Lettres et allocutions (1937) · Pie XI
Lettre au R. P. Narcisse Durchschein pour le quatrième centenaire de l’Ordre hospitalier de Saint-Jean de Dieu
PIE XI, PAPE CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.
Vous et les religieux que vous dirigez avec tant de zèle, vous vous apprêtez à célébrer dans la joie les quatre cents ans heureusement écoulés depuis la fondation de l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu. En cette heureuse solennité, il est juste et c'est un devoir de piété de rendre à Dieu avec vous l'action de grâces qui lui est due. Le Seigneur a si bien protégé les débuts et les accroissements de votre Ordre que de la généreuse semence jetée en terre est bientôt sorti un arbre très vigoureux qui a (1) A. A. S., t. XXX, 1938, p. 59.
grandi. Sous ses rameaux très étendus, une foule de malades et d'infirmes, ceux surtout abandonnés de tous ou d'humble condition, ont trouvé à la fois un refuge et un adoucissement à leurs maux. Le Rédempteur si compatissant qui, durant sa vie terrestre, a répandu sur les malades tant de largesses bienfaisantes, et qui, bon Samaritain, a redonné la vigueur à leurs membres débiles par la vertu de miracles étonnants, a voulu que, dans l'Eglise, cette forme éminente de miséricorde envers les infirmes fleurisse toujours en conformité avec son propre exemple.
En saint Jean de Dieu, votre Père et législateur, cette vertu a revêtu un éclat qu'on n'admirera jamais assez. Né au Portugal, il illustra de ses actions héroïques l'Espagne et en tout premier lieu la ville de Grenade. Il posséda à un degré incroyable la douceur, la force d'âme, une volonté portée à se pencher sur le prochain pour le secourir. Cependant, dirigé par la lumière divine, ce fut aux malades surtout qu'il consacra avec une admirable ardeur ses pensées et son dévouement, afin que jamais ne leur fassent défaut ni les services d'une charité aimable et vigilante, ni les secours de la médecine, ni les hôpitaux aux salles vastes et brillantes de propreté. Saint Jean de Dieu fut cet homme bienheureux qui prit souci de l'indigent et du pauvre. Doué d'une foi pénétrante, il comprit à fond le mystère caché dans les infirmes, les malades et les affligés. Aussi, consolant nuit et jour ces malheureux par sa présence, ses paroles et ses soins, était-il bien persuadé qu'en leurs personnes c'était aux membres souffrants du Rédempteur lui-même qu'il rendait les services de sa pieuse charité.
Il est tout à fait opportun, en commémorant la naissance de votre Institut, d'adresser des hommages particuliers à saint Jean de Dieu, et les personnes consacrées principalement aux soins des malades doivent suivre le magnifique exemple de ses vertus. Mais vous, surtout, qui vous glorifiez d'être ses fils, efforcez-vous de tout votre pouvoir de reproduire dans votre conduite ce modèle qu'est votre illustre fondateur, afin que chaque maison de l'Ordre, en quelque lieu qu'elle se trouve, devienne un foyer resplendissant d'ardente charité, un sanctuaire de la foi et de la miséricorde, un jardin où s'épanouira, dans la variété et la beauté de ses fleurs, toute la grâce de l'Evangile. Ajoutez de nouveaux mérites à tous ceux que vous avez déjà acquis ; revêtus de la patience du Christ, prenez un soin vigilant des malades et des pauvres que vous recevez dans vos maisons. Et, par suite, faites en sorte que par vous l'amour maternel de l'Eglise soit mis bien en évidence et en lumière dans le monde, et que, grâce à votre charité qui sera comme son précurseur, le triomphe de la vérité évangélique soit et plus facile et plus rapide.
Nous vous envoyons ces souhaits pour vous témoigner, à vous, cher Fils, et à tous vos religieux, Notre paternelle bienveillance, et Nous prions Dieu de vous accorder le secours de sa céleste protection pour que vous avanciez sans cesse vers de nouveaux progrès et que vous puissiez travailler plus fructueusement au salut du prochain. C'est de bon cœur et volontiers que Nous vous aiieiiae saluti uberius usque prositis, horum bonorum in pignus libcntcs et volentes Apostolicam Benedictionem impertimus.
Datum ex Arce Gandulphi, prope Romani, die XII mensis Septembris anno MCMXXXVII, Pontificalus Nostri decimo sexto.
PIUS PP. XI
accordons, comme gage de ces biens célestes, la Bénédiction apostolique.
Donné à Castel-Gandolfo, près de Rome, le 12 septembre de l'année 1937, la seizième de Notre Pontificat.
PIE XI, PAPE
P I U S P P. XI DlLECTE FlLI NOSTER, SALUTEM ET APOSTOLICAM BENEDICTIONEM,
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.