Méditations diverses · Alphonse de Liguori
Méditation pour le 25 janvier, fête de S. François de Sales
I. La foi de S. François de Sales fut grande : la beau le de celle foi lui paraissait si grande, qu'il ne pouvait s'empêcher de s'écrier : « Oh Dieu ! la beauté de notre sainte foi me paraît si belle, qu'elle me fait mourir d'amour : » il me semble que je dois renfermer le don précieux que » Dieu m'en a fait, dans un cœur tout parfumé de dévo- » Mon. » C'est pourquoi il ne se rassasiait jamais de remercier le Seigneur de ce qu'il l'avait fait naître enfant de l'Eglise, « Bon Dieu, disait-il, les bienfaits par lesquels » vous m'avez lié à vous sont grands ; mais comment pour- » rais-je vous remercier dignement de m'avoir éclairé de » votre sainte foi? » Il avoua que, quoiqu'il eût traité continuellement avec les hérétiques, il n'avait jamais douté des vérités de la foi. Celui qui aime Dieu ne doute pas de la foi ; celui-là en doute qui ne vit pas conformément à ce que la foi lui enseigne.
II. L'espérance de S. François de Sales fut grande aussi : il était certain que Dieu veille toujours à notre bien, et c'est pour cela qu'il se montrait toujours serein et intrépide au milieu des plus grands dangers. Quels que pussent être les obstacles qui s'opposaient à ses desseins lorsqu'il entreprenait quelque chose pour la gloire de Dieu, il ne chancela jamais dans sa confiance ; toujours il cherchait à l'insinuer aux autres. C'est pourquoi il dit un jour à une ame timide : « Vous désirez cire toute à Dieu? et pourquoi redoutez-vous voire faiblesse? Espérez-vous en Dieu ? et » qui demeura jamais confus en espérant en Dieu ? n'ayez y> point de crainte de vos craintes, » Celui qui aime beaucoup Dieu se confie beaucoup en Dieu. L'amour chasse la crainte-
III. La charité que S. François de Sales eut pour Dieu, fut grande également. La seule crainte qu'il eut dans sa jeunesse de ne point avoir Je bonheur de l'aimer éternellement, ruina sa santé, et lui ôta presque la vie. Ce fut cette charité qui lui inspira le courage de s'exposer tant de fois à la mort pour Dieu. Il était si attentif à bannir de son cœur toute affection qui n'était point pour Dieu, qu'il dit un jour : « Si je savais qu'il y eût dans mon cœur un seul fil d'affection qui ne fut point pour Dieu, et dans l'or- » dre de Dieu, je l'en couperais aussitôt. » Il aspirait sans cesse au pur amour divin, et disait : « J'aimerais mieux » n'être rien que de n'être pas tout à Dieu. » Il écrivait à une personne : « J'ai le cœur rempli d'une infinie af- » feelion qui me porte à souhaiter d'être toujours sacrifié y> au pur amour du Sauveur. » Il expliqua bien lui-même combien était tendre son affection, surtout pour Jésus-Christ, lorsqu'il écrivit: « Considérons ce divin Sauveur » étendu sur la croix, où il meurt pour l'amour de nous. » Ah ! pourquoi ne nous jetons-nous pas sur lui, pour » mourir sur la croix avec celui qui a voulu y mourir pour » notre amour? Je le tiendrai, el je ne le quitterai jamais : » je mourrai avec lui, et je brûlerai des flammes de son » amour. Un même feu consumera ce divin créateur et sa » créature ; je vivrai cl je mourrai sur son sein : ni la mort, »ni la vie ne me sépareront de lui. » O mon glorieux saint, maintenant que vous aimez et que vous voyez face à face votre Jésus dans le ciel, obtenez-moi la grâce de l'aimer comme vous l'avez aimé sur la terre.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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