Sermons pour les missions · Saint Léonard de Port-Maurice
Discours d'ouverture : Invitation à la mission
INVITATION A LA MISSION. Arrivé à l'Eglise, on se rend au maître-autel, et l'on chante le Vent Creator avec l'oraison du Saint-Esprit, celles de l'Immaculée Conception. d e N P. saint François, de saint Antoine de Padoue, et l'oraison pro remissions peccatorum Puis le missionnaire monte à 1 estrade et fait le sermon d'ouverture. Nisi parnitentwm cgeritis, omnes stmtlzter bitis. — Venite ad me omnes qui laboratis, et onerati estis, et vgo rcficuim vos Si vous ne faites pénitence vous périrez tous pareillement. — Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soula-Luc. 13, 3. MATTH 11, 28.
Ou la pénitence, ou l'enfer ! Ou renoncer à ces contrats illicites, ou l'enfer ! Ou restituer le bien d'autrui, ou l'enfer ! Ou abandonner ces fréquentations criminelles, ou l'enfer! Ou confesser ce péché caché par honte, ou l'enfer! Ou pardonner cette injure, ou l'enfer! Oui, ou la pénitence, ou l'enfer ! Et vous ne tremblez pas, pécheurs, en entendant ces terribles, ces épouvantables paroles? Ah ! tremblez, mes pauvres pécheurs, et redoutez les rigueurs de la justice divine qui vous menace du feu éternel, qui vous annonce votre damnation éternelle, si vous ne vous décidez à faire une vraie pénitence de vos péchés : Nisi pœnitentiam, etc. Il y a deux écueils sur l'un desquels vous devez nécessairement échouer ; si vous fuyez l'un, vous tombez fatalement sur l'autre, mais avec cette différence que l'un vous jette au port de l'éternelle vie, tandis que l'autre vous précipite à la mort éternelle ; l'un vous met en liberté, l'autre vous réduit à un perpétuel esclavage. Auquel des deux allez-vous tendre? Si vous êtes sensés, certes, vous tendrez vers celui qui vous introduit au port assuré de la vie éternelle. Sachez donc, pécheurs, mes frères, que ces deux écueils sont la pénitence et l'enfer : vous devez nécessairement donner sur l'un des deux. Fuyez-vous la pénitence, infailliblement vous tomberez en enfer. Si au contraire vous embrassez la pénitence de bon cœur, Notre-Seigneur vous promet le pardon de vos péchés, sa grâce et la gloire. Venue ad me omnes : « Venez tous à moi, » vous dit-il. Il nous envoie, vers vous comme ses ambassadeurs pour vous inviter à retourner à lui. Je vous prie donc, pécheurs, de retourner à Jésus, votre tendre père, qui vous attend. Et ne voyez-vous pas comme il vous attend? Le voici les bras ouverts, plein de compassion et de miséricorde. « Revenez à moi, vous dit-il, et je vous recevrai : » Reverteré ad me, et ego suscipiam te. Craignez, mes frères et mes sœurs qui êtes dans l'état du péché, craignez de repousser cette amoureuse invitation de Notre-Seigneur. Nous vous prions et nous vous conjurons de sa part de revenir à lui au moyen d'une sincère pénitence : Pro Christo legatione fungimur, tamquam Deo exhortante per nos, obsecramus pro Christo, reconciliamini Deo.
Je diviserai ce discours en deux points : le premier vous montrera la grande nécessité de faire pénitence lorsqu'on a péché mortellement ; — le second, la grande bonté et la miséricorde infinie du Seigneur à appeler le pécheur à la pénitence.
Esprit-Saint, venez dans mon cœur, venez sur ma langue, afin que les paroles sortent de ma poitrine tout enflammées du feu sacré de votre amour.
PREMIER point.
Saint Jean-Baptiste, le Précurseur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, vint en ce monde et commença sa prédication en disant : Hommes et femmes, convertissez-vous; faites de dignes fruits de pénitence, si vous voulez échapper au feu de l'enfer : Facite fructus dignos pœnitentiæ... Omnis arbor non faciens fructum bonum eoccidetur, et in ignem mittetur. Jésus-Christ vint ensuite, et commença sa mission en disant : « Faites pénitence; car le royaume des cieux est proche : » Pœnitentiam agite ; appropinquavit enim regnum cœlorum*. De sorte que Jésus-Christ, la sagesse éternelle et notre divin Maître, aussi bien que son précurseur saint Jean Baptiste, ont commencé leur mission en prêchant la pénitence. Celui-ci nous l'inculque comme moyen nécessaire pour nous préserver de l'enfer ; celui-là comme moyen nécessaire pour nous sauver ; si bien que l'un et l'autre nous font voir l'extrême nécessité de la pénitence, si nous voulons nous soustraire à la damnation éternelle et parvenir au salut. Aussi, le sacrement de pénitence est-il appelé par le saint concile de Trente, « la seconde planche après le naufrage : » Secunda post naufragium tabula. En effet, lorsqu'un vaisseau fait naufrage en pleine mer, les passagers qui s'y trouvent n'ont d'autre chance d'échapper à la mort qu'une planche ; s'ils refusent de s'y accrocher, ils se noient et périssent. Ainsi les malheureux qui ont sombré contre l'écueil du péché mortel, n'ont plus d'autre moyen de Luc. 3, (2) Matth. 4 salut que la pénitence; s'ils la repoussent, ils sont engloutis dans l'océan des flammes éternelles.
Ce vaillant capitaine du peuple juif, Judas Machabée, pour animer ses soldats au combat, leur disait : Mementote quomodo salvi facti sunt patres nostri in mari rubro : Rappelez-vous comment vos pères ont été sauvés : c'est en passant la mer Rouge, où ils laissèrent leurs ennemis au milieu des flots, qu'ils trouvèrent grâce et miséricorde auprès de Dieu. Je vous dis la même chose, mes frères : Mementote quomodo, etc. Souvenez-vous que tous les pécheurs qui ont été sauvés,, ne l'ont été qu'au moyen de la pénitence. Comment se sont sauvés David, la Madeleine, saint Paul, et tant d'autres, qui furent pécheurs? Tous se sont sauvés en passant par les eaux salutaires de la pénitence et en y noyant leurs péchés. Si David et les autres à la suite de leurs égarements n'avaient point fait pénitence, ils ne seraient point sauvés. En voulez-vous la preuve? Dites-moi : Caïn s'est-il sauvé? Esaù s'est-il sauvé? Judas s'est-il sauvé? Tant d'autres qui sont morts en état de péché mortel se sont-ils sauvés? — Certes, non, me direz-vous. — Et pourquoi? — Parce qu'ils n'ont pas voulu faire sincèrement pénitence, me répondrez-vous, et avec raison. — Or, si ceux-là se sont perdus éternellement pour n'avoir pas voulu faire une juste pénitence de leurs péchés, comment pourriez-vous vous sauver en les imitant dans leur endurcissement? Ah! malheureux, comme vous vous abusez! Si un torrent grossit et devient furieux, vous n'avez garde de vous laisser entraîner par le courant, de crainte de vous noyer; vous cherchez sur la rive les traces de ceux qui sont passés sans danger. Et tout en suivant, non pas les traces de ceux qui se sont sauvés par la pénitence, mais bien le courant de ces pécheurs qui ont été engloutis par le torrent de leurs iniquités et se sont perdus éternellement, vous pensez néanmoins vous sauver? Ah! pauvres pécheurs, vous vous perdrez, et vous vous perdrez éternellement!
Le lion, au dire des naturalistes, est excessivement jaloux de sa compagne, et s'aperçoit à l'odorat quand celle-ci lui a été infidèle ; alors, transporté de colère et de rage, il la déchire et la met en pièces. Mais si la lionne, après sa faute, a soin de se baigner, le lion ne s'aperçoit de rien et l'accueille comme auparavant. Jésus-Christ est le lion de la tribu de Juda : c'est ainsi qu'il est appelé dans l'Ecriture : Vicit leo de tribu Juda. L'âme est son épouse, selon l'expression du prophète Osée : Sponsabo te mihi in fide. Celle-ci, par le péché mortel, lui fait l'outrage le plus grave qui puisse être. Malheur donc à ceux et à celles qui au moment de la mort seront trouvés avec l'âme souillée d'un péché mortel! Jésus-Christ sera pour eux comme un lion furieux qui les déchirera et les précipitera au feu de l'enfer. Mais s'ils ont soin de se purifier maintenant par une bonne confession, le Sauveur alors leur pardonnera et les accueillera comme s'ils ne l'eussent jamais offensé. Il faut donc bien comprendre cette vérité, qu'il n'y a pas de milieu entre la pénitence et la damnation, comme le dit saint Thomas de Villeneuve : Pœnitendum est, aut ardendum. Vous avez ou à vous repentir de vos péchés, ou à vous damner. Point de milieu, dit Jésus-Christ, qui est la vérité infaillible : Ou faire pénitence, ou vous damner éternellement : Nisi pœnïtentiam egeritis, omnes similiter peribitis. Point de milieu, blasphémateur : ou faire une bonne confession avec les dispositions requises, ou brûler éternellement en enfer : Pœnitendum est, aut arden- dum ; parce que la blessure faite à l'âme par le péché mortel ne peut être guérie que par la pénitence. Jeûnez, distribuez tous vos biens aux pauvres, châtiez votre corps par les plus rudes disciplines, jusqu'à répandre tout votre sang, tout cela sera inutile, si, ayant péché mortellement, vous n'en faisiez une véritable pénitence.
Je vois bien, dit un pécheur, qu'après avoir péché nul ne peut se sauver sans faire pénitence, je veux donc le faire. Oui, je veux me confesser, je veux renoncer au mal; mais pour le moment je n'y suis pas disposé, je le ferai plus tard. — Ainsi disait Augustin: Sine paululum : « Plus tard. » Dieu l'appelait et le pressait de se convertir, et il répondait : Sine paululum : « Attendez un peu, » Seigneur, laissez-moi encore suivre quelque temps mes convoitises, puis je me convertirai. Ainsi en agissez-vous, pécheur. Dieu vous appelle à la pénitence et vous dit de renoncer à ces fréquentations, à ces usures, à ces péchés, et vous répondez ; Pour le moment, Seigneur, je ne suis pas disposé ; lorsque j'aurai satisfait mes mauvaises passions, alors je me confesserai : Sine paululum. — Est-il donc possible, chrétien, que vous vous trouviez si bien avec le démon, que sa compagnie et son esclavage vous soient si chers, que vous ne vouliez pas en sortir maintenant, mais plus tard? Dites-moi, si vous étiez possédé par une légion de démons, ne réclameriez-vous pas tous les exorcismes de l'Eglise pour les chasser de votre corps immédiatement? Certes, oui. Et pour chasser le démon de votre âme où il siège par le péché mortel, vous attendrez à plus tard? Ecoutez comment David dépeint votre folie : Verumtamen in imagine pertransit homo. En vérité, vous dit-il, l'homme passe comme une image, qui se forme aujourd'hui et demain n'est plus. Saint Basile expliquant ce passage dit : Nihil differunt viventes homines ab imaginibus eorum, quae sunt depictœ. Dieu a donné la vie aux hommes, mais ils se comportent moins en hommes vivants qu'en images inanimées. Regardez, en effet, une image de saint Jérôme, tenant en main une pierre pour se frapper la poitrine, regardez celle de saint François d'Assise avec ses disciplines, celle de saint Augustin, la plume en main, prêt à écrire. Combien de temps y a-t-il que ces images sont dans cet état? Vingt ans? trente ans? Eh bien! pendant tout ce laps de temps, la pierre de saint Jérôme a-t-elle jamais atteint sa poitrine, la discipline de saint François ses épaules, et la plume de saint Augustin, le papier? Mais comment cela se pourrait-il, puisque ce sont des images mortes ? Eh ! ne voyez-vous pas, pécheur, que votre temps et votre vie s'écoulent, sans que vous fassiez plus de mouvement qu'une image? Combien d'années y a-t-il que vous dites : je me confesserai? Combien y a-t-il que vous vous proposez de faire une bonne confession générale pour commencer enfin à mener une vie chrétienne? Comment donc n'en êtes-vous jamais venu aux effets? Parce que vous êtes comme une image morte : Nihil differunt, etc. Sans recourir à d'autres preuves, vous allez reconnaître par votre propre expérience combien vous avez tort de différer toujours une chose si importante. Dites-moi, pécheur, vous demande saint Augustin, si un ange entrait dans cette église en nous avertissant qu'elle va crouler, et que chacun doit s'empresser de fuir, s'il ne veut pas être enseveli sous les décombres, diffèreriez-vous à un autre moment d'en sortir? Ah! vous voudriez bien plutôt en sortir sur-lechamp. Dieu, qui est la vérité éternelle, vous avertit que la maison de votre corps menace ruine, que bientôt il tombera dans la tombe : qu6 ne vous hâtez-vous donc de sortir de cet état de désordre qui expose votre âme à une perte éternelle? Je vous le demande, pécheur, si vous aviez une braise dans la main, quand la rejetteriez-vous ? — Sur-le-champ. — Et tandis que cette fréquentation dangereuse, cette mauvaise habitude brûle votre âme, comme une braise allumée par un feu infernal, vous voudriez remettre à plus tard d'y renoncer? Si une épine vous entrait dans le pied, quand l'en retireriez-vous? — Sur-le-champ. — Et tandis que ce bien mal acquis est comme une épine qui vous perce le cœur et l'âme, vous voudriez différer à plus tard de le restituer? Si vous étiez atteint d'un mal de poitrine, quand appelleriez-vous le médecin? — Sur-le-champ, fût-ce même au milieu de la nuit. — Et tandis que cette haine que vous nourrissez contre le prochain vous tient en danger manifeste de mort, et de damnation éternelle, vous voulez différer à plus tard de pardonner? Reconnaissez-vous enfin votre aveuglement? Quel est le danger le plus redoutable, celui du corps ou celui de l'âme? Ah ! j'en appelle à votre propre expérience, pécheur. Si vous étiez blessé à mort, ne demanderiez-vous pas un confesseur à grands cris? Votre âme est mortellement atteinte, et malgré cela vous voudriez différer votre confession à plus tard? Vous n'useriez pas d'une cruauté pareille même avec un vil animal.
Ainsi donc, mes frères, Dieu vous envoie cette mission, afin que, reconnaissant le tort que vous avez eu de différer si longtemps votre pénitence, vous répariez enfin votre erreur • « Voici le moment favorable, » dit l'Apôtre : Ecce nunc tempus acceptabile. Tous les temps sont bons pour se convertir, mais celui de la mission est plus opportun, parce que Dieu y déploie une miséricorde particulière et met en œuvre les moyens les plus efficaces pour toucher le pécheur. Aussi, si vous ne vous décidez pas maintenant à faire une bonne confession, vous serez en bien grand danger de vous perdre éternellement. Ecoutez la terrible menace qu'adressa Notre-Seigneur aux juifs, ce peuple ingrat : Ego vado et quœretis me> et in peccato vestro moriemini : « Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. « Comme s'il disait : Je vous ai appelés maintes fois par l'entremise de mes prophètes, par tant de bons exemples, et de saintes inspirations, et vous vous êtes toujours obstinés dans le vice et dans le péché. Je suis venu enfin vous prêcher la mission, employant tous les moyens possibles pour votre salut, et vous avez tout méprisé ; je m'en irai donc et je vous abandonnerai à votre perdition vous me chercherez, mais vous mourrez dans votre péché : et in peccato vestro moriemini. — Pécheurs mes frères, combien de temps y a-t-il que le Sauveur vous invite à renoncer au péché et à ces liaisons coupables, pour retourner à lui? Tant de sermons que vous avez entendus, tant d'avertissements de vos confesseurs, tant de bons conseils, tant de salutaires exemples, n'étaient-ce pas autant d'invitations amoureuses de Jésus-Christ, qui vous pressait de vous donner à lui? Mais vous avez été sourds, et opiniâtres dans le mal. C'est pourquoi il a résolu de vous envoyer la mission, comme étant de tous les moyens le plus efficace, voulant pendant ces jours mettre tout en œuvre pour votre salut. Aussi, malheur à vous si vous la repoussiez ! car il est bien probable qu'on verrait s'exécuter sur vous cette redoutable sentence : In peccato vestro moriemini : « Vous mourrez dans votre péché. » L'Esprit saint vous en donne même l'assurance dans le livre des Proverbes : Quia vocavi, et renuistis; eootendi manum meam, et non fuit qui aspiceret; despeocistis omne consilium meum, et increpationes meas negleccistis : ego quoque in interitu vestro ridebo : « Parce que je vous ai appelés et que vous n'avez point voulu m'écouter; que j'ai tendu la main, et que personne ne m'a regardé; que vous avez méprisé tous mes conseils et négligé mes réprimandes : je rirai aussi à votre mort. »
Et ne trouvez-vous pas que le Seigneur aurait raison de se montrer sourd à vos cris, si vous aviez assez d'ingratitude pour repousser les tendres invitations par lesquelles il vous appelle à la pénitence pendant cette mission? Supposé qu'un monarque envoyât en Turquie quelques-uns de ses ministres, avec une grande somme d'argent, pour racheter un pauvre esclave, l'admettre ensuite à sa cour, et l'élever en dignité, et que celui-ci dédaignant des avances si généreuses, ne voulût point sortir de son esclavage, déclarant qu'il aime mieux être l'esclave des Turcs que le courtisan de son roi; si ce malheureux au bout de quelque temps eût recours au roi pour que celui-ci le délivrât, le roi le ferait-il, je vous le demande? Le délivrerait-il? enverrait-il de nouveau ses ambassadeurs? Je ne le crois pas; il répondrait plutôt : qu'il croupisse et meure dans son esclavage, car je ne veux plus l'en tirer; lorsque je le voulais, il ne l'a pas voulu; lorsque je lui ai envoyé mes ambassadeurs pour le délivrer, il ne l'a pas prétendu. — A vous maintenant, pécheurs et pécheresses : il y a déjà nombre d'années que vous êtes esclaves du démon par vos péchés; Jésus-Christ nous a envoyés vers vous, nous ses ambassadeurs, pour vous inviter, vous exhorter à sortir enfin de cet affreux esclavage par une sincère pénitence. Prenez donc bien garde de mépriser ce généreux appel de votre Dieu ; sinon quand vous désirerez plus tard de recouvrer la liberté, il refusera en toute justice de vous en délivrer. C'est ce que dit saint Augustin : Veniet tempus quo peccator velit pœnitere* et non poterit, quia quando potuit, noluit, et propter malum nolle, perditur bonum posse.
Dans la ville de Naples, un jeune libertin fut invité plusieurs fois par un missionnaire à se corriger de ses désordres ; mais lui, toujours obstiné dans le mal, répondit qu'il le ferait plus tard. Un jour que ce religieux traversait la ville, il entendit crier : Un confesseur, un confesseur ! Il courut aussitôt et trouva un homme étendu par terre et percé d'outre en outre par une épée. Il le regarda attentivement et reconnut le jeune homme qu'il avait de tant fois pressé de se confesser. Il l'exhorta de nouveau à se repentir de ses égarements en face de la mort. Mais le malheureux cria alors ; Ah ! je ne le puis pas, je ne le puis pas I Quand Dieu le voulait, je ne l'ai pas voulu; maintenant que je le voudrais, Dieu ne le veut plus. — Voyez-vous comme Dieu traite les obstinés? En conséquence, mes frères, maintenant que Dieu vous appelle, hâtez-vous de répondre à son invitation; car autrement, quand vous voudrez vous convertir dans la suite, qui sait si Dieu sera encore prêt à vous donner sa grâce pour le faire ?
Ah ! mes frères et mes sœurs qui êtes en état de péché mortel, si vous saviez à quel danger imminent vous vous exposez ! si vous saviez comme vous êtes près de tomber dans l'abîme! non, vous ne pourriez plus goûter ni paix ni repos en ce monde. Sachez donc qu'entre vous et l'enfer il n'y a que la distance d'une légère respiration, d'un souffle, et pas davantage. Dès 3'instant où vous avez commis le péché mortel, vous êtes suspendus sur la bouche de l'enfer, retenu seulement par un fil ; si ce fil, qui est votre vie, venait à se rompre, vous roulez infailliblement dans le gouffre, où les démons vous tiennent tout préparés des milliers de tourments. Peut-être même y seriez-vous déjà tombés, si la miséricorde divine ne vous avait conservés jusqu'à ce moment, espérant de vous une sincère conversion et un véritable changement de vie pendant cette sainte mission.
r. M. v.
SECOND POINT.
Mais pour vous déterminer à cette conversion dont j'ai parlé jusqu'ici, il est extrêmement utile de réfléchir à la grande bonté, à la miséricorde infinie, que Notre-Seigneur témoigne aux pécheurs, en les appelant à la pénitence, pour leur donner ensuite le paradis. Lorsqu'il est descendu sur la terre, il a déclaré qu'il ne venait pas appeler les justes, mais les pécheurs : Non veni vocare justos, sed peccatores. Voyez-vous, mon bien-aimés, quel est l'amour, la miséricorde de notre Dieu ? Le Roi des rois, le monarque suprême, venir en ce monde pour offrir son amitié au pécheur, son ennemi, et le faire héritier de son royaume ! Qui l'aurait jamais cru? Et cependant cela est. Or, c'est là précisément ce qui se fait pendant la mission. Ecoutez bien, et soyez saisi d'étonnement : Venite ad me omnes... et ego refidam vos.. Pécheurs, vous dit-il, comment avez-vous le cœur de vivre sans moi? Comment pouvez-vous rester un seul instant loin de votre père, loin de celui qui cherche et désire si ardemment votre bien ! Oh ! revenez donc, revenez à moi, repentant de vos égarements ; car je veux vous pardonner et vous compter désormais au nombre de mes amis. Oui, je veux vous donner ma grâce maintenant, et ma gloire ensuite : Venite ad me, etc. — O amour ineffable, ô miséricorde infinie de notre bon père! Qui ne serait stupéfait, à la vue de cet amour immense, de cette miséricorde sans bornes? Dites-moi : si un roi, se trouvant notablement offensé par un de ses sujets, au lieu de le faire condamner à la potence ou au bûcher, lui envoyait des ambassadeurs pour le prier de revenir, voulant l'instituer héritier de son trône, ne verriez-vous pas là un excès d'amour inconsidéré ? — Certainement. — Comment donc qualiflerez-vpus cet excès d'amour que vous montre Notre-Seigneur Jésus-Christ, ô pécheurs, les plus ingrats de ses serviteurs ? Ayant été par vous accablé d'outrages de tout genre, à toute heure et à tout instant, au lieu de vous écraser de sa foudre et de vous ensevelir en enfer, il nous envoie vers vous comme ses ambassadeurs, pour vous prier de revenir à lui parce qu'il veut vous recevoir à sa grâce, pour vous admettre ensuite dans sa gloire ? Certes, on voit bien que le torrent des iniquités n'a pu éteindre son ardente charité. Ah! c'est que Notre-Seigneur est un océan de miséricorde qui reçoit dans son sein toutes les âmes, quelque criminelles qu'elles soient, comme la mer absorbe toutes les eaux, si fangeuses et.si fétides qu'elles puissent être. Eh bien ! pécheurs, mes frères, pécheresses, mes sœurs, ne vous réjouissez-vous pas, en entendant que la miséricorde divine est infinie pour vous pardonner, et sa puissance infinie pour vous sauver ; que Dieu a tout pouvoir et que son amour égale son pouvoir, et que cet amour s'étend à tous? Courage donc ! espérez le pardon de vos péchés, en voyant qu'il vous appelle avec tant de bonté et de miséricorde : Venite, etc.
Mais mon père, me dit ce malheureux, cette malheureuse, qui, gémissant sous le poids de leurs péchés, étaient sur le point de s'abandonner au désespoir, y aurait-il encore pardon pour moi, pour moi qui suis un scélérat, pour moi qui suis une indigne pécheresse ? Vous doutez donc s'il y aurait pardon pour vous? Oui, certes, il y a pardon, car si vous êtes de grands pécheurs, la miséricorde de Dieu n'est pas moins grande, elle est même infiniment plus grande que tous vos péchés. Fussent-ils donc plus nombreux que les gouttes d'eau de l'océan, fussent-ils des plus énormes et des plus révoltants, vous devriez toujours espérer dans la divine miséricorde ; car celle-ci étant infinie, surpasse infiniment tous les péchés qui peuvent se commettre en ce monde. Par conséquent, vous ne devez plus douter du pardon, pourvu que votre repentir soit sincère : voilà ce qui est requis ; une conversion véritable, un repentir sincère. Sans cela, vous ne vous sauverez jamais; car, comme dit saint Augustin, *• Dieu qui vous a fait sans vous, ne vous sauvera pas sans vous : » Qui fecit te sine te, non vult salvare te sine te. La grâce divine est pour ainsi dire renfermée dans une cassette à deux clefs : l'une est dans les mains de Dieu, l'autre dans celles du pécheur, et comme on ne peut ouvrir sans les employer toutes les deux, et que l'une sans l'autre ne sert de rien ; ainsi, il ne suffit pas que Dieu veuille notre conversion, il faut que nous la voulions aussi. Il ne suffit pas que Dieu se convertisse à nous, en nous offrant son amitié et sa grâce, il faut de plus que nous nous convertissions à lui par une sincère contrition et une bonne confession. Voici donc, mes chers frères, que cet aimable Sauveur nous invite à retourner à lui avec un cœur pénétré de douleur et de repentir, en nous disant : Venite ad me omnes. — Convertimini ad me, et ego convertar ad vos. « Venez tous à moi ; convertissez vous tous à moi, et je me convertirai à vous. » Que répondez-vous à cette amoureuse invitation?
Ce jeune débauché répond que son cœur est à telle créature et qu'il la préfère à Jésus. Cette jeune fille passionnée dit que son cœur est à celui qu'elle aimo, et qu'ainsi elle ne peut le donner à Jésus. Ce libertin dit que son cœur est esclave du plaisir; cet avare, qu'il est esclave de l'intérêt; ce vindicatif, de la vengeance, et qu'ainsi ils ne peuvent le donner à Jésus. — Ah! les ingrats! si vous saviez ce qu'est Jésus, vous-mêmes, pour obtenir son amitié, vous feriez toutes les démarches possibles, vous ne vous épargneriez aucune peine. Apprenez donc que Jésus est le vrai fils de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie ; qu'il est si beau, si aimable, que son regard transporte d'amour tous les bienheureux dans le ciel, et que sa vue seule les comble tellement de joie et de félicité, qu'ils en sont ravis en extase. Eh bien! mes frères, qu'en dites-vous? Voulez-vous Jésus ? Voulez-vous lui donner votre cœur ? Jusqu'ici vous avez dit que vous ne le vouliez pas, puisque vous n'avez cessé de l'offenser. Mais maintenant que vous commencez à le connaître, que répondez-vous? Dites tous, mais dites du fond du cœur, car Jésus entend ce que vous dites de la bouche et du cœur : oui, nous préférons Jésus à tout le reste ; nous nous repentons de toutes les offenses que nous avons commises contre lui, et nous voulons les confesser; nous voulons donner notre cœur à Jésus et être tout à lui. — S'il en est ainsi, venez mes frères, venez mes sœurs, venez pécheurs et pécheresses, venez ; car Jésus, votre bon père, vous appelle pour vous remettre toutes vos fautes et les peines qui leur sont dues, puis vous donner le paradis. Prenez la résolution d'assister aux sermons, etc. Venez, mes bien-aimés, car vous n'avez aucune excuse pour refuser cette miséricordieuse invitation. Si le paralytique, étendu sur le bord de la piscine, a pu s'excuser en disant qu'il n'avait personne pour l'y jeter : Hominem non habeo, vous ne pourrez rien alléguer de semblable. Outre la grâce de Dieu, vous avez une foule de zélés confesseurs disposés à vous aider. Nous sommes venus, nous aussi, pour vous accueillir en toute charité, et entendre vos confessions avec toute la patience possible. Et pour vous déterminer à venir et à vous confier dans la miséricorde de Dieu, écoutez le trait suivant :
Saint Antonin rapporte qu'il y avait à Florence, un gentilhomme, qui, après avoir dissipé toute sa fortune on fêtes et en débauches, se jeta dans un affreux désespoir. Un jour, étant allé à la campagne, il se mit à vomir mille blasphèmes contre Dieu, et à l'outrager de toutes les manières que le démon put lui suggérer. Finalement, dans l'extravagance de sa rage, il alla jusqu'à tirer l'épée, et la brandissant contre le ciel, provoquer en duel Dieu lui-même, prétendant se venger de ce qu'il avait permis qu'il fût réduit à la misère. Mais, ô bonté infinie de Dieu ! au lieu de précipiter ce malheureux au fond de l'abîme, il fit tomber, à ses pieds, un billet portant ces mots : « Je t'aime encore, quoique tu m'aies si gravement offensé. Je t'aime encore, quoique tu aies follement prétendu te venger de moi en m'appelant en duel. Quoique les outrages que tu m'as faits soient innombrables, je t'aime encore ! » A cette vue, le gentilhomme fut totalement changé, et, pénétré d'une douleur impossible à rendre, il s'écria : Comment, Seigneur, vous m'aimez encore? vous m'aimez encore? Je ne mérite pas cette grâce. Je mérite que votre foudre me frappe et me précipite en enfer; et bien loin de me châtier, vous me dites que vous m'aimez encore ? Ah ! mon Dieu, comment pourrais-je désormais ne pas vous aimer ? comment aurais-je encore le courage de vous offenser? Non, mon Dieu, non plus de péchés, jamais plus !
(Le missionnaire prend le crucifix en main). Voici, pécheur, voici Jésus, cet aimable Sauveur; voici celui qu'adorent les anges et les saints; voici celui qui mourut sur une croix pour vous donner la vie éternelle. Et voilà, ingrat, ce que vous avez fait en péchant : voyez cette fête ensanglantée par les épines, ces pieds et ces mains percés de clous, ce côté, etc. Le bourreau impitoyable qui l'a mis dans cet état, c'est vous, sachez-le bien, et, tandis que vous mériteriez qu'il vous jetât en enfer, il vous proteste encore qu'il vous aime. Il est vrai, dit-il, que vous ne m'en avez que trop fait, ô pécheur, et pourtant je vous aime encore. On ne peut nier que vous ne m'ayez plus maltraité que ne l'ont fait les musulmans, et pourtant, je vous aime encore; et si vous faites sincèrement pénitence, je ne me souviendrai plus du passé. Bien que, etc. — O amour immense ! amour sans pareil! Eh bien! mes frères, qu'en dites-vous? vous ne vous repentez pas? vous ne pleurez pas amèrement vos péchés? vous ne consentez pas à n'aimer plus désormais que Jésus? Demandez-lui donc pardon. Dites-lui : mon Jésus, je vous demande pardon et miséricorde. Je suis cet ingrat qui vous a tant de fois offensé; mais, maintenant, je reviens à vous, pénétré de douleur et de componction. Pardonnez-moi, mon Dieu; désormais, je ne veux plus pécher.
Mais savez-vous ce que je veux faire? ce que font les soldats avant d'engager le combat contre l'ennemi : ils déploient leur drapeau. Eh bien! la mission n'est autre chose qu'un combat spirituel contre les vices et les péchés, un combat contre l'enfer; avant donc de commencer la lutte, nous devons déployer notre étendard. {On expose la bannière des saints noms de Jésus et de Marie.)
Voilà, mes chers frères, le nom adorable de Jésus, voilà le doux nom de Marie. Jésus et Marie! oh! que ces noms sont grands, puissants, terribles! Jésus et Marie ! noms dignes de tout honneur et de tout respect ; noms vénérés au ciel, par les anges et par les saints, redoutés en enfer, par les démons et par les damnés, qui, en les entendant prononcer, sont saisis de terreur et d'épouvante. Pour les vénérer et leur rendre les hommages qui leur sont dus, mettez-vous tous à genoux, et dites : Ave, benignissime Jesu! Ave, dulcissima Maria! Répétez trois fois cette salutation. — Jésus et Marie! quels noms! noms si merveilleux, si puissants, que tout ce qu'il y a eu jusqu'ici de malades guéris dans le monde, de démons chassés des corps, de morts ressuscités, et d'autres miracles opérés, tout est dû à la vertu des noms sacrés de Jésus et de Marie; noms si beaux et si doux, qu'ils suffisent pour remplir de joie tout le ciel. Si les malheureux réprouvés pouvaient les prononcer une seule fois, avec un sentiment d'amour, l'enfer soudain se changerait pour eux en un paradis de délices. Voyez-vous ce que sont les saints noms de Jésus et de Marie? Et vous en avez fait, jusqu'à présent, si peu de cas ! Dites donc maintenant, mais avec une vive affection : Loués et exaltés soient à jamais les noms sacrés de Jésus et de Marie ! (ter).
Par la vertu du nom adorable de Jésus, saint Bernardin de Sienne, saint Jean de Capistran et saint Jacques de la Marche, ont converti une multitude innombrable de fidèles à l'amour de Dieu, et ramené une foule d'infidèles à la foi. Par la vertu du doux nom de Marie, les apôtres ont converti le monde entier. Car, lorsque Notre-Seigneur leur ordonna de s'en aller avec leur bâton seulement : Prœcepit eis ne quid tollerent in via, nisi virgam tantum, ce bâton, d'après Richard de Saint-Victor, était la figure de Marie ; c'est comme s'il leur avait dit que pour convertir le monde, il ne fallait pas autre chose que l'assistance et la protection de Marie. Disons donc avec ferveur : Vive Jésus ! Vive Marie! (ter.)
Mais comme Marie est notre bonne mère, et notre médiatrice auprès de son divin Fils, recourons d'abord à elle pour qu'elle nous obtienne les secours nécessaires, afin de profiter de la mission. Vous voyez, mes frères, combien elle est aimable et digne de toutes nos affections, cette auguste Vierge : eh bien ! sachez que toutes les fois que vous avez péché mortellement, vous lui avez fait une grave injure, plus grave que si vous lui aviez donné un soufflet; ainsi, jugez combien elle a été offensée par tant de péchés que vous avez commis. Demandez-lui-en pardon. O Vierge sainte, pardonnez-nous tous les déplaisirs que nous vous avons causés par nos dérèglements, pardonnez-nous et faites-nous la grâce de pouvoir assister à tous les sermons de cette mission, de faire une bonne et sainte confession, pour commencer à vivre comme vos enfants véritables et dévoués.
Mais il me vient la pensée de faire présentement ce que fit un pieux roi avant de livrer bataille : s'étant prosterné devant une image de la très-sainte Vierge, il lui offrit toutes ses armes offensives et défensives, et grâce à la protection de cette puissante Reine, il remporta une victoire éclatante sur ses ennemis. De même, sur le point d'engager ce combat spirituel contre l'ennemi du salut, je me jette aux pieds de Marie et lui offre les armes qui doivent servir à ma défense. Voici donc, ô Vierge très-sainte, que je vous offre, en premier lieu, cette couronne d'épines ; je me la mets sur le front par amour pour vous, en vous suppliant de faire pénétrer ces épines dans ma tête, de telle sorte que pendant ces saints jours, je ne pense qu'à mon Dieu, ainsi qu'à votre bon plaisir et au sien. Je vous offre ensuite cette chaîne, avec laquelle je vous supplie, auguste Vierge, de lier toutes les passions et les affections de mon âme, afin que je ne cherche que la gloire de Notre-Seigneur et la p. M -v.
vôtre, ainsi que le salut de ces âmes. Enfin, recevez cette discipline, avec laquelle j'entends châtier mon corps, de peur qu'après avoir prêché aux autres, comme dit l'Apôtre, je ne sois moi-même réprouvé : Ne forte cum aliis prœdicaverirn, ipse reprobus efficiar. Je prélude donc à cette mission par la discipline, pour la continuer avec la discipline et la terminer avec elle. Je commence, et je veux me la donner pour vous, pécheurs, mes frères {La discipline).
Mais, afin que nos pieux exercices aient un heureux succès, remettons-les entre les mains de la très-sainte Vierge. Me voici donc, ô Marie, prosterné à vos pieds, moi, votre indigne serviteur, et, dans les sentiments de l'humilité la plus profonde, je vous offre et vous consacre cette mission, avec tout ce que nous ferons de méritoire pendant ces saints jours, pour que nos travaux, unis aux sueurs et aux fatigues qu'essuya votre divin Fils, durant les trois années de sa prédication, concourent à l'honneur et à la gloire de l'adorable Trinité, à l'honneur et à la gloire de l'humanité sacrée de Jésus, à votre gloire, à celle de saint François et de toute la cour céleste, pour la rémission de nos péchés et le soulagement des saintes âmes du purgatoire.
Daignez, auguste Souveraine, éloigner de ce peuple les malins esprits, pendant tout le temps que durera la mission, afin qu'ils n'empêchent pas ces pauvres gens de se convertir à Dieu de tout leur cœur. Obtenez-nous de l'Esprit saint, ô puissante Reine, qu'il nous favorise d'une pluie abondante de grâces, qu'il éclaire mon entendement, réchauffe ma volonté, donne la force à mes paroles et la puissance à ma voix, afin que j'allume efficacement, dans le cœur de mes auditeurs, le feu de sa vérité, et qu'ainsi nous atteignions la fin que nous souhaitons, savoir, la conversion de toutes les âmes en état de péché, pour la gloire du Très-Haut et la vôtre.
Maintenant, pour finir, il faut que tous tant que nous sommes ici présents, nous formions trois résolutions : premièrement, de ne plus commettre de péché mortel, spécialement tant que durera la mission ; — deuxièmement, de venir aux sermons et aux instructions. — troisièmement, de faire une bonne confession pendant cette mission.
On donne ici la bénédiction avec le crucifix. — Puis on chante : Laudate Dominum omnes gentes.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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