Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Stations sur le Calvaire pendant la Messe · Alphonse de Liguori

    Stations sur le Calvaire pendant la Messe

    Mon âme est triste jusqu'à la mort, m o n s a n g d é c o u l e d e m o n c o r p s a v e c tant d'abondance, que la terre en est arrosée. Je suis réduit à l'agonie. Apprenez quelles sont les causes de l'affreux état où vous me voyez. C'est la vue des horribles tourments que je vais endurer ; c é s o n t v o s p é c h é s ; ce sont l'amour dont je vous aime et votre insensibilité à mon amour.

    L'AME FIDELE.

    C'est moi qui suis coupable, c'est moi qui dois souffrir; ce n'est pas vous, ô Jésus ! qui êtes innocent, qui êtes le juste par excellence. Jemerepensamèl'éternité. miséricorde pécheurs.

    DEUXIÈME STATION. JÉSUS PROSTERNÉ. Confiteor. JÉSUS-CHRIST. iniquités, verserai expier, reconnaîtrez-vous coupable détestez-vous

    ma faute, c'est uniquement par ma faute que j'ai péché. Je voudrais pouvoir mourir de douleur d'avoir offensé un Dieu infiniment digne d'être aimé infiniment. Pardon, miséricorde ! Je veillerai et prierai sans cesse pour ne point succomber à la tentation. Je suis si faible, si remplie de malice ! aidez-moi sans cesse, ou je vous abandonnerai, je vous renierai, je vous trahirai. Par votre sainte Passion, etc.

    TROISIÈME STATION. A JÉSUS LIÉ.

    Lorsque le Prêtre monte à Vautel.

    JÉSUS-CHRIST.

    Judas est un de mes douze disciples ici ? C'est pour me trahir ; il me trahit par un baiser perfide. En vain je l'appelle du doux nom d'ami, afin qu'il reconnaisse sa faute et que je puisse lui pardonner. Tourmenté par le remords, il avoue qu'il a péché, mais il se donne la mort par désespoir ; quelle profonde plaie il fait à mon cœur !

    L'AME FIDELE.

    O mon Dieu, où ne conduit pas une passion dont on se rend esclave ! — Hélas ! n'ai-je point imité votre perfide j apôtre, en m'approchant de votre table sainte, étant votre ennemi ? — Mon divin Maître, j'ai péché ; mais quelque grande que soit mon iniquité, j'espère en vous parce que je me repens de mes péchés, que je regrette l'outrage que je vous ai fait, et que vous êtes le Père des miséricordes. Par votre sainte Passion, etc.

    JÉSUS-CHRIST.

    On me lie comme si j'étais un scélérat ; quel mal ai-je donc fait ? Mes ennemis auraient-ils ce pouvoir, si je ne le leur donnais ? De deux paroles je viens de les renverser, pour leur montrer quelle est ma puissance. — Je veux vous délivrer de l'esclavage du péché, rompre les chaînes de vos passions. Je veux vous attirer à moi par les liens de ma charité.

    L'AME FIDÈLE.

    O mon Sauveur, je vous en conjure, rompez mes liens, rompez les liens par lesquels je tiens aux vanités de ce monde et à moi-même. Attachez-moi à vous. Faites que je vous sois toujours intimement unie par les douces chaînes d'un amour pur et sans bornes. Par votre sainte Passion, etc.

    A l'Introït. JÉSUS-CHRIST.

    On me met un bandeau sur les yeux, comme si par là on pouvait m'empêcher de voir; on me frappe en me disant :

    « Prophétise, dis-nous quel est celui qui t'a frappé! » Je reçois des soufflets, mon visage est couvert de crachats ; je suis véritablement l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple. En voyant le Roi de gloire rassasié pour vous d'opprobres, serez-vous toujours si sensible au point d'honneur? exigerez-vous des déférences? ambitionnerez-vous toujours les postes élevés?

    L'AME FIDÈLE.

    Mon doux Sauveur, je vous fais amende honorable pour les outrages

    SIXIÈME STATION. JÉSUS RENIÉ PAR SAINT PIERRE.

    Au Kyrie eleison et aux Oraisons,

    JESUS-CHRIST.

    Pierre, le premier de mes apôtres, celui que j'avais nommé leur chef, lui qui avait protesté hautement que, quand tous les autres seraient scandalisés à mon sujet, il ne m'abandonnerait point, qu'il préférerait la mort, Pierre me renonce ; à une simple question que lui fait une servante, il jure qu'il n'est pas un de mes disciples, qu'il ne me connaît pas; il l'atteste trois fois avec serment: mais il ne persévère pas comme nez promptement à moi, et servez-moi ensuite avec plus de ferveur.

    L'AME FIDELE.

    O mon divin Sauveur! je n'ose pas vous dire que je ne vous abandonnerai jamais, ma faiblesse est extrême ; mais je sens que je vous aime, et je ne veux jamais cesser de vous aimer. Ne permettez point que je renonce jamais à votre amour ; faites que je vous dise sans cesse : Vous savez que je vous | aime. Par votre sainte Passion, etc.

    JÉSUS-CHRIST.

    Souverain juge de l'univers, on me conduit devant des juges qui ont résolu ma mort. Pour en imposer au peuple, ils m'interrogent touchant mes disciples et ma doctrine, ils entendent de faux témoins, et ils concluent que j'ai blasphémé et que je suis digne de mort, parce que, interrogé si j'étais le Fils de Dieu, j'ai répondu que je l'étais. — Combien de fois n'avez-vous pas écouté la voix de vos passions? Souvenez-vous sans cesse que vous paraîtrez un jour à mon tribunal, et que je vous rendrai selon vos œuvres.

    L'AME FIDELE.

    O mon Sauveur! ce ne sont pas mes passions que je consulterai, c'est vous

    HUITIÈME STATION. PILATE. A l'Épître. JÉSUS-CHRIST.

    Je suis présenté à Pilate. Les Juifs lui disent que, si je n'étais pas un criminel, ils ne m'auraient pas livré entre ses mains; ils m'accusent de pervertir leur nation, d'empêcher de payer le tribut à César, et de me dire roi. —- Ai-je agi en méchant, moi qui ai tout bien fait, et qui n'ai fait que du bien! La doctrine céleste que j'ai prêchée se résume en l'amour de Dieu et du prochain. J'ai dit expressément : Rendez à César ce qui appartient à César, et j'ai pris plusieurs fois la fuite de peur qu'on ne me connaître.

    L'AME FIDELE.

    O mon Sauveur ! vous êtes la bonté même, et vous avez été infiniment bon à mon égard. Enseignez-moi à aimer Dieu, et à aimer mon prochain pour Dieu. Régnez en moi. Je veux vous rendre ce qui est dû à celui qui est mon Dieu. Par votre sainte Passion, etc.

    NEUVIÈME STATION. A JÉSUS CHEZ HÉRODE. A l'Évangile. JÉSUS-CHRIST.

    Pilate ne découvre en moi rien de criminel, et, au lieu de m'absoudre, il me renvoie à Hérode pour être jugé ! à leur dérision, et je suis renvoyé à Pilate, revêtu d'un vêtement par lequel on manifeste qu'on ne me regarde que comme un insensé.

    L'AME FIDÈLE.

    O mon Sauveur! vous êtes la Sagesse incréée, vous êtes les paroles de la vie éternelle, et on vous traite d'insensé ! C'est la sagesse du monde qui est une véritable folie: j'y renonce; donnez-moi la véritable sagesse; je la désire afin de me conduire d'une manière qui soit agréable à vos yeux. Par votre sainte Passion, etc.

    JÉSUS-CHRIST.

    Pilate dit au peuple qui demandait la délivrance d'un prisonnier pour la fête de Pâques : « Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre, Barabbas ou Jésus? » Ainsi je suis mis en parallèle avec un malfaiteur, et ce malfaiteur m'est préféré ! Le peuple répond : « Nous ne voulons point de Jésus, donnez-nous Barabbas. » Pilate demande ce qu'il fera donc de moi, et le peuple crie : « Crucifiez-le!, qu'il soit crucifié! » — Quand vous avez péché mortellement, avec qui m'avez-vous mis en parallèle? Qui m'avez-vous préféré? Le voici : vous m'avez préféré le monde, vos passions, le démon; vous avez demandé ma mort, vous avez consenti au châtiment que mérite la mort d'un Homme-Dieu. Quels sont vos sentiments?

    si je pouvais avoir pour vous un amour infini ! Dieu de bonté, pardonnez à la vivacité de ma douleur. Je ne vous préférerai jamais rien. Je ne désire plus que vous. Que votre sang ne crie point vengeance contre moi, mais qu'il coule sur moi pour purifier mon cœur brisé de repentir de vous avoir offensé. Par votre sainte Passion, etc.

    ONZIÈME STATION. A JÉSUS FLAGELLÉ. A l'Offertoire. JÉSUS-CHRIST.

    Pilate ordonne que je sois flagellé. Conduit aussitôt dans le lieu destiné à cette exécution, je suis dépouillé honteusement, lié étroitement à la colonne Père qui se venge. Ils entendent de toutes parts ce cri : Frappe! Frappe! et ils obéissent. — Qui a pu compter les coups que j'ai reçus? Voyez en quel état est votre Sauveur. Je suis maintenant sans beauté et nullement reconnaissable. Depuis la plante des pieds jusqu'au] sommet de la tête, il n'y a rien de sain en moi. Mon corps est tellement déchiré, qu'on peut compter tous mes os. C'est une plaie affreuse qui le couvre entièrement. Pourquoi ai-je voulu endurer un supplice si ignominieux et si cruel ? C'est pour expier vos immortifications, votre mollesse, vos immodesties scandaleuses, vos impuretés. N'y renoncerez-vous pas ? N'en concevrez-vous pas une très grande horreur? Ne condamnerez-vous pas à la pénitence des membres que vous avez fait servir au vice, quoiqu'ils me soient consacrés?

    meurs pas de douleur de vous avoir ainsi traité ? Non, je ne serai plus à l'avenir idolâtre de ce corps de boue et de péché qui doit retourner en poussière. Je châtierai tous les jours par la mortification cette chair criminelle pour laquelle j'ai sacrifié souvent mon âme qui vous est si chère. Me voici préparée à recevoir vos châtiments; châtiez-moi; mais que ce soit en père tendre. Par votre sainte Passion, faites, etc.

    DOUZIÈME STATION. A JÉSUS CONDAMNÉ A MORT. A la Préface. JÉSUS-CHRIST.

    Je suis le Roi des rois, et on me traite comme un roi de théâtre. On me déservir de manteau royal. On enfonce à grands coups redoublés sur ma tête une couronne de longues épines aiguës qui font aussitôt ruisseler le sang sur mon visage. Un roseau m'est mis à la main en guise de sceptre. Assis en cet état sur un trône d'ignominie, on fléchit le genou devant moi par dérision, en me disant : Salut au roi des Juifs. Ces railleries sacrilèges sont suivies de toutes sortes d'iniquités. — J'ai voulu expier par là vos vanités, votre orgueil, votre ambition.

    L'AME FIDÈLE.

    O mon Jésus ! oui, vous êtes mon Roi et mon Dieu; vous êtes un Roi plein de douceur : je m'attache pour toujours à vous, pour vous servir; daignez régner éternellement dans mon cœur ; je renonce aux vices pour les-

    TREIZIEME STATION. A JÉSUS COURONNÉ D'ÉPINES. Au Mémento des vivants. JÉSUS-CHRIST.

    C'est dans cet état que Pilate ose me présenter au peuple en lui disant : Voici l'Homme. N'ai-je pas raison de dire par la bouche du Prophète que je suis un ver de terre plutôt qu'un homme ; que je suis l'opprobre des hommes et le rebut du peuple? Un spectacle si attendrissant ne touche point le cœur de ce peuple endurci. Il persiste à demander qu'on me crucifie, et Pilate, craignant d'encourir, avec l'inimitié des Juifs, la disgrâce de César, m'abandonne à mes ennemis baptisé du baptême de mon sang; mais souvenez-vous que vous avez souscrit à cette sentence par vos péchés. Toutes les fois que vous avez péché mortellement, vous avez condamné à mort le Fils de Dieu.

    L'AME FIDÈLE.

    O mon très aimable Sauveur ! je reconnais que j'ai mérité autant d'enfers que j'ai commis d'iniquités, et vous seul en savez le nombre. De quel front osé-je lever les yeux vers vous, en pensant à l'indignité de ma conduite ! Mais puisque vous consentez à mourir pour moi, je supplie votre infinie bonté d'effacer la sentence de mort éternelle qui serait exécutée depuis longtemps, si vous n'aviez pas été si miséricordieux à mon égard. Je déteste, pour votre amour, tous mes péchés. Je pré-

    QUATORZIÈME STATION. A J É S U S C H A R G É D E SA CROIX. A l'Élévation. JÉSUS-CHRIST.

    Dès que la sentence a été prononcée, on se hâte de me revêtir afin qu'on puisse me reconnaître à mes vêtements. On me présente une croix; ah! avec quel amour je l'embrasse ! Mais, épuisé par la grande quantité de sang que j'ai répandue, je succombe sous la pesanteur du fardeau de ma croix, que vos péchés rendent si accablant. Les bourreaux me frappent en me maudissant, pour ranimer mes forces; je me relève, et à peine relevé, je retombe. On force un étranger, qui se trouve pré- — Gémissez sur vos promptes et fréquentes rechutes dans le péché. Regardez les croix dont je vous charge comme de précieuses faveurs, et portez-les à ma suite avec joie, en esprit de pénitence.

    L'AME FIDÈLE.

    O mon Jésus ! je voudrais verser des larmes de sang sur tant de péchés qui ont pénétré votre adorable cœur d'une douleur si vive. Je vous promets de ne plus pécher; mais, hélas! ne violerai-je pas encore bientôt mes saintes pro- i messes? Assistez-moi continuellement de votre secours ; fortifiez-moi, animez-moi sans cesse, afin que je ne vous offense plus ni mortellement ni véniellement avec réflexion, et afin que toutes j mes croix servent à mon salut par le saint usage que j'en ferai. Par votre sainte Passion, faites, etc.

    Au Mémento des morts. JÉSUS-CHRIST.

    Quelle source d'amertume pour mon cœur et pour celui de ma Mère, lorsque j'aperçus qu'elle m'accompagnait, et lorsqu'elle me considéra chargé de ma croix, lorsque nos yeux se rencontrèrent ! Mes souffrances la tourmentaient cruellement, et le tourment que je lui occasionnais perçait mon âme. Quelle compassion n'avais-je pas pour cette tendre mère ! quelle compassion n'avait-elle pas pour moi, son Fils et son Dieu! — Quel cœur avez-vous si vous ne compatissez pas à la désolation qui afflige nos cœurs ! Ame ingrate, serez-vous insensible aux reproches que nous vous faisons? C'est vous qui déchirez nos entrailles. Quel mal vous a fait mon ché, quiestl'unique cause denospeines.

    L'AME FIDÈLE.

    O divin Fils de Marie,ô sainte Mère de Jésus! quoique je vous aie si indignement offensés, votre clémence est trop grande pour ne pas recevoir avec bonté une créature pécheresse qui se jette à vos pieds avec un cœur contrit. Mon cher Sauveur, je vous dirai mille et mille fois : Miséricorde, ô mon Jésus, miséricorde! daignez pardonner au plus vil esclave de votre très sainte Mère. M'adressant ensuite à elle, je lui dirai par les soupirs de mon cœur plus que par les paroles de ma bouche : O Marie, miséricorde, miséricorde ! pardonnez au plus indigne serviteur de votre adorable Fils. Intercédez pour moi, afin que je trouve auprès de lui miséricorde lorsqu'il me jugera après cette vie. Je vous demande par ses

    SEIZIÈME STATION. A JÉSUS DÉPOUILLÉ POUR ÊTRE CLOUÉ SUR LA CROIX. au Pater. JÉSUS-CHRIST.

    Je suis enfin sur la montagne désirée, où je dois consommer pour vous mon grand sacrifice. Quelle fut ma confusion lorsque je fus dépouillé de mes vêtements! Que ne souffris-je point lorsqu'on m'arracha, avec mes vêtements, ma peau à laquelle ils étaient collés, et lorsque, ayant ôté de dessus ma tête la couronne d'épines, on l'y enfonça pour la troisième fois ! J'eus besoin d'être fortifié pour soutenir un traitement si barbare; on le fit en m'abreuvant avec du vous pas enfin de tous vos vices?

    L'ÂME FIDÈLE.

    Très miséricordieux Jésus, je vous fais de tout mon cœur, pour votre amour, le sacrifice de tout ce qu'il y a en moi qui vous déplaît. Je vous supplie de me dépouiller de tout désir de plaire au monde, de voir et d'être vu, d'aimer les créatures et d'en être aimé. Détachez mon cœur de toute attache à la vanité ; faites qu'il n'y reste pas une seule affection pour les choses de la terre. Faites que, dépouillé de tous les vices, et renonçant à moi-même, je ne goûte plus que les amertumes de votre très sainte Passion. Par votre sainte Passion, faites, etc.

    A la Communion. JÉSUS-CHRIST.

    Je souffre une douleur excessive, dont on ne peut se former une juste idée, lorsqu'on me perce les pieds et les mains avec de longs clous, et que, pour les river, les bourreaux me tournent contre la terre; je suis alors comme écrasé par le poids énorme de la croix que je n'ai pas la force de soutenir. Que ce que j'endure pour vous avec tant d'amour i perce votre âme et la pénètre de compassion et de repentir. Désirez de vivre i et de mourir crucifié avec moi, pour répondre à l'amour qui m'a porté à être crucifié pour vous.

    L'AME FIDÈLE.

    O mon Sauveur, que l'amour a cloué sur une croix, puisque vous êtes mon pour ma rédemption. Je veux vivre et mourir crucifié avec vous sur la terre, afin de pouvoir régner avec vous couronné de gloire dans le ciel. Par votre sainte Passion, faites, etc.

    DIX-HUITIÈME STATION. A la Postcommunion. JÉSUS-CHRIST.

    On dresse la croix, mes nouvelles plaies s'agrandissent, et mes souffrances sont à leur comble ; mais que ne pouvez-vous lire les sentiments de mon cœur en me voyant crucifié entre deux malfaiteurs, devant mon peuple, que j'entends pour mes ennemis; je promets mon paradis à celui qui me le demande; je donne ma Mère à mon disciple bien-aimé, afin qu'elle soit la mère des hommes; je témoigne aux hommes que j'ai une soif ardente de leur salut; je recommande mon âme à mon Père; et, tout étant consommé, je vais expirer pour votre amour.

    L'ÂME FIDÈLE.

    Où en suis-je? Jésus est mort, mon Jésus est mort. Jésus, le Fils de Dieu, l'auteur de la vie, est mort sur une croix; il est mort pour moi. Mon Jésus est mort, et c'est là mon œuvre; ce sont mes péchés qui lui ont ôté la vie, qui lui ont causé une telle mort. Les pierres se fendent, le soleil s'éclipse, la terre tremble; et tandis que les créatures inanimées frémissent, serai-je de ce que je l'ai fait mourir; si je ne l'aime pendant le reste de ma vie avec d'autant plus d'ardeur que je l'ai plus j grièvement et plus souvent offensé ! O j mon divin Rédempteur ! je vous conjure de mettre votre douloureuse Passion entre moi et les ennemis de mon salut, afin de m'en rendre victorieuse. Je vous conjure de la mettre entre moi j et votre jugement, afin que, malgré mes j péchés dont je me repens pour l'amour de vous, il me soit favorable. Par votre très sainte Passion, faites-moi miséricorde dans le temps et pendant l'éternité; faites miséricorde à tous les pécheurs.

    Vers la fin de la Messe. MARIE.

    Quel glaive de douleur perça mon âme lorsque je reçus entre mes bras le corps sacré de mon Fils; lorsque je considérai de si près ce corps sans vie, tout déchiré; lorsqu'il fallut me priver de ces restes précieux, unique consolation de ma vive douleur. C'est bien avec raison que je suis appelée la Reine des Martyrs-La mort ignominieuse de mon adorable Fils fut imprimée dans mon cœur si profondément que je ne l'oublierai jamais. Jugez par là de ma haine pour le péché ; et que désiré-je autre chose, sinon de le détruire dans les cœurs? Je me souviens que mon Fils, en mourant, m'a faite la mère des hommes ; je suis le refuge des pécheurs, ils peuvent ve-

    L'AME FIDÈLE.

    O Reine des Martyrs, ma tendre mère ! je suis votre enfant, je désire partager l'incomparable désolation dans laquelle vous a jetée la mort d'un Fils qui vous était si cher. Gravez en moi sa douloureuse Passion. Obtenez-moi d'en être tellement touchée, que je meure au péché, au monde et à moi-même. Obtenez-moi la vie de la grâce et les secours dont j'ai besoin pour y persévérer. Obtenez-moi une foi vive, une espérance ferme et un ardent amour pour mon Sauveur. Je veux observer si fidèlement sa loi sainte, que je puisse jouir, aussitôt après ma mort, du fruit de son très précieux sang. Par votre très sainte Passion, faites-moi miséricorde dans le temps et pendant l'éternité; faites miséricorde à tous les pécheurs.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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