Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Défense du pouvoir suprême du souverain Pontife contre Justin Fébronius · Alphonse de Liguori

    But de l’ouvrage

    Après que Notre-Seigneur Jésus-Christ eut accompli l’œuvre de notre Rédemption, il promit à l’Eglise son assistance et celle du Saint-Esprit jusqu’à la fin des siècles, lorsqu’il prononça ces paroles ; Et ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem sœcüli:1 Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ; — Cum autem venerit ille Spiritus veritatis, docebit vos omnem veritatem: 2 Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité.

    Il a promis en outre que les hérésies et les hérésiarques, qui sont désignés sous la dénomination de « Portes de l’enfer, » suivant l’explication de Saint Epiphane,3 ne pourraient jamais prévaloir contre l’Eglise : Et Portce inferi non praevalebunt adversus eam.i

    Mais comme notre divin Rédempteur, Chef, Pasteur, et Fondateur principal de l’Eglise, devait quitter ce monde, il était nécessaire qu’il laissât dans l’Eglise un chef visible et un juge suprême qui, tenant sa place, définît par un jugement infaillible les questions de foi et de mœurs, afin que l’unité de croyance fût constamment maintenue et que les fidèles ne flottassent pas continuellement dans le doute à défaut d’une autorité légitime qui pût mettre un terme aux controverses par une décision certaine et obligatoire pour tous ; sans quoi, il y avait à craindre que les contestations et les schismes ne vinssent à agiter fréquemment le monde chrétien, si l’Eglise manquait d’un chef et d’un gouverneur unique, par qui tout doit être réglé.

    Tout le monde reconnaît cette nécessité d’un pouvoir suprême qui sache maintenir parmi tous les hommes une croyance uniforme et prévenir les différends. Mais des doutes s’élèvent sur la question de savoir à qui Jésus-Christ a confié cette puissance suprême et ce jugement infaillible. Les Gallicans modernes soutiennent que ce privilège appartient à l’Eglise assemblée au nom de Jésus-Christ, c’est-à-dire à un Concile œcuménique légitimement constitué. Cependant, d’après le témoignage du cardinal Bellarmin1 et du pape Benoît XIV2 cité par Billuart,3 toutes les nations, la France exceptée, embrassent notre sentiment, à savoir, que le Pontife Romain est le Chef suprême de VEglise y et que y par conséquent, son jugement est infaillible.

    J’ai dit « les Gallicans modernes ; » car leurs devanciers ont pensé différemment. En effet, Raynaud,4 écrivain français, affirme qu’autrefois ils enseignaient unanimement que les définitions du Pontife Romain, même en dehors du Concile, sont infaillibles. De plus, nous trouvons dans Mauclerc,5 qu’en 1530, la Faculté de Paris condamna comme hérétiques les articles de Marsile de Padoue, qui prétendait que le Pape est faillible. Cette Faculté proscrivit, en 1534, la même erreur soutenue par Jean Morand.6 Elle condamna également comme hérétique Marc-Antoine de Dominis, pour avoir enseigné que l’autorité du Pontife Romain est sujette à l’erreur.1 Nous lisons en outre dans Du Boulay (Bulœus)* que la même Faculté de Paris s’est exprimée autrefois en ces termes : Certum est Episcopum Romanum, tanquam Vicarium Christi, non habere superiorem, cum Christus non habuerit, et Ecclesiam Catholicam a se et per se fundatam Petro tanquam capiti tradidisse gubernandam : Il est certain que l’Evêque de Rome, en qualité de Vicaire de Jésus-Christ, n’a pas de supérieur, attendu que le Christ n’en a pas eu, et qu’il a confié à Pierre, en qualité de chef, le gouvernement de l’Eglise Catholique, qu’il a lui-même fondée.*

    De son côté, Duval, docteur de Sorbonne, a écrit ces paroles sur la même matière, en 1712 : Opinionem quae Romœ tenetur,... totus orbis, exceptis pauculis doctoribus, amplectitur, et prœterea rationibus validissimis, cum ex Scriptura, Conciliis, et Patribus, tum ex principiis theologiœ petitis confirmatur : L’opinion qu’on tient à Rome, est embrassée par le monde entier, si l’on excepte un bien petit nombre de docteurs, et, du reste, elle est confirmée par les raisons les plus solides tirées de l’Ecriture, des Conciles et de3 Pères, ainsi que des principes empruntés à la théologie. — Puis l’auteur ajoute : Nemo nunc est in Ecclesia qui ita sentiat, prœter Vigorium et Richerium, quorum si vera esset sententia, totus orbis Christianus, qui contrarium sentit, in fide turpiter erraret : II n’est actuellement personne dans l’Eglise qui tienne ce sentiment, si l’on excepte toutefois Vigor et Richer (qui s’est rétracté dans la suite**) ; si l’opinion de ces derniers était véritable, le monde chrétien tout entier serait plongé dans une fatale erreur en matière de foi, puisqu’il tient le contraire.

    II

    Fébronius1* associe à l'Eglise gallicane l'Eglise grecque, qu’il affirme n'avoir jamais voulu reconnaître, lors du Concile de Florence, que le Pontife Romain fût supérieur aux Conciles et infaillible dans ses définitions. Or, il ressort évidemment de l’histoire, qu'il s’éleva dans cette assemblée une grande discussion sur ce point. En effet, les Grecs prétendaient que leurs appels ne pouvaient être reçus du Siège de Rome sans le consentement des Patriarches ; mais Basile Bessarion, archevêque de Nicée, trouva un moyen de concilier les partis, en proposant d’introduire les mots suivants dans le décret synodal : « Salvis privilegiis omnibus et juribus Grœcorum :2 Sauf tous les privilèges et droits des Grecs ; » et de fait, le mot « privilèges » impliquait l'idée d’une concession spéciale faite aux Grecs, laquelle ne portait aucun préjudice au Siège Apostolique. L’expédient fut donc adopté, et l’accord confirmé.

    Au reste, on déclara dans ce même Concile, que le Pontife Romain est le Chef et le Docteur de toute l'Eglise, et qu'il a reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ le plein pouvoir de gouverner l’Eglise universelle : Definimus... Romanum Pontificem... totius Ecclesiœ * Caput... et Doctorem existere et ipsi... regendi... universalem Ecclesiam a Domino nostro Jesu Christo plenam potestatem traditam esse, etc.2 Il est manifestement démontré par ces paroles que l'autorité suprême et infaillible dans l'Eglise n’a été conférée par Jésus-Christ qu'au Pontife Romain. — Il sera traité plus au long de ce décret du Concile dans la suite de cet opuscule.

    Il est vrai que Bessarion avait d’abord prétendu dans cette assemblée, que le Pape est soumis au Concile; mais plus tard il se rétracta, ce qui le fit accuser par Marc d’Ephèse d’avoir trahi son Eglise. En tout cas, je m’étonne que Fébronius ait voulu associer l’Eglise grecque à l’Eglise gallicane. S’il avait mis en avant l’Eglise grecque des Basile, des Cyrille, des Chrysostome, et d’autres Saints Pères, il pourrait à bon droit entamer une discussion; mais quelle Eglise met-il en cause? l’Eglise grecque schismatique, qui, depuis l’an 800, époque à laquelle elle s’est séparée de l’Eglise Romaine, a adopté un grand nombre d’erreurs et est tombée dans un schisme manifeste; et pour qu’elle cessât de faire la guerre au Siège de Rome, il a fallu, comme le remarque Bellarmin,1 qu’elle perdît sa religion et sa dignité sous l’oppression de l’empereur des Turcs.

    Fébronius assigne encore pour compagne à l’Eglise grecque l’Eglise d’Afrique, à l’époque où, appuyée de l’autorité de Saint Cyprien, elle refusa de se soumettre à la sentence du pape Etienne, qui avait défendu de rebaptiser les hérétiques. Mais à ce fait de Saint Cyprien, qui nous a été tant de fois objecté, les partisans de notre opinion ont opposé plusieurs réponses qu’il est superflu de reproduire ici : qu’il nous suffise de rapporter deux paroles de Saint Augustin à ce sujet. Il écrit dans une de ses Lettres,2 que Saint Cyprien s’est repenti de son erreur et qu’il a changé de sentiment, quoiqu’on ne trouve pas sa rétractation. Et ailleurs, il dit que cette faute de Cyprien a été facilement expiée par la faux du martyre : Hanc culpam Cypriani falce martyrii fuisse purgatam ;3 il dit « facilement, » parce qu’il ne voyait en cela qu’une faute vénielle.* — Saint Grégoire de Nazianze n’excuse pas non plus Saint Cyprien de cette erreur, et dit que parfois la maladie atteint aussi les hommes les plus éminents.*

    En procédant de cette façon, Fébronius aurait pu adjoindre également à l’Eglise grecque l’Eglise d’Asie, à l’époque où elle résista au pape Victor, qui avait prescrit de célébrer la Pâque, non pas le quatorzième jour de la lune, mais le dimanche suivant.** Cependant la résistance opiniâtre de quelques évêques ne saurait prouver que le Pape n’a pas même d’autorité sur les Eglises particulières, attendu que le père Noël Alexandre,1 l’un des plus grands adversaires du pouvoir pontifical, avoue lui-même que tous les chrétiens sont tenus d’obéir au Pontife Romain.

    De plus, le Ier Concile de Nicée a déclaré que le Souverain Pontife a autorité sur tous les peuples et sur l’Eglise universelle : Cui (Pontifici) data est potestas... in omnes populos,.,, super universam Ecclesiam* — Le Concile de Florence a déclaré pareillement que le plein pouvoir de gouverner l’Eglise a été accordé au Pontife Romain: Ipsi (Romano Pontifici)... regendi Ecclesiam... plenam potestatem traditam me.3

    De tout cela, nous autres papistes, ou‘adulateurs du Pape, dont nous cherchons à capter la bienveillance, comme le disent calomnieusement nos adversaires, nous déduisons (et à bon droit, comme nous le verrons ci-après), que cette pleine puissance s’étend à toute l’Eglise, soit dispersée, soit réunie, tandis que Fébronius soutient que le Pape ne peut pas même l’exercer sur l’Eglise dispersée.

    Il associe également à l’Eglise Gallicane celle de Mayence, qui accepta les décrets du Synode de Bâle, ce qui, d’après lui, est constaté par les Actes. Or, des Actes de ce genre ne sont jamais arrivés jusqu’à moi. D’ailleurs, quoiqu’il en soit de l’Eglise de Mayence, il est certain qu’aucune autre Eglise que celle de France n’a approuvé les décrets du Concile de Bâle contre le pouvoir pontifical.

    III

    Au reste, Fébronius se trompe lorsqu’il affirme que l’Eglise Gallicane a toujours adhéré à l’opinion que le Pape est inférieur au Concile : le contraire est démontré par l’abbé Charlas,1 le cardinal d’Aguirre,2 et le père Serry.3 Dans les Actes de l’assemblée générale tenue en 1625, les évêques de France s’expriment en ces termes : ** Les évêques respecteront aussi notre Saint Père le Pape, chef visible de l’Eglise universelle,... successeur de Saint Pierre,... sur lequel Jésus-Christ a fondé son Eglise, en lui baillant (donnant) les Clefs du ciel avec l’infaillibilité de la foi.4 » — Et dans l’assemblée qui se tint en 1653 pour traiter de la cause de Jansénius, trente et un évêques écrivirent, entre autres, à Innocent X ces paroles : Judicia pro sandenda regula fidei a Summis Pontificibus lata,,., divina œque ac summa per universam Ecclesiam auctoritate niti, cui Christiani omnes, eo officio, ipsius quoque mentis obsequium præstare tenentur : 5 Les jugements portés par les Souverains Pontifes pour établir une règle de foi, sont appuyés sur une autorité à la fois divine et suprême dans l’Eglise universelle, autorité à laquelle tous les chrétiens sont tenus par devoir de soumettre leur esprit même.*

    Aussi Duval s’exprime-t-il en ces termes : Velint nolint adversarii, liquido constat veteres Ecclesiœ Gallicanœ proceres hanc in Summis Pontificibus infallibilitatem semper agnovisse, eosque qui veritatem hanc impugnare conati sunt, a ducentis aut circiter annis quibus in Ecclesiam horrenda schismata irruerunt, cœpisse :1 Que nos adversaires le veuillent ou ne veuillent pas, il est bien constaté que les personnages éminents de l'ancienne Eglise gallicane ont toujours reconnu cette infaillibilité dans les Souverains Pontifes, et que ceux qui ont pris à tâche d’attaquer cette vérité, datent de deux cents ans, ou à peu près, alors que d’effroyables schismes ont fait irruption dans l’Eglise. — De son côté, Etienne Baluze atteste, dans la Vie de Pierre de Marca,® que cet auteur a défendu vigoureusement, dans son dernier ouvrage, l'infaillibilité du Pape.

    Mais écoutons les sentiments que le savant Melchior Cano exprime dans son célèbre ouvrage Des Lieux théologiques, à propos de ceux qui s’élèvent contre l’infaillibilité du Pape : Nos autem communem catholicorum sententiam sequamur,... (quam) Sacrarum etiam Litterarum testimonia confirmant, Pontificum Decreta finiunt,... Conciliorum Patres affirmant, Apostolorum traditio probat, perpetuus Ecclesiœ usus observat : 1 Quant à nous, suivons l’opinion commune des catholiques, confirmée par les témoignages mêmes des Saintes Ecritures, définie par les décrets des Souverains Pontifes, affirmée par les Pères des Conciles, prouvée par la tradition des Apôtres, et sanctionnée par la pratique constante de l’Eglise. — Et au même endroit, il ajoute ces paroles remarquables i Sed quœris ; Eritne hœreticum asserere Romanam Ecclesiam degenerare quoque ut cœteras posse, et Apostolicam etiam Sedem a fide posse Christi deficeret... Hieronymus 2 profanum et perjurum dicit, qui... Romanae Sedis fidem non fuerit secutus.... Atque Cyprianus idem : « Qui Cathedra Petri, inquit, supra quam fundata est Ecclesia, deserit, in Ecclesia esse non confidat...3 » Concilium Constantiense illos esse hœreiicos judicavit, qui Romanœ Ecclesiœ fidei et doctrinœ refragarentur. Illud postremo addam : cum eoe traditionibus Apostolorum ad evincendam hœresim argumentum firmum certumque trahatur, constet autem... Romanos Episcopos Petro in... fidei magisterio successisse ab Apostolis esse traditum, cur non debebimus assertionem adversam tamquam hœreticam condemnare? Sed... nolo Ecclesiœ judicium antevertere Illud assero, ac fidenter quidem assero, pestem eos Ecclesiœ ac perniciem afferre, qui aut negant Romanum Pontificem Petro in fidei doctrinœque auctoritate succedere, aut certe adstruunt summum Ecclesiœ Pastorem, quicumque tandem ille sit, errare in fidei judicio posse. Utrumque scilicet haeretici faciunt; qui vero illis in utroque repugnant, hi in Ecclesia catholici habentur ;4 Vous demanderez peut-être si c’est une hérésie de soutenir que l’Eglise Romaine peut dégénérer aussi bien que les autres, et que le Siège Apostolique peut aussi errer dans la foi. Saint Jérôme assure que celui qui ne suit point la foi du Siège de Rome, est un profane et un parjure. Saint Cyprien affirme également que celui qui abandonne la Chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, ne doit pas se flatter d’être dans le sein de l’Eglise. Le Concile de Constance a déclaré hérétiques ceux qui contredisent la foi et la doctrine de l’Eglise Romaine. Enfin, j’ajouterai une réflexion : comme on tire des traditions Apostoliques un argument solide et certain pour combattre victorieusement l'hérésie, et que, d’autre part, il est évident par la tradition des Apôtres que les Evêques de Rome sont les successeurs de Pierre dans l’enseignement de la foi, pourquoi ne devrions-nous pas condamner comme hérétique l’assertion contraire? Mais je ne veux pas prévenir le jugement de l’Eglise. Toutefois, voici ce que j ’affirme, et je l’affirme avec assurance : ceux-là introduisent la peste et la ruine dans l’Eglise, qui nient que le Pontife Romain soit le successeur de Pierre quant à l’autorité en matière de foi et de doctrine, ou qui affirment que le suprême Pasteur de l’Eglise* quel qu’il soit d’ailleurs, peut errer dans ses jugements sur la foi. Les hérétiques font l’un et l’autre; ceux, au contraire, qui leur sont opposés sous ce double rapport, sont considérés comme catholiques dans l’Eglise.

    Ainsi s’exprime Melchior Cano, et ses paroles concordent avec cette célèbre sentence de Saint Cyprien : Neque enim aliunde hœreses obortœ sunt..., quam inde quod sacerdoti Dei non obtemperatur, nec unus in Ecclesia ad tempus sacerdos et ad tempus judex vice Christi cogitatur:1 Les hérésies proviennent uniquement de ce qu’on n’obéit pas au prêtre de Dieu, et qu’on ne considère pas qu’il n’y en a qu’un dans l’Eglise qui soit ici-bas prêtre et juge à la place de Jésus-Christ. — Et cela n’est que trop vrai ; car, une fois qu’on enlève au Pontife Romain l’infaillibilité en matière de foi, il ne reste plus aucun moyen pour convaincre les hérétiques, comme nous le verrons plus bas. C’est ainsi que ceux qui ont résisté opiniâtrément aux décisions des Souverains Pontifes, sont devenus d’abord schismatiques, et ensuite hérétiques, Fébronius prétend que la suprême puissance du Pontife Romain, telle que nous l’établissons, empêche les hérétiques de faire adhésion à l’Eglise Catholique. Mais il se trompe : ce qui tient les hérétiques séparés de notre Eglise, ce n’est pas le pou- (1) Epist. i)«fj ostl Cornet* voir suprême du Pape, mais bien la liberté do conscience, les plaisirs sensuels, la convoitise des richesses, et l’orgueil; en effet, ils ne tiennent nul compte de l’autorité du Pape, non plus que de celle des Conciles, dans lesquels Fébronius fait résider la suprême puissance. Luther surtout a présenté sous ce rapport un exemple mémorable ; en effet, comme la Faculté de Sorbonne s’était prononcée contre lui, il appela d’abord de cette sentence au Pape; puis, du Pape mal informé, comme il disait, au Pape mieux informé; ensuite, du Pape bien informé au Concile général; enfin, du Concile à lui-même. Il est également arrivé bien des fois que les hérétiques qui ont refusé d'acquiescer aux définitions pontificales, ne se sont pas soumis davantage aux décrets des Conciles.

    IV

    Justin Fébronius, qui s’est étroitement attaché aux Gallicans, émet un grand nombre de propositions contraires à l’autorité pontificale, et soulève plusieurs questions qu’il résout invariablement contre le Pontife; mais, laissant de côté ces différentes questions, qui susciteront assez de contradicteurs pour réfuter Fébronius, je m’attache simplement, pour ce qui me concerne, à venger des attaques et des sophismes de ce dernier la puissance suprême du Pape, laquelle doit être nécessairement pourvue du privilège de l’infaillibilité ; car elle ne pourrait être suprême, si elle n’était infaillible. C’est donc de ce point que je traiterai principalement ici : une fois admis que l’autorité du Souverain Pontife est suprême et infaillible dans l’Eglise, toutes les controverses cessent et s’évanouissent.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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