Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    De la nature de l'accident · Saint Thomas d'Aquin

    Chapitre II : De l'accident logique

    Il reste maintenant à parler de l’accident considéré sous le second rapport. Il faut donc savoir que les accidents universaux sont certaines modifications qui suivent les choses selon l’être qu’elles ont dans l’ame, parce que c’est l’intellect qui produit l’universalité dans les choses, comme dit le Commentateur, au chapitre second de l’Ame ; et il n’opère pas seulement sur les substances, mais même sur les accidents eux-mêmes dans la nature des choses, car il peut attribuer une intention aux uns comme aux autres. De là vient que les universaux qui sont le produit de l’action de l’ame sur les substances, ont des noms spéciaux, comme le genre, l’espèce, la différence, et ces noms désignent les intentions accidentelles. Mais on ne dit pas qu'il en est ainsi par rapport aux substances, comme si cela n’avoit pas lieu dans les accidents, puisqu’il y a en eux le genre, l’espèce et la différence ; mais parce qu’il n’y a pas dans la nature de chose à laquelle le rapport de genre convienne dans les accidents d’une manière propre au genre et à l’espèce, dès lors qu’il n’y a rien dans les accidents de subsistant par soi-même. De même l’intellect traite l’accident comme subsistant par lui-même, puisqu’il le désigne par un nom abstrait, et lui attribue ainsi le rapport de genre et d’espèce. Or, comme il opère d’une manière spéciale sur les accidents, non eu leur attribuant ce qu’il attribue aux substances, mais d’autres intentions qui ne conviennent pas aux substances, il ne leur impose pas de noms spéciaux, mais il exprime le rapport d’universalité par les noms des choses. En conséquence, deux universaux, le propre et l’accident, qui sont tous deux un vrai accident dans la nature des choses, ne changent pas de noms propres à raison de l’intention d’universalité, comme l’homme est le nom d’une chose de la nature humaine, et le nom de l’espèce, mais d’une manière équivoque : ainsi le propre et l’accident sont les noms généraux de certains accidents, et, en outre, des noms d’universaux, ce qui arrive sûrement d’une manière équivoque. En effet, à propre est universel, elsi risible est propre, risible ne sera pas universel. Car le moyen terme est changé à raison de l’équivocation. Comme' dans cet argument, Pierre est espèce, parce qu’il est homme, dans lequel on qualifie l’homme d’espèce. En voilà assez sur la nature de l’accident.

    Fin du quarantième opuscule de saint Thomas d’Aquin sur la Nature de r accident.

    L'abbé VÊDRIHI.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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