Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Constitutions des religieuses de Notre-Dame de Charité · Saint Jean Eudes

    Constitution III : De l’Office divin

    Une des plus saintes occupations des Soeurs, est de réciter ou de chanter les louanges de Dieu. Cet exercice leur est commun avec les Anges, avec les Saints, avec la bienheureuse Vierge, et avec leur divin Époux et leur très adorable Chef qui est Jésus, lequel, non seulement dans le ciel, où il est assis à la droite de son Père, mais aussi dans la terre, où il est avec nous dans le très saint Sacrement, loue, adore et glorifie sans cesse son Père éternel. C'est pourquoi elles tâcheront de faire cette action saintement.

    Et parce que leur premier et principal emploi est de travailler selon leur Institut au salut des âmes, afin qu'elles aient plus de temps et de forces pour y vaquer, elles ne seront obligées qu'au petit Office de Notre-Dame. Mais en le récitant ou chantant, elles s'efforceront de « prononcer nettement et distinctement toutes les paroles », en sorte que l'on puisse entendre facilement tout ce qu'elles disent; comme aussi « d'observer les pauses, médiantes et accents; de modérer tellement leurs voix, les ajustant les unes aux autres », qu'on n'entende rien de discordant; de n'anticiper point les versets, attendant que l'un soit entièrement achevé, pour commencer l'autre; de composer leur maintien extérieur le plus modestement qu'elles pourront; et surtout d'y apporter tout le recueillement et la dévotion intérieure qui leur sera possible, et de n'user point de fredons ni d'autres choses semblables, mais chanter rondement, gravement et pieusement.

    de musique 53 dans leur choeur, ni ne l'apprendront point, non plus qu'à jouer d'aucun instrument quel qu'il soit.

    « Elles seront promptes au son de la cloche pour aller au choeur, où elles s'achemineront avec gravité et modestie, et y entreront avec respect vers la majesté de Dieu, qui y est aussi présent que dans le ciel. Et y étant, après avoir fait la génuflexion et l'adoration devant le Saint-Sacrement, elles prendront leurs places paisiblement et sans faire bruit, et n'y parleront point les unes avec les autres, sinon pour des choses urgentes; et lors elles parleront fort bas, et en peu de mots. Elles ne sortiront que pour des causes pressantes; et l'office fait, aucune ne se remuera, que le signe ne soit donné pour s'en aller.

    « Si quelqu'une fait quelque faute qui se puisse réparer, celles qui s'en apercevront, la répareront doucement et, s'il se peut, insensiblement, comme par exemple, si celles qui commencent les Psaumes avaient pris l'un pour l'autre, les autres qui s'en apercevront, sans faire semblant de cela, reprendront le Psaume laissé, le poursuivant sans empressement; mais celle qui aura fait quelque faute notable, demandera par après pardon à la Supérieure, en esprit d'humilité et de soumission. Et parce que l'esprit humain prend bien souvent des secrètes complaisances en ses propres inventions, même quand c'est sous prétexte de piété ou de dévotion, et qu'il arrive souvent que la multitude des offices empêche l'attention, l'allégresse et la révérence avec laquelle on les doit faire, il ne sera loisible, sous quelque prétexte que ce soit, de se charger d'autres offices ou prières ordinaires, que de celles qui sont marquées en ces Constitutions et au Directoire. Car ainsi les Soeurs auront plus de moyen de dire et de chanter l'office avec la gravité et le respect qui est dû à une telle action.

    « Les Soeurs domestiques ne manqueront point d'assister à la sainte Messe tous les jours, tant que faire se pourra; et aux Fêtes, elles assisteront encore à tous les offices, en quelque lieu où elles n'interrompent point les Soeurs choristes, ni ne leur causent point de distraction, s'il leur fallait entrer ou sortir. Elles ne seront point obligées à la récitation de l'office; mais celles qui ne savent point lire, au lieu de Prime, Tierce, Sexte et None, elles diront au matin douze Pater et Ave, et une fois le Credo; au lieu des Vêpres et Complies, sept Pater et Ave; et pour Matines et Laudes, dix Pater et Ave; et celles qui sauront lire diront le petit Office du très saint

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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