Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Discours (tome 2) · Bienheureux Pie IX

    Discours CCII : À une députation de la ville d’Albano, 11 juillet 1872

    C'est de tout cœur que j'agrée ces sentiments de foi, de charité et de constance que vous montrez en servant fidèlement l'Eglise de Jésus-Christ, sans vous laisser détourner par les dangers dont vous n'êtes que trop entourés dans les temps actuels.

    Dieu a visité Albano plus d'une fois, et Albano, après avoir entendu la voix du Seigneur, a embrassé le droit sentier en le servant avec amour et avec persévérance. Albano fut d'abord visitée par le choléra, lorsqu'un nombre d'étrangers de différentes croyances s'y étaient rendus pour se divertir au milieu des plus grandes débauches. Mais voilà que tout à coup le mal fatal pénètre au milieu d'eux, les trouble ; et à l'allégresse et aux fêtes succèdent la tristesse, la douleur et la mort.

    VOL. II.-

    Albano vient aussi d'être visitée par un météore qui a presque détruit toutes les récoltes de la campagne, et a fait un mal considérable aux pauvres habitants. Ah ! chers enfants, rappelons-nous que les fléaux sont la voix de Dieu qui nous rappelle ainsi à l'observance de nos devoirs que nous oublions trop souvent.

    Les malheurs moraux sont cependant encore plus graves ; vous ne les connaissez malheureusement que trop, et vous ne les déplorez pas moins que les dangers auxquels vous êtes exposés. Rien au monde n'est plus à craindre que les révolutionnaires. Ces hommes, qui cherchent toujours à tromper, disent bien haut d'abord qu'ils veulent apporter la liberté aux peuples ; mais sont-ils arrivés au pouvoir, ce sont de véritables tyran?. Ils proclament cette liberté lorsqu'ils désirent parvenir; mais ils la condamnent aussitôt qu'ils sont parvenus et qu'ils peuvent commander.

    Ne vous laissez pas tromper par ces hommes : leur liberté finit par se changer en licence, supercheries et oppressions qui ruinent les familles, les villes et les provinces.

    En face des révolutionnaires qui triomphent de toute part en foulant avec orgueil la loi de Dieu aux pieds, nous devons toujours être prêts A suivre constamment la pratique de nos devoirs de chrétiens. Ne cessons jamais d'en demander la force u Jésus-Christ, afin de ne pas encourir les fléaux de sa colère, et disons-lui souvent, humblement prosternés à ses pieds : A fitlyure et tempestate, libera nos Domine. A peste, famé et bello, libéra nos, Domine. A spiritu immundo, libéra nos, Domine.

    En attendant, recevez la bénédiction apostolique que je vous donne de tout cœur. Je vous bénis dans vos familles, dans vos personnes, dans vos affaires, et dans toutes les bonnes œuvres auxquelles vous vous dévouez. Que cette bénédiction vous donne le courage de combattre sans cesse les ennemis du Seigneur; qu'elle vous communique la constance dans la résignation à sa divine volonté, et qu'elle soit pour vous le gage de cette bénédiction que vous recevrez dans le ciel.

    Benedictio, etc.

    — Ce fut Son Éminence le cardinal di Pietro, évêque d'Albano, qui présenta cette députation composée d'une représentation du clergé, avec Tarchiprôtre et son vicaire, puis d'une représentation de la Société pour les intérêts catholiques de la ville d'Albano, sous la conduite de son président, le prince de Viano. On offrit une somme considérable pour le denier de Saint-Pierre, et M. Orazio Ricotti, ancien gonfalonier, lut une adresse pleine de sentiments affectueux.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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