Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Discours (tome 1) · Bienheureux Pie IX

    Lettre de Pie IX au compilateur

    pédition publique des lettres-, et que ne pouvant nous fier au gouvernement qui s'est arrogé ce pouvoir, Nous Nous trouvons absolument dépourvu des moyens faciles et nécessaires, aussi bien que de la libre faculté de traiter les affaires que doit nécessairement traiter et expédier le Vicaire de Jésus-Christ, Père de tous les fidèles, à qui les enfants ont recours d'un bout du monde à l'autre.

    Ce manque de liberté est encore mieux confirmé par un fait qui vient d'avoir lieu il n'y a que quelques jours- Certaines personnes de Notre cour avaient à peine franchi le seuil du Vatican, lorsqu'elles furent arrêtées, sous prétexte, disaient les agents du nouveau gouvernement, qu'elles pouvaient cacher quelque chose sous leurs habits. On a protesté contre une pareille conduite, et pour toute réponse le gouvernement s'est excusé en disant qu'on s'était trompé. Mais qui ne sait que de pareilles erreurs peuvent se renouveler, et qu'une infinité d'autres semblables peuvent s'en suivre?

    Ajoutez à cela qu'un autre malheur des plus graves menace Notre chère ville de Rome par l'instruction publique que l'on donnera à la jeunesse. Bientôt les cours vont se rouvrir, et l'Université romaine fréquentée par mille deux cents jeunes gens environ, et jusqu'ici modèle de tranquillité et d'ordre, tombera comme il est facile de le supposer, dans un état bien différent de ce qu'elle était auparavant. C'était là l'unique refuge pour un grand nombre de parents chrétiens et honorables qui y envoyaient leurs enfants pour y puiser une bonne instruction, sans jamais rien craindre pour les mœurs; avantage dont ils ne pourront plus jouir, soit à cause des doctrines fausses et erronées qu'on leur enseignera, soit à cause de l'incapacité des professeurs que l'on destinera à leur éducation.

    Puis on avait déclaré que les lois qui étaient en vigueur à Rome seraient inviolables, et conservées dans toute leur intégrité. Or, Nous voyons qu'on donne un démenti formel à ces déclarations en enlevant par force, et en examinant les registres mêmes des paroisses de la ville : ce qui indique clairement que l'on veut en retirer des notions^qui serviront peut-être à former les listes de la conscription, et à d'autres buts qu'il est facile de deviner.

    De plus, les outrages et les injures provenant d'esprit de parti ou de vengeance demeurent impunis. Il en est de même des mauvais traitements qu'aux yeux de tous les honnêtes gens, qui s'en indignent, on fait subir à Nos troupes qui Nous sont restées fidèles, et qui ont si bien mérité de la religion et de la société.

    Enfin, les ordres et les décrets que l'on vient de publier relativement aux biens ecclésiastiques, indiquent assez clairement où tendent les desseins des usurpateurs. C'est donc contre de tels faits accomplis, et contre d'autres plus graves encore qui nous menacent, qu'usant de Notre autorité suprême, Nous entendons protester, comme nous protestons en effet par la présente lettre, par laquelle Nous vous exposons brièvement, à vous, très-cher Fils, et à chacun en particulier des Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, les faits que Nous ne vous avons qu'indiqués, Nous réservant de vous en parler plus longuement dans une autre circonstance.

    En attendant, prions le Dieu tout puissant, par de ferventes et continuelles prières, d'éclairer l'esprit de nos ennemis, afin qu'ils cessent de plus en plus chaque jour d'encourir les censures ecclésiastiques, et de provoquer contre eux la colère terrible du Dieu vivant, qui voit tout, et à la vengeance de qui rien ne peut échapper.

    Quant à Nous, supplions en toute humilité et avec la plus ferme espérance la Majesté Divine, par l'intercession de l'Immaculée Mère de Dieu, et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, appuyés sur la sainte confiance d'obtenir tout ce que Nous demanderons ; car Dieu est près de ceux qui sont dans la tribulation, et il exauce ceux qui l'invoquent en esprit et en vérité.

    C'est en vous souhaitant, ô notre Fils bien-aimé, la joie et la paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que nous vous donnons, avec toute l'affection que Nous avons pour vous, et du plus intime de Notre cœur, la bénédiction Apostolique.

    Donné à Rome, près St.-Pierre, le 29 Septembre dédié à l'Archange St. Michel, et la vingt-cinquième année de Notre Pontificat.

    PIE IX, PAPE.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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