Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Contre ceux qui combattent le culte de Dieu et la religion · Saint Thomas d'Aquin

    Seconde partie

    Chapitre II : Est-il permis à un religieux d'instruire ?

    Il n’est sorte d’efforts qu’ils ne fassent pour empêcher les religieux de s’instruire, pour qu’ils ne puissent pas enseigner. Ils invoquent : 1° L’autorité du Seigneur, qui dit, S. Matth., ch. XXIII : «Pour vous, n’ayez pas le désir d’être appelés maîtres..» Ce sont, disent-ils, tous ceux qui sont parfaits qui doivent observer ce conseil par conséquent, comme les religieux font profession de perfection, ils ne doivent pas enseigner. 2° Ils s’appuyent de l’autorité de saint Jérôme, lettre à Ripairc el à Désiré, contre Vigilance, et de ce qui se trouve dans le Droit, Quest. XVI, ch. I : « L’office du moine est de pleurer el non

    SECUNDA PARS PRINCIPALTS TOTIUS OPERIS.

    d’enseigner; » et Quest. VII, ch. I, Hoc nequaquam, il est dit : « La vie des moines a le verbe de la soumission el de discipline, mais ils ne doivent ni instruire, ni présider, ni paître, ni rien faire de semblable. » Il en est de même des réguliers et des autres religieux qui jouissent des droits des moines, comme le prouve l’Extravagant, qui. commence par ces mots, De postulando, de la part el de l’état îles moines : « Que la crainte de Dieu est abandonnée, qu’il n’est permis à aucun religieux d’enseigner. »

    3° Enseigner, disent-ils encore, est contraire aux vœux de la religion; par les vœux de la religion en effet, on renonce au monde. Mais tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, concupiscence des yeux et orgueil de la vie; ils expliquent ces trois choses, des richesses, des plaisirs et des honneurs. Ils disent que l’enseignement est un honneur, el ils le prouvent par le commentaire des paroles suivantes de saint Matthieu, ch. IV : « Ille plaça sur le pinacle. » a Dans la Palestine, la surface des toits étoit plane, et là se trouvoit le siège des docteurs, c’est de là qu’ils parloient au peuple, c’est là que le diable eu a trompé un grand nombre par la vaine gloire, enorgueillis qu’ils étoient par les honneurs de l’enseignement; » d’où ils concluent qu’il est contraire au vœu de religion d’enseigner.

    4“ Les religieux, disent-ils, sont tenus à l’humilité parfaite comme à la pauvreté parfaite ; mais ils sont tenus à la pauvreté au point de lie rien posséder en propre. Donc leur humilité doit aller jusqu’au point de ne leur permettre aucun honneur; mais comme il a été dit précédemment, l’enseignement en est un, donc il ne leur est pas permis d’enseigner.

    5® Ils objectent aussi ce que dit saint Denis, dans le ch. V de la Hiérarchie ecclésiastique. Il divise l’une et l’autre hiérarchie en trois catégories, qui sont celle des actions saintes, celle de ceux qui les accomplissent, et celle de ceux qui seulement les reçoivent. Il divise les actions saintes elles-mêmes en trois espèces, id. ch. V ; celles qui purifient, ce sont celles des diacres ; celles qui illuminent, ce sont celles des prêtres; celles qui rendent parfaits et ce sont celles des évêques. Il divise aussi ceux qui les reçoivent en trois catégories, id., ch. Y : à savoir celle de ceux qui ne sont pas purs, et qui sont purifiés par les diacres ; à savoir celles du peuple saint qui est illuminé parles prêtres, et celles des moines qui sont dans un degré plus élevé et que perfectionnent les évêques. Donc il est démontré que les moines ne peuvent communiquer, aux autres les choses saintes, mais qu’ils doivent les recevoir; or, quiconque enseigne, communique à autrui les choses saintes, donc le moine ne doit pas enseigner.

    6° La charge de professeur, disent-ils, est bien plus étrangère à la vie monastique que la fonction sacerdotale ; mais ainsi qu’il est écrit, XVIe Quest., I : « Personne ne peut remplir les fonctions ecclésiastiques et vivre régulièrement sous la règle monastique. » Donc à bien plus forte raison, le moine ne peut-il pas remplir les fonctions scholastiques, soit en enseignant, soit en écoutant. Ils ajoutent aussi que c’est une chose contraire à la doctrine apostolique. Il est écrit, II. Cor., ch. X : ce Ainsi, ne nous glorifions pas nous-mêmes démesurément, mais nous renfermant dans les bornes du partage que Dieu nous donne. » Le commentaire ajoute : « Nous usons du pouvoir dans toute l’étendue que l’auteur nous a laissé, et n’en outrepassons ni les bornes, ni le mode. » Ils concluent de là, que tout religieux qui outrepasse le mode d’agir, déterminé par l’auteur de sa règle, s’outrepasse lui-même, et qu’il va à l’encontre de la doctrine apostolique; ce qui fait qu’aucune religion dans son principe n ’a eu de maîtres ; donc aucun religieux ne peut être promu au grade de docteur.

    piunt. Actiones autem sacras dividit in tria potest et ccclesiasticis officiis deservire, et in eodem cap. scilicet in purgantes, quod in m onastica régula ordinate persistore : » est diaconorum ; in illuminantes, quod est ergo multo minus potest monachus schosacerdotum ; in perficientes, quod est epi- lasticis officiisvacàre docendo, vel audiendo. scoporum. Recipientes etiam divinas ac­ Addunt e tia m, quod est contra doctrinam tiones dividit in tria. In V. cap. scilicet in Apcstolicam, II. Corinth., X : « Nos autem immundos, qui purgantur per diaconos : non in im m ensnm gloriabimur, sed secunin sacrum populum, qui illum inatur per dum mensuram regulæ qua mensus est nosacerdotes : in monachos, qui sunt allions bisDeus.» Glossa: «Tanta potestate utimur, gradus, qui perficiuntur per episcopos : quanta concessa est ab authore, nec m energo patet quod monachorum non est sa­ suram, vel m odum egred imur, » unde dicra aliis com m unicare, sed ab aliis reci- cunt, quod quicunque religiosus ultra ilpere : sed quicumque docet, sacra alium m odum egreditur, qui sibi ab authore communicat : ergo monachus non debet suæ regulæ est status, seipsum superexdocere. tendit contra Apostoliçam doctrinam ve-Item, magis est remotum à vita menas- n ien s, unde nulla religio in sui principio tica scholasticum officium quam ecclesias- h abuit m agistros : ergo nulli religioso licet ticum ; sed ut dicitur XVI* quæst. I ; « nemo ad magisterium promoveri.

    7° Poussant encore plus loin leur témérité, s’il ne leur est pas possible d’empêcher entièrement les religieux de s’instruire, ils tâchent du moins d’atténuer leur instruction, disant : « Un collège de religieux ne doit pas posséder plusieurs docteurs; » et ils s’appuyent pour le prouver sur ce que dit saint Jacques, ch. III : « Mes frères, qu’il n ’y ait point parmi vous tant de gens qui se mêlent d’instruire. » La Glose ajoute : « Ne veuillez point être plusieurs maîtres dans l’Eglise. » Mais un collège ou société de religieux est une Eglise ; donc dans une société ou collège de religieux, il ne doit y avoir qu’un seul docteur.

    8° Ils citent encore à leur appui la lettre de saint Jérôme à Rustique, et il est écrit, VIIe Quest., ch. I : « Il n’y a parmi les abeilles qu’un chef, les grues en suivent une d’après un ordre marqué, » et un peu plus bas : « Il n ’y a qu’un pilote dans un vaisseau, un maître dans une maison ; » donc dans une société ou collège de religieux, il ne doit pareillement y en avoir qu’un seul de chargé d’enseigner.

    9° Ils disent encore, comme il y a plusieurs collèges ou sociétés de religieux ; si dans une société ou collège, il y avoit plus d’un docteur, il s’ensuivroit que le nombre des religieux docteurs seroit si grand, que les maîtres séculière seroient presque exclus, vu le petit nombre de leurs auditeurs, surtout parce qu’il ne faut dans un collège qu’un nombre déterminé de maîtres; pour empêcher la doctrine sacrée de tomber dans le mépris, il ne faut donc pas un grand nombre de docteurs.

    Les fauteurs de ces assertions erronées, ne font ici que marcher sur les brisées de ceux qui les premiers errèrent. Le propre en effet, de ceux qui errent est, ne pouvant se tenir simplement dans la vérité, et voulant éviter une erreur, de tomber dans l’erreur opposée. C’est ce que fit Sabellius, qui, pour éviter la division de l’essence, introduite par Arius, tomba dans la confusion des personnes, comme le dit UUerius autem, et si non ex toto doctri­ m agister, » Item, cum sint multa religionam religiosorum im pedire possunt, eam sorum collegia. Si unum collegium habesaltem attenuare nituntur, dicentes, quod re t plures quam unum doctorem, sequi in une religiosorum collegio doctores plu­ tu r tan ta m ultiplîcatio religiosorum doctores esse non debent, inducentes illud quod rum, quod sæculares magistri excluderentur dicitur Jacob. II : « Nolite plures magistri propter auditorum paucitatem, præcipue fieri, fratres mei.» Glossa: « Plures mEc- cum oporteat in une. studio esse determ iclesia ne velitis esse m agistri : sed uuuxn natum numerum magistrorimi, ne ex docreligiosorum collegium est una Ecclesia. » to ru mm ullitudine doctrina sacra veniat in Ergo in une religiosorum collegio non de­ contem ptum.

    bent esse plures m agistri. Item, Bierony- Hujusmodi autem errorum assertores, m us a d Rusticum, et habetui etiam VII, priorum errantium semitas im itan tu r. Est quæst. 1 : « In apibus princeps est unus, enim errantium consuetudo, ut quia in grues ordine litterato unam sequuntur, » medio veritatis non possunt consistere, et infra : » Unus gubernator in n a v i, in unum errorem déclinantes in contrarium domo unus Dominus : « ergo et in une colle­ dilabantur. Sic évitons divisionem essentiæ, gio religiosorum non debet esse nisi unus quam Arius introduxit in confusionem persaint Augustin. Eutychès lui aussi, pour éviter la division des personnes en Jésus-Christ, soutenue par Nestorius, confondit en lui les natures, comme le rapporte Boëce. C’est aussi ce que prouve la manière d’agir de Pélasge et de Manès, etc. C’est pourquoi l’Apôtre d it, II. Tim., ch. III : « Les hommes dont l’esprit est corrompu, sont réprouvés quant à la Loi. » Le commentaire ajoute : « ils ne sont jamais dans la foi, parce que les impies rôdent autour et ne se tiennent pas au milieu. »

    Il y eut donc autrefois une erreur de certains religieux présomptueux, qui, parce qu’ils étoient moines, présumant trop de leur genre de vie, s’arrogeoieut de leur autorité privée la fonction d’enseigner, et en cela ils iroubloient la paix de l’Eglise, comme le prouve ce qui se lit, Quest. XVI, ch. I : « Certains moines, sans en avoir reçu l’ordre de leur évêque, viennent dans la ville de Constantinople, et y font succéder le trouble à la paix; » l’histoire ecclésiastique raconte plus amplement ce fait. Les saints Pères se sont efforcés de réprimer, par des preuves et des décrets, leur présomption. Mais il est de nos jours certains hommes pervers, qui sans science, ni stabilité, abusent de leurs paroles el en pervertissent le sens, ainsi que celui des autres Ecritures ; ils agissent de la sorte pour leur perdition, comme le dit saint Pierre, Epître II, chapitre ult. Tombant dans l’erreur opposée, ils affirment qu’il n’est pas permis aux religieux d’exercer la fonction de docteur; qu’il ne peut pas la recevoir, qu’on ne peut pas lui enjoindre.

    Nous établirons d’abord que cette assertion est fausse, puis nous répondrons aux objections.

    i° Produisons donc l’autorité de saint Jérôme, lettre à Rustique, laquelle sc lit, XVIe Quest., ch. I : « Vivez dans votre monastère, de manière à mériter d’ètre clerc ; apprenez pendant longtemps ce que vous enseignerez ensuite. » Il dit aussi dans sa lettre au même, chapitre suivant : « Si la cléricature vous flatte, étudiez votre désir, afin de savoir si vous êtes capable d’instruire. » On peut conclure dei là, que les moines peuvent recevoir la charge d’enseigner. C’est aussi ce que nous enseignent les saints par leur exemple, vivant dans leurs monastères, ils enseignèrent, comme le prouve l’exemple de saint Grégoire de Nazianze, qui, bien qu’il fût moine, fut appelé à Constantinople, pour y enseigner l’Ecriture sainte, comme nous le raconte l’histoire ecclésiastique. La manière d’agir de saint Damascène prouve la même chose, lui qui, bien que moine, donne aux étudiants, non-seulement des leçons d’Ecriture sainte, mais leur enseigne encore les arts libéraux, comme le prouve le livre des Miracles de la bienheureuse Vierge. Saint Jérôme dans son prologue de la Bible, bien qu’il fût moine, promet au moine Paulin la science de là sainte Ecriture, à savoir qu’il lui enseignera cette science, il l’exhorte aussi à étudier la sainte Ecriture. On lit aussi de saint Augustin, qu’après avoir établi un monastère, dans lequel il commença à vivre sous la règle instituée par les saints Apôtres, il écrivoit des livres et enseignoit les ignorants. La conduite des autres docteurs prouve la même chose ; c’est en effet ce que firent saint Basile, saint Chrysostôme et un grand nombre d’autres, qui furent religieux, el qui pourtant furent les plus grands docteurs. On peut aussi, facilement l’établir par plusieurs raisons. Les œuvres prouvent, en effet, la doctrine des saintes Ecritures. On lit au livre des Actes, chapitre I : « Jésus commença par faire, puis il enseigna. » Le commentaire ajoute : « De ce qu’il commence par faire, et qu’ensuite il enseigne, il forme le bon docteur qui fait ce qu’il enseigne. » Il enseigne donc très-convenablement la doctrine évangélique, celui qui non-seulement garde les préceptes, mais qui observe aussi les conseils, tel que le font les religieux.

    2° Celui qui meurt à une vie étrangère, meurt aussi aux œuvres de cette vie, et celui qui commence à vivre d’une vie quelconque, fait comme lui convenant parfaitement les œuvres de cette vie nouvelle. Saint Denis montre à cette occasion, dans le ch. II de la Hiérarchie ecclésiastique, qu’avant le baptême, par lequel l’homme reçoit la vie divine, il ne peut pas accomplir les œuvres divines, pai'ee que, comme il le dit lui-même, il faut commencer par exister avant d’agir ; mais le religieux, par le vœu de religion, meurt au siècle, vivant pour Dieu. Donc, parce qu’il est religieux, les opérations séculières, telles que le commerce et les autres affaires du siècle lui sont interdites, mais non les actions divines qui demandent un homme qui vive pour Dieu. Mais la confession est de ce genre, elle qui se fait par la science, il est écrit, Ps. CXIII : « Ce ne sont pas les morts qui vous loueront, Seigneur, mais nous qui vivons, etc. » Ainsi les religieux ne sont pas exclus par leur vœu de religion de l’enseignement. En outre, ceux-là sont surtout aptes à enseigner, qui par la contemplation peuvent saisir les choses divines; ce qui fait dire à saint Grégoire, dans son XVIe liv. de Morale : « Ceux qui contemplent, se pénètrent en repos de ce qu’ils déverseront par leurs paroles sur le prochain, lorsqu’ils s’en occuperont.' Mais le but des religieux est surtout de se livrer à la contemplation. » Donc, par le fait même qu’ils sont religieux, leur état les rend plus aptes à enseigner qu’à les en empêcher.

    Il est même ridicule de dire que quelqu’un ne doit pas se livrer à l’étude de la science, par cela que le repos auquel il se livre le rend plus apte à y vaquer ; comme il seroit ridicule de dire de celui qui a brisé les obstacles qui l’empêchoient de courir, qu’il ne peut pas le faire. Mais les religieux, par leur triple vœu, ont renoncé à tout ce qui inquiète l’esprit, comme le prouve ce qui a été dit précédemment. C’est donc à eux qu’il convient surtout et d’étudier et d’enseigner. Il est écrit, Ecclésiastique, chap. XXXVIII : « Ecrivez sur les tables de votre cœur la sagesse; » le commentaire ajoute, « divine; » c’est-à-dire, apprenez pendant le temps du repos; et celui dont la vie est moins active acquerra la sagesse.

    Ce sont surtout les pauvres de Jésus-Christ auxquels il convient d’avoir la connoissance des Ecritures, comme le prouvent les paroles de saint Jérôme, dans son Prologue des Questions hébraïques sur la Genèse : « Que, comme nous qui sommes pauvres et humbles, qui ne possédons pas de richesses, qui ne daignons pas même recevoir celles qui nous sont offertes, ils sachent, eux aussi, qu’il n’est pas possible d’avoir la connoissance des Ecritures avec les richesses du monde; mais il appartient surtout d’enseigner à ceux qui connoissent les Ecritures. » Donc les religieux qui font profession de pauvreté sont surtout à même d’enseigner.

    On peut, comme il a été dit précédemment, établir une religion pour accomplir quelque œuvre de miséricorde que ce soit : mais instruire est une œuvre de miséricorde, ce qui fait que l’enseignement est mis au nombre des aumônes spirituelles. Donc, on peut établir une religion qui soit spécialement consacrée à l’enseignement. En outre, les combats du corps qui se font avec des armes corporelles, semblent plus éloignés du but de la religion que la guerre spirituelle qui se fait avec des armes spirituelles, qui sont, les saints enseignements pour combattre les erreurs. C’est de ces armes dont parle l’Apôtre, II. Cor., ch. X, lorsqu’il dit : « Les armes de nos combats ne sont point charnelles, etc. » Mais certaines religions ont été providentiellement établies pour faire la guerre corporelle, afin de défendre l’Eglise contre ses ennemis corporels, quoiqu’il ne manque pas dans l’Eglise de princes séculiers, qui en vertu de leur charge sont obligés de la défendre. Donc c’est avec avantage que l’on a institué certaines religions pour qu’elles enseignassent et que par leur science elles défendissent l’Eglise contre ses ennemis ; bien- qu’il y en ait d’autres qui soient obligés de la défendre de cette manière.

    Celui que l’on peut choisir avec avantage pour remplir une fonction importante qui en renferme une autre, est à plus forte raison digne de remplir celle qui l’est moins et que renferme la première; mais le religieux, bien que sa religion n’ait pas pour but d’instruire, peut être choisi pour remplir la fonction épiscopale, comme le prouvent plusieurs chapitres du Droit, concernant les moines, XVI° Quest., ch. I. Par conséquent, comme l’épiscopat est supérieur au doctorat, fonction que remplissent les maîtres qui lisent dans les écoles, et que l’épiscopat emporte avec lui la science, on ne doit pas considérer comme inconvenant, que l’on choisisse un moine pour enseigner, pourvu que ce soit celui qui est revêtu de l’autorité nécessaire qui le fasse.

    Il est permis, comme le dit la Glose des paroles suivantes de saint Luc, ch. IX : « Pour vous, allez, et annoncez le royaume de Dieu, » de renoncer aux biens inférieurs pour des biens plus importants. Mais comme le bien commun passe avant le bien particulier, par conséquent, comme le moine qui, dans son cloître, garde les règles de son ordre, ne travaille que pour son propre bien, à savoir pour son salut, pendant que la fonction d’enseigner, qui consiste à instruire la multitude, reflue dans le bien commun de l’Eglise, il n’y a pas d’inconvénient à ce que le moine, du consentement de celui qui en a le pouvoir, vive hors de son monastère, et soit chargé d’instruire. Ce qu’ils disent, à savoir que cela pourroit se faire, quand il y auroit un besoin pressant qui ne se fait pas présentement sentir, vu l’abondance Ecclesiam defendere debent. Ergo et salu- trinam adjnnctam, non debet inconvcniciis briter institutæ sunt aliquæ religiones ad reputari si monachus authoritate ejus ad doceudum, ut sic per eorum doctrinam quem spécial, ad prœdictum doctrinæ of-Eculesia abliostibus defendalur, quamvis licium assumatur.

    etiam sint alii ad quos pertinet hoc modo Item, minora bona pro majoribus inter-Ecclesiam defensare. mitti possunt, ut dicit Glossa, super illud Item, qui idoneus est ad hoc ut possit Luc., IX : « Tu autem vade, et annuntia assumi ad id quod majus est, et in quo regnum Dei, » sed bonum commune præaliud includitur, idoneus debet reputari ad fertur bono privato ; cum ergo monachus ici quod minus est et quod in majori inclu- in claustro ordinem suum servans privato ditur : sed rcligiosus etiam si religio ejus bono insistât, scilicet tantum suæ saluti, non sit ad docendum instituta*, potest as­ doctrinæ autem officium quo plurimi erusumi ad prælatioms officium, ut patet De diuntur, in commune bonum totius Eccle-Monachis, per multa capit. XVI, quæst. I. siæ redundet, non est inconveniens si ino-Cum ergo prælatiouis officium sit majus nachus extra claustrum vivat ad doctrinæ quam officium doctoris, quod magistri le- officium assumptus de licentia ejus ad gentes in scholis exercent, et tamen præ- quem spectat. Nec valet quod dicunt, quod lationis officium simul habeat etiam doc­ hoc posset tie n, quando nécessitas im ntides maîtres séculiers, n’a donc aucune valeur, parce qu’il ne faut pas satisfaire à l’utilité générale d’une manière quelconque, mais qu’il faut y satisfaire de la manière la plus utile possible. Mais plus le nombre des docteurs, est grand, plus l’utilité commune, qui provient de là science, prend d’accroissement, parce qu’un docteur apprend ce que l’autre ne savoit pas encore. Il est.écrit à cette occasion dans le livre de la Sagesse, ch. VI : « Mais le grand nombre des sages est le salut de l’univers. » Moïse, guidé par cet esprit, dit, au livre des Nombres, ch. XI : « Qui donnera au peuple entier de prophétiser? » Le commentaire ajoute : « Le prédicateur fidèle désire, autant que cela peut s'accomplir, que la vérité, que seul il ne suffit pas à annoncer, s’échappe de toutes les bouches; » et un peu plus bas : « Il a voulu que tous prophétisassent, lui qui n’envia jamais son propre bien. »

    C’est une seule et même chose d’instruire par la parole ceux qui sont présents, ou instruire par écrit ceux qui sont absents, ainsi que le dit l’Apôtre ; II. Cor., chap. X : « Nous nous conduisons dans nos actions de la même manière, étant présents, que nous parlons dans nos lettres, étant absents. » Mais personne ne doute que les religieux ne puissent instruire par leurs écrits ceux qui sont absents, vu que l’on trouve toutes les bibliothèques pleines d’ouvrages ou de livres composés par des religieux, afin d’instruire les membres de l’Eglise ; donc il leur est aussi permis d’instruire par leurs discours ceux qui sont présents. Quant aux raisons que l’on oppose à cette assertion, il est facile d’y répondre.

    1° Quant à ce qu’ils disent que le Seigneur dissuade d’être maître, il est évident que, sous plusieurs rapports, c’est une assertion fausse. D’abord, parce que les surérogations, qui ne sont que de conseil, ont une bien plus grande récompense, comme le prouvent les paroles suivantes qui se lisent dans saint Luc, chap. X : « Tout ce que vous ncret, quæ nunc non apparet, cum magis- Item : « Ejusdem est verbo præsentes et trorura sæcularium jam copia. Habeatur, scripto absentes docere, » ut habetur, II. quia utilitas communis non solum debet Corinth., X : «Qualcs sumus verbo, per procurari, ut sit quocumque modo, sed ut cpislolas absentes, tales præsentes in facto.» sit optimo modo quo fieri potest. Quanto Sed nullus dubilat, quin religiosi possint autem doctores magis m ultiplicautur, docere absentes scripto, cum omnia armalauto utilitas communis, quæ ex doctrina ria plena inveniantur operibus, sive libris, provenit, magis crescit, quia uni manifes­ quos religiosi fecerunt ad Ecclesiæ instructât ur, quod alteri nondum nolum est. tionem. Ergo et præsentes possunt verbo Propter quod dicitur Sapientiœ, VI : « Mul­ docere. Ea autem quæ in contrarium nptitude autem sapientium sanitas est orbis ponnntur, facile est solvere.

    terrarum. » Quo zelo Moyses duclus dixit Quod enim primo dicunt esse Domini Num., XI : « Quis tribual ut omnis popu- consilium de vitando magisterio, palet lus prophetizet ? » Glossa : « Fidelis prædica- multipliciter esse falsum. Primo, quia sutor optât, si fieri valeat, ut veritatem quam pererogationes., de quibus dantur consilia, solus loqui non suflicit ora cunctorum habent præmium eminentius, ut patet ex sonent, » et infra : « Prophetarc omnes vo- hoc quod dicitur, Luc., X : « Et quodeumluit; qui bonum, quodîiabuit, non invidit.» que supererogaveris, ego cum rediero redaurez fait par surérogation, je vous le rendrai, lorsque je serai de retour. » Le commentaire entend cela de la surérogation des conseils; ce qui fait que s’abstenir des actes auxquels est due une récompense excellente, ne peut pas tomber sous le conseil. Mais une récompense excellente est due aux docteurs comme aux vierges, à savoir l’auréole, ainsi que le prouvent les paroles de Daniel, ch. XII : « Ceux qui enseignent la justice à un grand nombre ; » le commentaire ajoute, par les paroles et par l’exemple : « Brilleront comme des étoiles pendant l’éternité. •» Par conséquent comme il ne conviendroit pas de dire qu’il est conseillé de décliner la virginité ou de fuir le martyre ; de même, il n’est pas permis de dire qu’il tombe sous le conseil de s’abstenir d’enseigner.

    2° Il n’est pas permis de conseiller une chose opposée aux préceptes ou aux conseils. Mais il est de précepte ou conseil d’enseigner, comme le prouvent les paroles suivantes de saint Matthieu, ch. ult. : a Allez, enseignez toutes les nations, etc. » L’Apôtre dit, Ep. Gal., ch. VI : « Vous autres qui êtes spirituels, ayez soin de l’instruire dans un. esprit de douceur. » Il n’est donc pas possible qu’il y ait un conseil qui défende d’instruire.

    3° Les conseils que le Seigneur a proposés, sa volonté a été qu’ils fussent immédiatement observés par les Apôtres, afin que leur exemple portât les autres à les observer aussi. C’est pourquoi saint Paul, I. Cor., ch. VII, proposant le conseil de virginité, dit : « Je veux que tous les hommes soient comme moi-même. » Mais s’abstenir d’enseigner, qu’ils considèrent comme un conseil, n’appartenoit pas aux Apôtres, puisque leur mission étoit de parcourir l’univers pour instruire. Donc s’abstenir d’instruire ne tombe pas sous le conseil. On ne peut pas dire non plus que ce qui rend l’enseignement solennel doive être supprimé en vertu d’un conseil; parce que ce qui appartient à cette solennité n’engendre pas l’orgueil, autrement il faudroit que tous l’évitassent, car chacun est tenu de fuir l’orgueil; mais ces choses ont pour but de faire voir l’autorité de cette charge; et c’est pourquoi, comme la perfection ne perd rien à ce que le prêtre s’assoie au-dessus du diacre, et qu’il soit revêtu d’habits de soie, pour la même raison, la perfection n’a pas à souffrir de ce que quelqu’un fait usage des insignes du doctorat; et c’est ce que dit la Glose des paroles suivantes de saint Matthieu, ch. XXIII : « Ils aiment les premières places. » Il ne défend pas aux maîtres de s’asseoir les premiers, mais il blâme ceux qui, soit qu’ils les aient ou ne les aient pas, les convoitent. Mais il est encore plus ridicule de dire, s’il ne tombe pas sous le conseil de s’abstenir d’enseigner, que cependant il est conseillé de s’abstenir du nom de docteur. Il ne peut pas y avoir de conseil ou de précepte, pour une chose qui n’est pas en notre pouvoir, mais en celui d’autrui. Nous pouvons à la vérité enseigner ou ne pas enseigner, et il a été prouvé qu’il n’y a pas de conseil pour cela ; mais le nom de docteur n’est pas en notre pouvoir, mais bien au pouvoir de ceux qui nous le donnent. Il n'est donc pas possible qu’il soit de conseil que nous ne nous nommions pas docteurs ou maîtres.

    4° Comme on impose les noms pour signifier les fonctions, il est ridicule de dire que le nom soit prohibé, lorsque la fonction ne l’est pas. Les Apôtres durent surtout observer les conseils, puisque c’est par leur intermédiaire que cette observation est parvenue jusqu’aux autres. Il n’est donc pas de conseil qui interdise le nom de maître, puisque les Apôtres se donnèrent eux-mêmes les noms de maîtres ou de docteurs. L’Apôtre dit, I. Tim., ch. II : « Je dis la vérité et je ne mens pas, moi qui suis le docteur des nations, dans la foi et la vérité, » et dans II. Tim. : « En quoi je suis établi le prédicateur, le docteur et le maître des nations. »

    non fiant causa ealtionis, alias enim essent docere, vel non docere, de quo non esse ab omnibus vitanda, quia quilibet tenetur consilium probatum est : sed doctores at-.elationem v ita re, sed sunt ordinata ad au- que magistros vocari, non est in nobis, sed thoritatem officii ostendendam - et ideo si­ in eis qui sic nos nominant. Non ergo pocut perfeclioni nihil d épérit, si sacerdos test sub consilio cadcre, ut non vocemur supra diaconem sedeat, et sericis ornetur magistri. vestibus, ita non obstat perfection!, si quis Item, cum nomina sint imposita adsigmagistralibus insigniis u ta tu r, et hoc est, nifîcandum res., ridiculum est dicere, quod quod dicit quædam Glossa super illud nomen sit prohibitum, cum res non sit Matth. XXIII : « Amant primos recubi­ interdicta. Item, consiliorum observatio tus. » «Magistros, inquit, primos sedere non maxime ad Apostolos pertinuit, quibus vetat, sed eos arguit, qui hæc habita, vel mediantibus ad alios pervenit. Magistri non habita appetunt. » Adhuc autem est ergo nomen nullo consilio est interdiclum, magis ridiculum dicere, quod et si absti- cum ipsi Apostoli seipsos m agistros, et nerc à docendo sub consilio non cadat, doctores nominaverunt I. Tim., II : « Veabstineve tamen à magisterii nomine sub ritatem dico, non mentior, doctor genconsilio cadit. Non enim potest esse præ­ tium in fide et veritate ; » II- Tim.j I: «In ceptum, vol consilium de eo quod non est quo positus sum ego prædicator, et Apoin nobis, sed in alio. In nobis quidem est stolus > et magister gentium. »

    4° II nous reste à prouver que les paroles du Seigneur : « Ne veuillez pas être appelés maîtres, » ne renferment point un conseil, mais bien un précepte, auquel tous les hommes sont tenus, et que ce ne sont ni l’acte d’enseigner, ni le nom de maître qui sont prohibés, mais l’ambition de la maîtrise ; ce qui fait que lorsqu’il ajoute : « Ni maîtres; » le commentaire dit : « Ne convoitez pas d’être appelés; » il n'interdit pas toute espèce de désire, mais seulement le désir déréglé, comme le prouvent les paroles de la Glose, citées plus haut, et parce qu’il avoit aussi parlé d’abord des désire effrénés des Pharisiens, disant : « Ils aiment les premières places, etc. » On peut cependant, d’après le commentaire, l’entendre dans un autre sens, et c’est aussi ce que prouve ce qui entoure la lettre elle-même. Le Seigneur prohibe en effet, en même temps et au même endroit, le nom de père et de maître, parce que nous n’avons qu’un seul Père qui est dans le ciel, et qu’un seul maître qui est Jésus-Christ. Dieu, comme le dit en effet la Glose au même endroit, « par nature est père et maître. » L’homme n’est appelé père, que par indulgence, et maître, par ministère. Le Seigneur défend d’attribuer à quelque homme que ce soit, l’autorité de la vie naturelle ou spirituelle, ou même de la sagesse. Le commentaire dit de là : « Pour vous, ne désirez pas d’être appelé maître, de peur que vous n’ayez la présomption de vous attribuer ce qui est dû à Dieu; n’appelez pas non plus les autres maîtres, de peur de transporter aux hommes l’honneur divin. » Il est dit à cette occasion, dans un autre commentaire, «que l’on doit donner à quelqu’un le nom de père, pour honorer son âge, et non pas parce qu’on le considère comme auteur de la vie. » On honore le maître pour ses rapports avec le maître véritable, comme son messager et par respect pour celui qui l’a envoyé. Ainsi donc, il demeure établi que le Seigneur n’a pas prohibé simplement par conseil ou par précepte, le nom de père ou de maître; autrement comment les saints Pères eussent-ils souffert que ceux qui président dans les monastères, fussent appelés abbés, c’est-à-dire pères? Comment aussi le vicaire de Jésus-Christ qui doit être un modèle de perfection se laisserait-il appeler, pape, c’est-à-dire, père? Saint Augustin et saint Jérôme appellent fréquemment papes, c’est-à-dire pères, les évêques auxquels ils écrivent. Il est donc tout-à-fait ridicule de soutenir que, ce que l’on dit : « Ne désirez pas d’être appelés maîtres, » soit un conseil. En admettant même que ce soit un conseil, il ne s’ensuit pas que tous les hommes parfaits y soient tenus. Ceux en effet qui font profession de perfection, ne sont pas tenus à tous les conseils, il ne sont tenus qu’à ceux auxquels ils s’obligent par vœu; autrement les Apôtres qui étoient dans l’état de perfection eussent été tenus à cette surérogation qu’observoit Paul, et qui faisoit qu’il ne rccevoit rien des Eglises auxquelles il adressoil la parole, et ils eussent péché, vu qu’ils ne l’observoient pas; c’est ce que prouve ce qui se lit, I. Cor., ch. IX. Il suivroilaussidclà une certaine confusion des religions, si toutes étoient tenues à toutes les surérogations et à tous les conseils. Tout ce qu’une religion feroil par surérogation, les autres seroient aussi obligées de le faire, ce qui fait qu’il n’y auroit plus entre elles de distinction, chose fort désagréable. Donc, toutes les personnes parfaites ne sont pas obligées à tous les conseils, mais seulement à ceux auxquels elles s’obligent par vœu.

    2° Quant à ce qu’ils disent, les moines ont pour objet de pleurer et non d’instruire, c’est une assertion qui ne vient nullement à leur appui ; car comme saint Jérôme le montre ici, il convient au moine, par là même qu’il est moine, de faire pénitence et non d’instruire comme le prétendoient, par présomption, ceux desquels nous avons précédemment parlé, qui vouloient enseigner parce qu’ils étoient moines, peut-être aussi a-t-il l’intention d’établir que l’état du moine ne l’oblige pas à enseigner. C’est là le sens de la preuve de saint Jérôme, dans sa lettre contre Vigilance. Mais de ce que le moine n’est pas obligé d’office d’enseigner, il ne faut pas en conclure qu’on ne peut pas lui en confier le soin, de même que l’on ne doit pas conclure, de ce que la fonction de sous-diacre n’oblige pas de lire l’Evangile, que l’on ne peut confier ce soin à celui qui a reçu cet ordre; c’est ce que dit Gratien, XVIe Quest., ch. I, Superiori. Saint Jérôme a donc voulu distinguer entre la personne du moine et celle du clerc, indiquant ce qui convient à chacun par office. Autre chose en effet est ce qui convient à chacun, parce qu’il est moine, autre chose, ce qui lui convient, parce qu’il est clerc. Il doit, en vertu de son état de moine, pleurer ses- péchés et ceux des autres, il peut être comme le clerc, chargé d’enseigner et de paître le peuple. On comprend aussi par là, le sens du chapitre cité plus haut, dans lequel Gratien, traitant cette question parle de la science, de la prédication, qui concerne surtout les évêques, et non de la doctrine scholastique, à laquelle se livrent peu les évêques,.ce qui fait que cette objection tombe dans l’équivoque.

    3® Etant donné qu’il ne soit pas permis aux moines d’enseigner, on ne peut pas en conclure que les chanoines réguliers ne paissent pas le faire, vu qu’on les compte au nombre des clercs, desquels parle saint Augustin, dans son discours sur la vie commune des clercs, et comme il est écrit, XIIe Quest., ch. I, JSetno : « Celui qui aura ou qui voudra avoir quelque chose en propre et en vivre, il ne vaut pas la peine que j ’en parie, il ne demeurera pas avec moi, il ne sera pas même clerc. » Ces paroles prouvent que ceux qui vivoient sous le bienheureux Augustin, n’avoient rien en propre pour vivre et étoient comptés au nombre des clercs. Bien que, par la suite, saint Augustin ail révoqué cet interdit général, qu’il avoit porté, à savoir que personne ne mus inducit hoc in epislola contra Vigi~ Gratianus loquitur in illa quæst. de doctrine lantium. Non autem sequitur, si monachus prædicationis, quæ ad prælatos pertinet, pourvoit être clerc, s’il ne vivoit sans rien posséder en propre, il n’a pas pour cela révoqué que ceux qui vivoient sous lui sans rien posséder, fussent clercs, comme le prouve le chap. Certe ego sum, quœst. eadem.

    4° Quant à ce qu’ils objectent, que l’on considère les chanoines régulière et les moines, comme étant sur la même ligne, il faut l’entendre de tout ce qui est commun à toutes les religions ; tel que, vivre sans bien propre, s’abstenir de commerce, ne pas avocasser, etc. Autrement, on pourroit également conclure, que les chanoines réguliers ne devroient pas porter de vêtements de lin, parce que les moines ne doivent pas en porter. Les religieux, dont la religion a pour but d’instruire, à plus forte raison doivent-ils le faire, quand même les moines ne le pourroient pas ; comme il est permis aux templiers de faire la guerre, chose qui ne l’est pas aux moines.

    5° Quant à ce qu’ils objectent, que le vœu de religion s’oppose à ce que l’on prenne la charge de maître, plusieurs raisons démontrent la fausseté de cette assertion. Les religieux en effet, par le vœu de religion, ne renoncent pas au monde de telle façon, qu’ils ne puissent pas user des choses du monde, ils renoncent à la vie mondaine, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas se livrer à ce que fait le monde. Il suit de là, qu’ils sont dans le monde, en tout qu’ils usent des choses du monde, mais ils ne sont pas du monde, en tant qu’ils sont libres des, actions du monde. C’est pourquoi il n’est pas contre le vœu de se servir des richesses du monde et même quelquefois de partager ses plaisirs; autrement, toutes les fois qu’ils s’assoieroient à une table richement servie, ils pécheroient mortellement, ce que l’on ne peut pas dire. Donc, leur vœu ne défend point de jouir parfois des honneurs.

    6° Ce ne sont pas les seuls religieux qui sont tenus de renoncer au monde dans le sens qu’on l’entend ici, mais cette défense s’étend à tous les hommes, comme le prouvent les paroles suivantes de saint Jean : « Si quelqu’un aime le monde, la charité du Père n’est pas en lui, parce que tout ce qui est dans le monde, >; ajoute le commentaire, etc. Tous ceux qui aiment le monde ne possèdent donc rien que ces trois choses qui renferment tous les genres de vices. Il résulte de là que ce ne sont ni les richesses, ni les délices de la vie que l’on dit appartenir simplement au m onde, mais le désir sans frein de ces mêmes richesses et de ces plaisirs ; et ainsi ce n ’est pas aux seuls religieux, mais à fous les hommes, qu’est interdit non pas l’honneur, mais l’ambition de l’honneur. Le commentaire dit : « Là est- l’orgueil de la vie, c’est-à-dire toute ambition du monde. »

    7° Etant donné que l’on comprenne l’honneur comme appartenant simplement au monde, on ne peut cependant pas dire cela de toute espèce d’honneur, mais seulement de l’honneur qui consiste dans les choses du monde. On ne peut pas dire, en effet, que l’honneur du sacerdoce appartienne au m onde, ni semblablement l’honneur de la maîtrise, vu que la science qui acquiert un tel honneur est du nombre des biens spirituels. Donc comme les religieux, par leur vœu, ne renoncent pas au sacerdoce, ils ne renoncent pas non plus à la maîtrise ou doctorat.

    8° Il est faux de dire que la maîtrise ou doctorat soit un honneur, car c’est une fonction qui entraîne avec elle l’honneur. En admettant même que les religieux eussent renoncé è toute espèce d’honneur, ils n’oseroient pourtant pas renoncer aux choses auxquelles est dû l’honneur, autrement ils auroient renoncé aux actions vertueuses. L’honneur, en effet, d’après le Philosophe, liv. I, Ethic., « est la récompense de la vertu. » Ce n’est donc pas une raison pour quelqu’un de s’abstenir de la maîtrise ou doctorat ; parce que le diable en trompe quelques-uns, enflés qu’ils sont par l’honneur qu’elle procure, comme il ne faut pas s’abstenir des bonnes œuvres, parce que, comme le dit et ex hoc, quod supra præmittit Joan. : j [ potest dici, quod honor sacerdotii perti- « Si quis diligit mundum, non est charitas | neat ad mundum, et similiter nec honor Patris in eo : » « quoniam omne quod est in i magisterii, cum doctrina quam connequi-' mundo, » etc. Glossa. Omnes dilectores tur talis honor, sit de spiritualibus bonis. mundi nihil habent nisi hæc tria, quibus Sicut ergo religiosi non abrenuntiant per, omnia vitiorum généra comprehenduntur : votum sacerdotio, ita nec magisterio. Item, unde patet, quod ad mundum dicuntur hoc falsum est, quod rnagisterium sit hoibi pertinere non divitiæ et deliciæ simpli­ nor : est enim officium, cui debetur honor. citer, sed inordinatus appetitus earum, et Dato etiam quod religiosi cuilibet honori sic non solum religiosis, sed etiam omnibus abrenuntiassent, non tamen abrenuntiaveinteydicitur non quidem honor, sed ambi- runt eis, quibus debetur honor, alias retio honoris. Glossa : « Ibi superbia vitæ, id nuntiassent operibus virtutum. Honor enim est, omnis ambitio sæculi. » Item, dato secundum Philosophum in 1. Ethic,. « est quod honor simpliciter ad mundum perti­ præmium virtutis. » Nec propter hoc aliquis nere intelligatur, non tamen hoc non po­ debet abstinere à magisterio, quia diabotest dici de quolibet honore, sed de honore lus aliquos inflatos honore magisterii deciqui consistât in rebus mundams : non enim p it, sicut nec à bonis operibus, quia Aussi saint Augustin, l’orgueil tend même des pièges aux bonnes œuvres pour les mortifier.

    9° Ils (Objectent encore que les religieux font profession d’une humilité parfaite. On répond à cette assertion quelle est fausse ; ce n’est pas, en effet, d’humilité qu’ils font vœu, mais bien d’obéissance. L’humilité, non plus que les autres vertus, ne tombe pas en effet sous le vœu, puisque les actes de vertu sont de nécessité, parce qu’ils sont de précepte, et que le vœu, lui, est proprement de ce qui est volontaire. La perfection d’humilité ne peut pareillement tomber sous le vœu, non plus que celle de charité, puisque la perfection d’une vertu ne vient pas de notre libre arbitre, mais est un pur don de Dieu. Mais en admettant même qu’ils fussent tenus à une humilité parfaite, il ne faut pas en conclure qu’ils ne puissent pas jouir de quelques honneurs ; de même qu’en vertu de la pauvreté parfaite dont ils font profession, il leur est défendu de posséder des richesses, parce que la possession des richesses est une chose opposée à la pauvreté ; ce n’est pas la jouissance des honneurs qui est opposée à l’humilité, mais c’est s’élever outre mesure dans les honneurs. Saint Bernard dit à cette occasion dans son livre de la Considération : « Il n’y a pas de perle plus brillante que l’humilité, à savoir dans la parure du souverain Pontife. » Plus, en effet, il domine les autres par son élévation, plus aussi son humilité le rend supérieur à lui-même. Il est écrit dans l'Ecclesiastique, chap. III : « Plus vous êtes élevé, plus aussi il faut vous humilier en tout. » Quel est celui qui oseroit dire que saint Grégoire a perdu de la perfection d’humilité, parce qu’il a été promu au comble des honneurs de l’Eglise? Ce que nous venons de dire prouve que la maîtrise ou doctorat n’est pas un honneur ; ainsi donc cette raison est de nulle valeur.

    10° A ce qu’ils objectent ensuite, on répond que saint Denis établit une différence entre les moines et les diacres, les prêtres et les évêques ; il est évident aussi qu’il parle des moines qui, aux temps de la primitive Eglise, n’étoient pas clercs, comme le prouve la XVIe Quest., I. Superiori. L’histoire ecclésiastique atteste, que les moines, jusqu’aux temps d’Eusèbe, de Zozime et de Sirice, ne furent pas clercs. D o d c, on ne peut rien conclure des paroles de saint Denis, par rapport aux moines, qui sont, ou évêques, ou prêtres ou diacres. Leur raison se tire aussi d’une fausse interprétation de saint Denis. Il donne en effet le nom d ’actions sacrées aux sacrements de l’Eglise, disant que le baptême est une purification et une illumination, mais que la confirmation et l’eucharistie sont la perfection, comme le prouve ce qui se lit, ch. IV de la Hiérarchie ecclésiastique : « Il n’y a que les ordres desquels il vient d’être parlé, auxquels il est permis de dispenser ces choses. » Or, enseigner dans les écoles, n’est point une de ces actions dont parle saint Denis; autrement personne, à moins qu’il ne fût diacre ou prêtre, n'auroit le pouvoir d’enseigner dans les écoles.

    Les moines clercs ont pareillement le pouvoir de consacrer le corps de Jésus-Christ, ce qui n’est permis qu’aux prêtres. Donc, à plus forte raison, peuvent-ils remplir les fonctions de professeur, qui ne requièrent point d’ordre sacré.

    11° Quant à ce qu’ils objectent, que personne ne peut remplir les fonctions ecclésiastiques et continuer de vivre convenablement sous la règle monastique, et par conséquent bien moins dans l’enseignement, il ne faut pas l’entendre des choses qui appartiennent à l’essence de la religion, comme le prouve l’ensemble même de la question, parce que ceux qui se livrent aux fonctions ecclésiastiques, peuvent les garder parfaitement; mais on doit l’entendre des autres observances, telles que le silence, les veilles, etc. C’est encore ce que prouve ce qui suit, dans le chapitre indiqué déjà : afin qu’il garde lui-mème, ce qu’il y a de difficile dans le monastère, celui qui chaque jour est contraint de se livrer aux fonctions ecclésiastiques. Il n’y a pas d’inconvénient à ce qu’il y eu ait quelques-uns qui s’abstiennent de ces observances régulières, pour se livrer à l'utilité commune,'par l’enseignement, comme le prouve la conduite de ceux que l’on prend pour l’épiscopat; même lorsqu’ils demeurent dans les cloîtres, il arrive quelquefois qu’on les dispense, pour des choses de ce genre, pour une raison quelconque. En outre, il y a certains religieux qui en demeurant dans leurs cloîtres, gardent ce que leur ordre a de difficile, et poursuivent néanmoins leur fonction de professeur, fonction qu’ils tiennent de la nature même de leur ordre.

    12° On répond à ce qu’ils objectent, que celui-là dépasse les bornes qui lui sont tracées, qui, comme le dit le commentaire au même endroit, s’applique à des choses qui ne lui sont pas permises. Mais on regarde comme permis ce qui n’est défendu par aucune loi. C’est pourquoi, si le religieux fait quelque chose qui ne lui est pas défendu par sa règle, il ne dépasse pas les bornes qui lui sont prescrites, bien que sa règle ne fasse aucune mention de cette action ; autrement il ne seroit pas permis à certains religieux, qui ont des règles plus larges, d’embrasser les règles et les statuts d’une vie plus parfaite ; assertion contraire à ce que dit l’Apôtre, Philip., ch. III : « Lequel oubliant ce qui étoit derrière lui, s’avançoit vers ce qui étoit devant lui. » En outre, il y a certains religieux qui, d’après l’institution même de leur ordre, ont pour objet d’acquérir de la science, ce qui fait que cette objection ne les atteint nullement.

    13° Quant à ce qu’ils objectent, que dans un collège de religieux il ne doit y avoir qu’un docteur, il est facile de voir que c’est une instituit silentium, et vigilias et hujusmodi, cedatur. Illud autem intelligitur concesquod etiam patet ex hoc quod sequitur in sum, quod- nulla lege prohibitum inveniprædicto capitulo, u l ipse districtiouem tur. Unde si religiosus aliquid faciat, quod monasterii teneat, qui quotidie in minis- non sit sibi per rugulam suam prohibitum, terio ecclesiastico cogitur deservire. A non superextendit se supra mensuram, quibus observantiis regularibus non est quamvis de illo faciendo in régula nulla inconveniens, si aliqui abstineant, ut mentio fiat, alias non liceret religiosis alintilitati communi vacent docendo, sicut quibus, qui habent régulas latiores, assupatet in illis qui ad prælationis officium as- mera sibi perfectioris vitæ consuetudines sumuntur, cum etiam in claustris manen- et statuta, quod est contra Apostolum ad tes in talihus quandoque dispensationem Philipp., III, qui « ea qui rétro sunt obliaccipiant propter aliquam causam. Et præ- viscens, ad ea quæ sunt, priora se extenterea aliqui religiosi sunt qui in claustris debat. » Et præterea aliqui religiosi sunt, suis manentes, districtionem sui ordinis qui doctrinam ex institutione sui ordinis servantes, scholastico insistunt officio, habent, et patet quod contra eos dicta obquod ex institutione sui ordinis habent. jectio non procedit.

    Ad illud quod septimo objiciunt, dicen- Quod autem adjungunt, quod in une redum, quod ille se superextendit supra ligiosorum collegio duo doctores esse non mensuram suam, ut patet per Glossam ibi­ debeant, manifeste patere potest iniquum dem, qui se extendit ultra, quam ei con- esse. Cum enim religiosi non sint minus quité ; car, comme ainsi que nous l’avons dit plus haut, les religieux ne sont pas moins humbles que les séculiers, ils ne doivent pas, en ce qui concerne l'instruction, être d'une condition pire que la leur. Mais elle le seroit d’après ce qui vient d’être dit, puisque plusieurs religieux n’auroient pas plus de facilité de parvenir au doctorat qu’un seul séculier, qui étudicroit en particulier et par lui-même; lui à qui il seroit possible, pourvu qu’il eût assez de science, d’obtenir le titre de docteur. On peut aussi d ire, qu’en faisant cette position aux religieux, on entraveroit chez eux le progrès des études ; car, de même que si l’on enlevoit à celui qui combat la récompense de la bataille, on entraveroit la bataille elle-même, parce que, comme le dit le Philosophe, III. liv., Eth. : « Les hommes, chez lesquels ceux qui sont courageux sont honorés, et ceux qui sont timides sont déshonorés, semblent être de valeureux combattants; de même, si l’on.enlève à celui qui étudie le titre de docteur, qui est la récompense de son travail, c’est entraver l’étude.

    On peut encore dire que si, après que quelqu’un auroit fait des progrès dans l’étude, on lui refusoit le doctorat, on considérerait ce refus comme un. châtiment pour lui. Par conséquent, s’il est plus difficile à un religieux qu’à un autre d’obtenir le titre de docteur, par le fait qu’il est en religion, c’est le punir à cause de son état; ce qui est punir les hommes pour le bien, chose vraiment inique.

    Il faut donc dire, par rapport à ce qu’ils objectent en premier lieu, que cette autorité ne concerne pas plus les religieux que les séculiers. Sous le nouveau Testament, en effet, tous les chrétiens sont appelés frères, ce qui est une chose évidente par elle-même; le collège ou réunion des chrétiens, quels qu’ils soient, s’appelle Eglise. L’autorité citée cependant n’interdit pas aux religieux, non plus qu’aux séculiers, d’être plusieurs docteurs, parce que, comme le dit saint Augustin, « on dit qu’ils sont plusieurs docteurs, ceux qui enseignent des choses opposées, et ils sont plusieurs qui enseignent, mais il n’y a qu’un maître dans le cas contraire; » ce qui fait que ce n’est pas la pluralité des docteurs qui est défendue, mais leur opposition ; ou d'après la lettre, il est plutôt défendu de ne pas prendre indifféremment qui que ce soit pour enseigner; on doit choisir des hommes discrets et instruits dans les Ecritures, comme le dit encore le commentaire, et c’est là le propre du petit nombre. Il est dit dans un autre commentaire, « que cette autorité éloigne de la fonction de la parole, ceux qui ne sont pas instruits du verbe de la foi, de peur d’entraver les vrais prédicateurs, » ou qu’elle parle du doctorat qui convient aux prélats des églises ; » car un seul prélat ne peut pas être chargé de plusieurs églises, de même, qu’une seule église ne peut pas en avoir plusieurs. C’est pour cela que le commentaire dit : « Que Votre désir ne soit pas d’être plusieurs maîtres ou docteurs, dans une même église, ni un seul dans plusieurs; » c’est-à-dire plusieurs évêques, eux qui seuls sont les maîtres des églises. Ce n’est pas en effet celui qui enseigne dans un collège, qui est maître de l’église, bien que le collège auquel il appartient, porte le nom d’église.

    Il faut répondre à leur seconde objection, que s’il y a plusieurs maîtres dans un collège, ils ne président pas à ce collège, comme le pilote dans un navire, ou le chef parmi les abeilles ; mais seulement que chacun préside dans sa classe. L’autorité précitée est donc loin de prouver ce qu’on veut lui faire prouver, elle établit seulement qu’il ne peut pas y avoir plusieurs maîtres dans une classe.

    A leur troisième objection, on répond que, par là même que, dans un collège de religieux, les maîtres sont nombreux, ce n’est pas ce qui exclut les séculiers de la science; car, quoique les collèges religieux soient nombreux, on ne trouve pas toujours dans chaque collège religieux plusieurs homines aptes à instruire; comme il n’est pas ut Augustinus dicit : « Multi magistri dicuntur : non enim qui de aliquo collegio cuntur, qui contraria docent, et multi do- docet, ecclesiæ magister est; quamvis centes unus magister sunt, » et sic con- collegium de quo est ecclesia, dicatur. » trarietas, non piuralitas doctorum prohi- Ad secundum dicendum, quod plures betur : vel magis secundum litteram pro- magistri, qui sunt de une collegio, non hibetur, ut non quilibet indifferenter ad præsunt illi collegio sicut rector in navi, magisterium assumatur, sed discret! et in vel principes in- apibus, sed sicut unus-Scripturis edocti, ut dicit Glossa, et hoc quisque præest in sua scola : unde per aupaucorum est. Et alia Glossa dicit, quod thoritatem prædictam non potest probari, « non eruditos in verbo fidei ab officio quod intendunt, sed solum quod in una verbi removet, ut non impediat veros schola non possunt esse plures magistri. prædicatores. » Vel loquitur de magisterio, Ad tertium dicendum, quod per hoc quod quod competit prælatis ecclesiarum. Pro- in une religiosorum collegio multiplicanhibetur en im, ne unus pluribus ecclesiis, tu r plures m agistri, non excluduntur sæaut plures uni ecclesiæ præsint, unde Glos­ culares à doctrina quamvis sint multa resa : « In pluribus ecclesiis, aut plures in ligiosorum collegia : quia non semper de una ecclesia ne velitis esse m agistri, id quolibet religiosorum collegio inveniuntur est, præ lati, qui soli sunt ecclesiarum ma­ plures ad docendum idonei, sicut nec ali- défendu à quelqu’un d’enseigner, par cela qu’il peut y avoir dans un diocèse autant de maîtres que l’on trouve d’hommes qui en sont dignes; pour,la même raison, il arrive que si même l’on en trouve plusieurs qui soient aptes à le faire, il faut choisir parmi eux ceux qui sont le plus aptes, soit qu’ils soient religieux ou séculiers et cela sans acception de personne. Ce n ’est pas le grand nombre de maîtres, qui fait mépriser l’Ecriture sainte, s’ils sont capables ; ce qui surtout la fait mépriser, c’est leur incapacité, quand même ils seroient peu nombreux. C’est pourquoi il ne convient nullement de déterminer le nombre des docteurs, de peur d’exclure par là ceux qui sont les plus dignes d’enseigner.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Contre ceux qui combattent le culte de Dieu et la religion

    33 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.