Vie et mort de sœur Thérèse-Marie de Liguori · Alphonse de Liguori
I : Sa vocation à l'état religieux
SUR LA VIE ET LA MORT LA. SERVANTE DE DIEU SOEUR Ï H É R È S E - MARIE DE LIGUORI
BELIG IE rSB ATJ VENERABLE MONASTERE DU S. SACREMENT,.
A NAPLES, DE t ’ oKDBE DE SAINTE MARIE-MADELEINE
DE FAZZI, ET DECEDEE EN 1724.
Sa vocation à l’état religieux.
Sœur Thérèse-Marie de Liguori reçut le jour de D. François de Liguori, et de D. Virginie Raitano, princes de Présiccio. Dès son enfance, elle fut élevée à Naples, au vénérable monastère du SS. Sacrement» de l ’ ordre de Sainte Marie-Madeleine de P n z z i, dans lequel l ’observance régulière fleurit à l’édification générale. Sœur Thérèse, nommée alors D. Thérèse à l’âge de seize ans, quoique douée d’ une foule d’avantages naturels qui la rendaient agréable au monde, avec la perspective d’une dot considérable, résolut courageusement de se consacrer à l’amour du divin époux, en embrassant l’état religieux; mais elle quitta ce couvent, dont nous avons déjà p arlé, el résolut d’entrer dans un autre, à raison des inquiétudes qu’ une de ses tanles donnait à son sujet, à toute cette communauté. Mais tandis qu’elle s’occupait sérieusement à faire un choix, lisant un jour chez son père le livre d’or de Thomas à Kempis, elle tomba sur ces mots : en tous lieux vous trouverez votre croix. Sœur Thérèse, éclairée tout-à-coup d’une lumière d’en haut, se fit l’ application de ces paroles, et s’adressant à la femme de chambre, occupée à tresser ses cheveux : « E c o u le z, lui dit-elle, ce que je viens «de lire. » Puis, lui en ayant donné lecture, elle ajouta: « Ainsi, je ne dois pas changer de couvent, et je dois « porter la croix que le Seigneur m ’envoie. » C ’est ce qu’elle fit en effet, en se mettant en mesure de sortir aussitôt de l ’Egypto et d’entrer au S. Sacrement.
Pendant qu’elle habitait la maison de son père, bien qu’on l’invitât très souvent d’aller au théâtre, de fréquenter les sociétés et de prendre part aux autres divertissements de ce genre usités dans le monde, elle s’en excusa constamment, et évita de s’y trouver. Sa mère désirait que, le jour de sa profession, elle se revêtit d ’ un habit somptueux; mais elle, qui avait déjà renoncé à toutes les pompes et à toutes les vanités du monde, ne voulut point y consentir. Pour ce qui est de la rente qu'elle se ré serva, suivant l'usage du couvent, on lui reprocha de ne pas l’avoir stipulée plus considérable, pour pourvoir à ses agréments particuliers ; mais elle ré pondit généreusement: «Si j ’avais cherché à satisfaire mes goûts, je ne me serais point faite religieuse. » Oh I que n’ont-elles cette excellente disposition, toutes les jeunes personnes qui embrassent l’ état religieux! Enfin le jour de la solennité quand toutes les cérémonies d’usage furent accomplies dans l’église, elle se dirigea vers la porte du couvent d’un pas si rapide, que les dames qui l ’accompagnaient ne pouvaient la rejoindre.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.