Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Lettres et allocutions (1901-1903) · Léon XIII

    Lettre sur les grands séminaires

    Ayant eu à entretenir le Saint-Père sur son diocèse, M. Dubois, évè- (|ue de Verdun, a fait l'exposé de la réorganisation de son Grand Séminaire.

    Le Saint-Père a daigné adresser à M. Dubois une lettre autographe en latin, dont voici la traduction :

    LÉON XIII, PAPE VÉNÉRABLE FRÈRE, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE

    Nous avons su, par vos lettres, que vous avez trouvé l'occasion de rétablir, au Grand Séminaire de Verdun, une formation régulière des jeunes gens aux fonctions ecclésiastiques. Cette nouvelle Nous a été très agréable, et nous a certainement causé une joie toute particulière. C'est qu'en effet, vu Notre zèle pour l'éducation de la jeunesse cléricale, il est impossible, croyons Nous, que le nombre chaque jour croissant des Séminaires susceptibles de servir de modèles aux autres ne Nous apporte une très grande satisfaction.

    Aussi, voyons-Nous avec plaisir que vous vous proposez de suivre fidèlement les règles que nous avons jugé bon d'établir par Nos Lettres Apostoliques. Que ceux qui s'appliquent à l'enseignement et à l'étude de la théologie et de la philosophie considèrent comme leur devoir capital, après avoir laissé de côté les inventions d'une vaine philosophie, de suivre saint Thomas d'Aquin et de le cultiver comme leur maître et leur chef. Vous ne devez pas non plus vous montrer indifférent à l'enseignement du droit qui régit l'Église, et Nous souhaitons vivement que tous ceux-là s'adonnent à l'étude des Saints Canons, qui, soit pour eux, soit pour les autres, désirent marquer la voie la plus utile au salut des fidèles et au bien de l'Église.

    Travaillez de loul.es vos forces. Vénérables Frères, à réaliser ce programme pour le bien de votre Grand Séminaire. Pour Nous, Nous appelons sur vous les forces d'en haut, et Nous vous en donnons comme gage la bénédiction apostolique.

    Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 1 octobre 1901, de Notre Pontificat la vingt-quatrième année.

    LÉON XIII, PAPE.

    LA REVENDICATION DU POUVOIR TEMPOREL

    S. Eni. le cardinal Rampolla a adressé au cardinal Ferrari, archevêque <le Milan, une lettre importante concernant la revendication du pouvoir temporel du Saint-Siège. Le texte italien de cette lettre a été publié (A nafróla EcclcsiasUca, août 1002). Nous donnons la traduction :

    ÉMINENCE.

    Depuis quelque temps il se produit en certaines régions de l'Italie un fait qui a, avec raison, attiré la vigilante attention du Saint-Père.

    Assez fréquemment, en effet, des catholiques qui pourtant se déclarent dévoués au Saint-Siège, soit dans des conférences données devant de nombreux auditoires, soit dans des discours ou des toasts prononcés en des réunions publiques, soit dans des articles de journaux, parlent de la « Patrie italienne » et môme de V « Unité nationale » sans faire aucune réserve, ou au moins sans faire une réserve suffisamment explicite des droits du Saint-Siège concernant son pouvoir temporel. Au contraire, il en est même qui ont osé soutenir ouvertement qu'il est prudent de passer actuellement sous silence le pouvoir temporel du Pontife romain, afin de le revendiquer ensuite, dans un avenir éloigné, quand le peuple aura suffisamment été éclairé par la démocratie chrétienne.

    Je n'ai pas besoin de dire h Votre Kminence que ni les uns ni encore moins les autres ne méritent approbation.

    Afin que « la Question romaine » se maintienne toujours vivante dans la conscience des peuples et qu'ainsi on réserve l'avenir pour les desseins de la divine Providence, il est nécessaire que les catholiques italiens ne laissent échapper aucune occasion d'affirmer hautement leurs convictions sur ce point très important et de réclamer la liberté et l'indépendance territoriale pour leur auguste Chef, suivant ainsi l'exemple des catholiques des autres pays et se conformant aux enseignements constants de Saint-Siège, — bien persuadés, du reste, que le domaine temporel du Pape, s'il est nécessaire au libre développement du pouvoir ecclésiastique, favoriserait également l'union morale des esprits et la sécurité extérieure de la patrie.

    Le Saint-Père m'a ordonné de communiquer tout ceci à Votre Imminence afin qu'elle puisse, avec sa prudence bien connue, dans la région confiée à son zèle pastoral, prendre les mesures et donner les avertissements qu'elle jugera les plus opportuns pour empêcher le renouvellement des errements que je viens de vous signaler.

    En baisant très humblement les mains de Votre Imminence, je me redis, avec des sentiments de profonde vénération,

    De Votre Imminence, Le très humble et très dévoué serviteur, M. Card. RAMHHAA.

    Du Vatican, le 21 octobre 1901.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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