l’église. A peine les jours de fête entendez-vous une messe comme par force; et tout votre temps à quoi l'employez-vous? à offenser et irriter Dieu : vous vivez comme si vous ne deviez jamais mourir.

    II. Amplification. — Pauvre pécheur! pensez-vous à la mort? ou vous y pensez, ou vous n ’y pensez pas; ou vous voulez,ou vous ne voulez pas; mais viendra un jour où votre vie finira ; vous abandonnerez ce monde, votre corps sera mis dans un tombeau, votre ame s’envolera dans Téterni le : vous le croyez, ou vous ne le croyez pas. Il est certain, il est de foi que vous devez mourir, et qu’après ccilc vie il y en a une autre qui ne finit jamais; et si vous vous égarez, si vous vous damnez, vous serez malheureux et plongé dans le désespoir pour toujours tant que Dieu sera Dieu.

    III. Moralité et exhortation.— Dites-moi, si pendant que je prêche la mort arrivait, qu’en serait-il de votre pauvre ame? où iriez-vous, malheureux? Allons, courage, mon frère, revenez à Dieu qui vous attend et qui vous donne le temps de vous confesser et de régler vos comptes avant que la mort vienne. Que dites-vous, que prétendez-vous faire? décidez-vous.

    IV. Annonce de la mission.— Jésus-Christ est venu au milieu des missionnaires pour vous appeler et vous pardonner si vous le voulez. (On annonce ensuite les pouvoirs et les privilèges).

    V. Sentence terrible. — Je le répète, qu’en dites-vous? que faites-vous ? reviendrez-vous à Dieu? Voyez, depuis la dernière mission qui a eu lieu dans ce pays, combien y en a-t-il qui sont morts, et combien y en a-t-il qui sont en enfer : pourquoi ? parce qu’ils n ’ont pas voulu finir et que Dieu les a fait mourir. Quoi? voulez-vous qu’il vous en arrive autant, voulez-vous aller gémir dans le feu de l’enfer pendant toute l'éternité. Allez, mon fils.... etc.

    Vous avez un Dieu qui vous aime,

    Car il est l'amour lui-même ;

    Il va au-devant do vous, il vous appelle,

    Il vous dit : O pécheur,

    Reviens, mon fils, reviens à ton père ; Agneau, reviens vers ton pasteur.

    I. Introduction.— Oh ! Dieu, que vous êtes bon et clément envers les hommes : les hommes vous fuient, et vous allez au-devant d’eux ! ils vous méprisent, et vous leur offrez la paix et le pardon !

    II. Amplification. — O mon frère, je viens co soir de là part de Jésus-Christ vous offrir le pardon et le salut si vous le voulez. Dites-moi, étiez-vous digne de cette grâce ? Dieu pouvait vous faire mourir et vous jeter en enfer au même instant que vous l ’offensiez. Mais voyez la grande miséricorde dont Dieu use à votre égard : au lieu de vous châtier, il est venu vous appeler pour vous pardonner par le moyen de la mission, et il vient vous chercher pour se réconcilier avec vous. Plut à Dieu que vous vous repentiez de vos péchés, et que vous lui promettiez de ne plus l ’offenser.

    III. Moralité et exhortation.— Voici ce qu’il vous dit ce soir : Reviens, mon fils, ah ! reviens à ton père ; tendre agneau, reviens à ton pasteur. Et vous, que dites-vous, que répondez-vous à cet appel que Dieu vous fait? Jetez-vous à ses pieds, venez à l ’église, et faites une bonne confession.

    IV. Annonce. — La mission est ici, et les pères ont le pouvoir de...

    V. Sentence terrible.— Écoutez, mon frère, si vous voulez être utile à vous-même dans cette belle occasion, si vous voulez revenir à Dieu, il est prêt à vous recevoir à bras ouverts. Mais si vous voulez toujours faire le sourd comme par le passé, craignez que Dieu vous abandonne et ne vous appelle plus. Si Dieu vous abandonne, malheureux, vous mourrez dans votre péché, et vous irez gémir dans l ’enfer, sans espoir de trouver jamais un remède à votre ruine éternelle. Allez, mon fils...

    Que cVavcw;Ics vont sans ccssc Se jclcr dans le feu clerneî ; Ils y conrcul, car ils ne savent pas Qu<>] grand mal c’est que l'enfer.

    I. 1 iilrndnrlion. — Pécheur, que dis-tu? que dis-tu? tu dis q;«« si lu vas en enfer lu n ’y seras pas seul ? Tu dis que si lu vas ( n curer, tant pis? O l>ic.u! tel est. le langage de tant de pauvres aveugles; c’est ainsi que tant d’ames vont se perdre en enfer : Et pourquoi? Avez-vous entendu le cantique : « Et ils y courent, grand Dieu, car ils ne savent pas ce que c’est que l ’enfer. »

    II. Amplification.— Ecoulez-moi : ce que vous répétiez tout-à-l'heure, c’est ce que disait aussi un grand nombre de damnés qui brfilcnl aujourd’hui dans le feu éternel : Si j ’y vais, je n ’y serai pas seul ; si j ’y viiis, tant pis. Aujourd'hui ils ne disent pas la même chose, oh! non, non ; je voudrais qu’un damné sortît ce soir de l ’enfer, et qu’il prit la parole à ma place ; vous l'entendriez s’écrier : « Que je suis malheureux ! je disais autrefois que je ne serais pas seul en enfer, et maintenant je dis : Ah ! plût à Dieu que je fusse seul. Hélas ! au milieu de ce feu qui me dévore, au milieu de ces ténèbres, de cette fumée qui m ’aveugle, au milieu (l’une quantité d’autres peines, j’ai la douleur encore de me trouver au milieu de ces maudits compagnons de mes souffrances dont le nombre me suffoque, dont les cris me brisent les oreilles, dont, la puanteur m'accable. Je disais : si je vais en enfer j ’aurai de la patience ; de la patience, hélas ! et je meurs de rage à tout instant ; je crie, je hurle de désespoir ; je voudrais mourir, et je ne le puis.

    [. Moralité.— Voyez, mon frère, voyez comme parlent ceux qui méprisent l’enfer comme vous; mais entendez aussi la voix de Dieu qui vous parle ce soir par ma bouche : O mon fils, il n ’y a plus de remède pour ces misérables, mais il y en a pour vous si vous voulez on accepter: demandez votre pardon, je vous l ’accorderai et vous délivrerai de l ’enfer.

    IV.Annonce, etc.— G’csl pour cela que le Seigneur vous a envoyé la mission. Les pères ont tous les pouvoirs... etc.

    Sentence terrible.— Pécheur, qui sait si c e n ’eslp a sle dernier avis que Dieu vous donne, le dernier trait de clémence dont il use à votre égard? C’en est assez, Dieu ne souffrira plus aucune ingratitude ; sa vengeance est toute prête. Ne voulez-vous donc croire à l’enfer que lorsque vous serez sur le seuil ? ah ! prenez garde, vous y allez, vous y allez; et si vous y entrez une fois il n ’y a plus de remède ; si vous tombez une fois dans ce gouffre de feu, vous n ’en sortirez jamais plus, jamais plus, jamais plus. Courage, mon fils, etc.

    Pensez, pensez à l’éternité,

    Pécheur aveuglé ;

    Pensez, o mon fils, que l’enfer

    Pu: finira jamais.

    I. Introduction.— O éternité, ô éternité, les saints tremblaient en pensant à l'éternité, en prononçant le nom, et vous, pécheur, qui êtes en disgrâce avec Dieu, vous ne craindriez pas, vous ne trembleriez pas? Il est de foi que ceux qui meurent dans le péché vont brûler éternellement dans le feu de l’enfer.

    II. Amplification. — Qu’est-ce que l ’enfer? c’est un lieu obscur où l ’on ne voir que monstres horribles, où l ’on n ’entend que des hurlemens et des cris, où l ’on n ’éprouve que des supplices. Mais toutes ces souffrances, combien de temps durent-elles? Toute l’éternité, toujours, toujours. Quand finiront-elles ? Jamais, jamais. Sors de l’enfer, malheureux Judas, toi qui depuis dix-huit cents ans y es enfoncé, dis-nous combien de temps dureront tes souffrances? Judas nous répond : Toujours, toujours. Et toi, Caïn, parle à ton tour ; dis-nous depuis combien d’années tu brilles dans ce feu ! Caïn nous répond : Ah ! malheureux que je suis, depuis plus de cinq mille ans.— Quand donc finira ton enfer?— Quoi, finir? et jamais, jamais.

    III. Moralité.— O mon frère, que vous en semble ? dites-moi comment vous pouvez dormir, l ’ame souillée de tant de péchés, étant l’ennemi de Dieu? L’enfer sera éternel pour vous aussi. Pourquoi ne pas abandonner cette vie désordonnée? pourquoi ne portez-vous pas un prompt remède à cette ruine qui vous menace si vous ne vous recueillez avec Dieu ? apportez donc un prompt remède, faites une bonne confession, revenez en grâce avec Dieu, avec ce Dieu qui ne veut pas que vous soyez damné.

    IV. Annonce, etc.— Vous le voyez, la mission est ici. Que veut dire mission? cela veut dire que Jésus-Christ vient sauver les enfans égarés et les délivrer de l ’enfer. Sachez donc que les pères ont tous les pouvoirs, etc.

    V. Sentence terrible. — O mon fils, ne vous abusez pas en songeant à la grandeur des miséricordes de Dieu. Aujourd’hui en versant une seule larme aux pieds d’un confesseur, vous pouvez vous délivrer de l’enfer. Mais si vous ne changez pas de v ie, si vous ne m ’écoutez pas, si vous n ’ouvrez pas l ’oreille ce soir, vous irez enfin gémir dans cet enfer tant que Dieu sera D ieu, pendant l ’éternité entière. Courage, mon fils, etc.

    Cantiques divers pour les exhortations de nuit-Dieu m’envoie ici ; Je suis un messager de salut ; Qui sait si ce jour JN’est pas le dernier jour de pardon pour vous ?

    Un Dieu de douceur vous appelle Dans ces jours, Mais si vous ne revenez à lui Il ne vous appellera plus.

    Aimez un Dieu qui vous aime tant, Et qui est l'amour lui-même, Qui vous recherche et vous appelle, Qui vous dit : O pécheur, mon fils, Reviens à ton pore, Reviens à ton pasteur.

    Vous êtes l'ennemi du Seigneur, Et vous ne tremblez pas, pécheur ?

    Abandonnez le péché, Si vous ne voulez pas mourir damné.

    Le Seigneur attend, il attend ; Mais il n’attendra pas toujours.

    Quand le temps de la vengeance sera venu, Il n’aura plus de clémence.

    Revenez à Dieu, faites pénitence, Pécheur, ne tardez pas.

    Ne dédaignez pas ]a clémence l)c votre bon Jésus Vous êtes dans le péché, et pouvez-vous vous réjouir? Vous êtes sans Dieu, et pouvez-vous dormir?

    Vous êtes au moment de vous damner, Et vous ne pensez pas a vous corriger?

    Voire vie va finir, Mais vous ne savez pas à quelle époque ; O mon frère, qui sait Si celle nuit vous ne devez pas mourir? Pensez, o mon fils, à ce grand moment Ou vous serez prêt à mourir.

    A ce moment d'oii dépend votre bonheur Ou votre malheur éternel.

    Mais non, vivez comme il vous plaira, Pécheur ; un jour viendra Où le Seigneur que vous offensez Sera votre juge.

    Pécheur, que deviendrez-vous Lorsque, devant un Dieu courroucé, On vous reprochera Tout le mal que vous avez fait?

    Que de chrétiens aveuglés Se jettent dans le feu éternel ; Mais ils s’y jettent, car ils ne savent pas Quel grand mal c’est que l’enfer.

    Combien de temps le pécheur Restera-t-il en enfer?

    Ce sera pendant l'éternité, Car il a offensé le Seigneur.

    Pensez à l'éternité, Pécheur aveuglé que vous Êtes ; Pensez, o mon fils, pensez Qu'elle ne finira jamais.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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