Directoire des choses spirituelles pour les sœurs de Notre-Dame de Charité · Saint Jean Eudes
Article III : De l’Office divin
Les Soeurs diront à l'ordinaire le petit Office de Notre-Dame, parce que cet Ordre a été institué particulièrement1 pour travailler à la conversion et instruction des filles et femmes pénitentes, Les Dimanches et Fêtes de commandement, elles ajouteront les Commémorations, selon qu'il est marqué au Directoire de l'Office.
Les Soeurs auront en singulière recommandation la simplicité et promptitude à l'obéissance; et partant, lorsque les Offices sonneront, elles doivent courir à la voix de l'Époux qui les appelle, c'est-à-dire partir allègrement au premier coup de cloche, se mettre en la présence de Dieu, et, à l'imitation de saint Bernard, demander à leurs âmes ce qu'elles vont faire au Choeur. Comme aussi elles pourront tenir cette méthode en leurs autres exercices, afin qu'elles portent en chacun d'iceux l'esprit qui leur convient; car il ne faut pas une même contenance et action au Choeur qu'à la récréation.
Il faut, ès exercices qui regardent immédiatement, l'honneur et le service de Dieu, un esprit humblement rabaissé, grave, dévot et sérieusement amoureux.
Avant donc que de commencer l'Office, les Soeurs provoqueront leurs âmes à de semblables affections, et après l'acte d'adoration, offriront à Notre-Seigneur cette action pour sa gloire, à l'honneur de la sainte Vierge Notre-Dame et Maîtresse, et au salut de toutes les créatures.
Disant le Deus in adjutorium, etc., elles doivent penser que Notre-Seigneur leur répond: « Soyez aussi attentives à mon amour. »
Et pour se maintenir avec le respect et attention convenable, il faut qu'elles considèrent de temps en temps combien ce leur est d'honneur et de grâce de faire çà-bas en terre le même office que les Anges et les Saints font là-haut au ciel. Quoique en divers langages, elles prononcent les louanges du même Seigneur, la grandeur et majesté duquel fait trembler les plus hauts Séraphins.
Que celles qui entendent quelque peu ce qu'elles disent à l'Office, emploient fidèlement ce talent selon le bon plaisir de Dieu qui le leur a donné, pour les aider à se tenir recueillies par le moyen des bonnes affections qu'elles en pourront tirer; et que celles qui n'entendent rien se tiennent simplement attentives à Dieu, faisant des élancements amoureux, tandis que l'autre choeur dit le verset, et qu'elles font les pauses.
Mais la principale attention et le plus grand soin que doivent avoir les Soeurs qui ne sont pas encore habituées à l'Office, c'est de bien prononcer, faire les accents, pauses, médiations, et de prévoir ce qu'elles ont à dire, selon les charges qui leur sont données; se tenir prêtes pour commencer, et faire les cérémonies avec gravité et bienséance, sans excéder en la crainte de faillir, non plus qu'en la présomption de bien faire.
Bref, les Soeurs auront une affection et attention spéciale afin que l'Office sacré se célèbre avec la révérence et dévotion due à la divine Majesté et avec l'observance du Cérémonial.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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