Directoire des choses spirituelles pour les sœurs de Notre-Dame de Charité · Saint Jean Eudes
Article V : De l’Examen de conscience
Les Soeurs doivent faire l'examen deux fois le jour, à savoir, le soir après Matines, et le matin après None, en cette sorte.
Après le Pater, l'Ave et le Credo, qui se dit à la fin des Offices, les Soeurs rendront grâces à Notre-Seigneur 185, de tous ses bénéfices, et particulièrement de celui de sa sainte Passion, de ses divins Sacrements, du bien de leur vocation, et de ce qu'il lui a plu les conserver cette journée, leur administrant en icelle par sa douce bonté, toutes leurs nécessités. Il faut qu'elles confessent, et sans qu'elles l'aient offensé en quelque sorte. Et parce que nous sommes aveugles en nos propres affaires, il faut demander la grâce et la lumière du Saint-Esprit, afin qu'elles puissent bien reconnaître leurs fautes.
Puis, qu'elles disent le Confiteor jusques à mea culpa, et se mettent à rechercher leurs actions, paroles, et pensées, depuis le dernier examen.
Ayant trouvé le nombre et l'espèce de leurs péchés, elles les ajouteront avec les autres du précédent examen, et de tous ensemble en demanderont humblement pardon à Notre-Seigneur, achèveront le Confiteor, et feront un ferme propos de s'en amender, moyennant la grâce de Dieu, qu'elles lui doivent demander à cet effet avec toute l'affection et dévotion qui leur sera possible. Après cela, elles 186 recommanderont à la divine Miséricorde leurs âmes, leurs corps et tout leur être, prieront pour la sainte Église, pour leurs parents et pour tous ceux à qui elles ont un particulier devoir, n'oublieront pas les pauvres âmes pénitentes et les âmes du Purgatoire, salueront Notre-Dame, leur bon Ange et les saints Protecteurs.
Si, en s'examinant, elles ne peuvent rien remarquer, elles s'abaisseront profondément devant Dieu lui rendant grâces, et confessant néanmoins qu'elles ont fait plusieurs fautes dont elles n'ont pas mémoire ni connaissance.
Pour faciliter leur examen, il leur sera fort utile, lorsqu'elles tombent en quelques fautes parmi la journée, de s'examiner sur-le-champ, et regarder un peu par quel mouvement elles l'ont fait, pour s'abaisser devant Dieu, et graver cela dans leur esprit pour le mettre en l'examen du soir.
En l'examen du matin, il n'est pas requis d'y apporter tant de formalités; ains seulement, après le Pater, l'Ave et le Credo, il faut dire le Confiteor et regarder un peu comme l'on s'est comportée la matinée ès Offices et Oraison; puis, si on trouve quelque faute, l'ajouter aux précédentes, et faire l'acte de contrition avec un ferme propos de s'amender.
Pour s'aider la mémoire afin de bien connaître leurs fautes, elles regarderont comme elles se seront comportées en l'Oraison, aux offices, aux silences, aux assemblées communes, et si elles ont été employées en quelque chose extraordinaire; comme aussi, si elles ont eu congé de parler en particulier, de quels propos elles se sont entretenues, car c'est là où il est dangereux de faillir.
Outre cet examen général, les Soeurs pourront pratiquer le particulier, lequel se fait d'une vertu particulière qui soit la plus convenable, et qui s'oppose directement aux imperfections auxquelles l'on se sent plus incliné.
Et non seulement les Soeurs peuvent pratiquer cet examen en elles-mêmes; mais encore, autour des bonnes Fêtes, et quand la Supérieure le trouvera bon, elles pourront faire quelques entreprises et défis ensemble, pour la pratique de quelques vertus.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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