Directoire des choses spirituelles pour les sœurs de Notre-Dame de Charité · Saint Jean Eudes
Article IV : Comme il faut ouïr la sainte Messe
Pendant que le prêtre se prépare, il faut se mettre en la présence de Dieu; et quand il dit le Confiteor, il faut se prosterner en esprit devant Dieu, reconnaître ses péchés, les détester et lui en demander pardon; ensuite de quoi il faut dire le Misereatur et le Confiteor avec le Clerc1. Après cela on pourra dire le chapelet, ou telles autres prières que l'on goûtera le plus, jusques à l'Évangile, auquel il se faut promptement lever, pour témoigner que l'on est appareillé pour cheminer en la voie des commandements de l'Évangile, et dire: « Jésus-Christ a été obéissant jusques à la mort, et à la mort même de la croix »; et en faisant le signe de la croix sur le front, sur la bouche et sur le coeur, dire: « Dieu soit en mon esprit, en ma bouche et en mon coeur, afin que je reçoive son saint Évangile. » Si l'on dit le Credo, il faut dire le commun, protestant mentalement de vouloir vivre et mourir en la foi de la Sainte Église.
Après le Sanctus, il faut2, en grande humilité et révérence, penser au bénéfice de la Mort et Passion du Sauveur, le suppliant de la vouloir appliquer au salut de tout le monde, et particulièrement au nôtre, et à celui des enfants de son Église, à la conversion des filles et femmes dévoyées, à la gloire et félicité de tous les Saints, et au soulagement des âmes du Purgatoire.
A l'élévation du très saint Sacrement3, il faut avec une grande contrition de coeur l'adorer, puis avec le prêtre l'offrir à Dieu le Père pour la rémission de nos péchés et de ceux de tout le monde, et nous offrir nous-mêmes quand et lui avec toute l'Église.
Après l'élévation, il faut remercier Jésus-Christ de sa Passion, et de l'institution de ce très saint Sacrifice de l'Autel.
Quand le prêtre dit le Pater, il le faut dire avec lui vocalement ou mentalement, avec une grande humilité et dévotion, tout ainsi que si on l'oyait dire à Notre-Seigneur, et qu'on le dît mot à mot après lui. Après cela, si l'on ne veut faire la communion réelle, il la faut faire spirituelle, s'approchant de Notre-Seigneur par un saint désir d'être unies à lui, et le recevoir en son coeur.
A la bénédiction, il se faut représenter que Jésus-Christ en même temps nous donne la sienne.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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