Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Le mémorial de la vie ecclésiastique · Saint Jean Eudes

    Chapitre préliminaire : De la dignité et sainteté de l'état ecclésiastique

    __« Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech.» Ps.CIX, 4__ __« Quodcumque ligaveris super terram, erit ligatum et in caelis; et quodcumque solveris super terram, erit solutum et in caelis.» Matth. XVI, 19.__ 151 __ Joan. XX, 21.__

    Bien davantage, vous avez pouvoir sur le souverain Seigneur du ciel et de la terre: car ne voyons-nous pas ce même Jésus, roi des hommes et des anges, qui a été sujet à sa très sainte Mère et à saint Joseph pendant qu'il a été en la terre, selon ces divines paroles: Et erat subditus illis 152, être encore assujéti à la puissance des prêtres, et ce depuis seize cents ans, jusqu'à la consommation des siècles ? N'obéit-il pas très ponctuellement à leur voix et à leur parole, et ne se rend-il pas entre leurs mains toutes fois et quantes qu'il leur plaît de l'appeler, s'il faut ainsi dire, par la consécration de son corps et de son sang, dans la très sainte Eucharistie ? N'ont-ils pas pouvoir sur son corps mystique, qui est son Église, sur son divin Esprit, sur sa grâce, sur ses mystères, puisque c'est par eux et par leur ministère que le Saint-Esprit est donné aux fidèles, que les trésors de la grâce leur sont distribués, et que les secrets et les merveilles des sacrés mystères leur sont manifestés ? N'est-ce pas pour cela que dans les saintes Écritures ils portent la qualité de dispensateurs des mystères de Dieu et de sa divine grâce 153 ?

    Mais, ce qui est beaucoup plus que tout cela, combien est merveilleux le pouvoir qu'ils ont sur le propre sang et sur le corps personnel du Sauveur? Pouvoir non seulement de le former sur les autels, de le donner à qui bon leur semble, de le porter et le mettre là où il leur plaît, d'en faire tout ce qu'ils veulent, mais même de le sacrifier tous les jours et à toute heure, à l'honneur de son Père et en rémission des péchés du monde, et par conséquent de l'anéantir autant qu'il est capable d'anéantissement; car qui dit sacrifice, dit anéantissement de la chose qui est sacrifiée. À raison de quoi celui qui a droit de sacrifier une chose a le pouvoir de l'anéantir dans le sacrifice qu'il en fait: pouvoir le plus grand et le plus absolu que Dieu même puisse exercer sur la dernière de ses créatures. Car le plus grand effet de la souveraineté qu'il a sur les choses qu'il a créées, c'est de les anéantir et de les sacrifier à sa gloire 154.

    C'est ainsi que Dieu a voulu honorer le grand et le divin ordre du sacerdoce de son Fils Jésus; c'est ainsi qu'il y eut exalter ceux qu'il appelle à ce saint ordre.

    C'est ainsi qu'il vous a élevés, vous tous qui portez le nom et la qualité de prêtres et de sacrificateurs du Très- Haut, au trône d'une royauté éternelle, d'une puissance divine et d'une dignité infinie. Car Dieu qui peut faire des créatures plus nobles, des hommes plus parfaits, des anges plus excellents, des mondes plus vastes et plus beaux, ne peut pas faire un sacerdoce plus digne et plus admirable que le sacerdoce chrétien. Oui, la dignité et la puissance sacerdotale est si relevée, que Dieu n'en peut faire de plus grande. Car il ne peut pas faire des prêtres qui puissent exercer des fonctions plus merveilleuses que celles que vous exercez en formant un Dieu dans la sainte Eucharistie, en l'offrant à Dieu en sacrifice, en le donnant aux fidèles, et en effaçant les péchés dans les âmes.

    Que dirai-je de plus ? Vous êtes les premiers officiers de la couronne du grand Monarque de l'univers, vous êtes les principaux ministres de son état, vous êtes les trésoriers de sa miséricorde, les intendants de ses finances et les dépositaires de tous ses biens; puisque c'est entre vos mains qu'il a mis toutes ses richesses, toutes ses conquêtes, tous les fruits de ses travaux, tous ses intérêts, toute sa gloire, tous les trésors de sa grâce, les clefs de son royaume, les sacrements de sa religion, la sainteté de ses divins mystères, la vertu de sa sainte parole, son corps mystique, son corps personnel, son précieux sang et tout ce qu'il a de plus cher.

    Vous êtes la partie la plus noble du corps mystique du Fils de Dieu. Vous êtes les yeux, la bouche, la langue et le coeur de l'Église de Jésus: ou, pour mieux dire, vous êtes les yeux, la bouche, la langue et le coeur de ce même Jésus.

    Vous êtes ses yeux: car c'est par vous que ce bon Pasteur veille continuellement sur son troupeau; c'est, par vous qu'il l'éclaire et qu'il le conduit; c'est par vous qu'il pleure celles d'entre ses brebis qui sont entre les griffes du loup infernal, et qu'il verse des larmes sur la mort de son cher Lazare, c'est-à-dire sur les âmes mortes par le péché.

    152 __Luc.II,51.__ 153 __ « Sic nos existimet homo ut ministros Christi et dispensatores mysteriorum Dei.» I Cor. IV, 1.__ 154 __ Cf. Olier, Traité des saints Ordres, 3e part., ch. 1.__

    Vous êtes sa bouche et sa langue: car c'est par vous qu'il parle aux hommes, et qu'il continue à leur annoncer la même parole,et le même Évangile qu'il leur a prêché par lui-même, lorsqu'il était sur la terre.

    Vous êtes son coeur: car c'est par vous qu'il donne la vraie vie, la vie de grâce en la terre et la vie de gloire au ciel, à tous les véritables membres de son corps. Oh ! que de merveilles ! Oh ! que de faveurs ! Oh ! que de grandeurs dans la dignité sacerdotale! Mais ce n'est pas tout.

    Je vous regarde et vous respecte comme les associés du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et en une manière la plus haute et la plus admirable qui se puisse dire. J'entends le grand Apôtre qui annonce à tous les chrétiens qu'ils sont appelés de Dieu en la société de son Fils. Vocati estis, leur dit-il, in societatem Filii ejus Jesu Christi 155 ; mais je puis dire avec vérité que Vocati estis in societatem Patris, et Filii, et Spiritus sancti. Car le Père éternel vous associe avec lui dans sa plus haute opération, qui est la génération ineffable de son Fils, qu'il fait naître de toute éternité dans son sein paternel; et dans sa plus excellente qualité, qui est sa divine paternité, vous rendant en une certaine et admirable manière les pères de ce même Fils, puisqu'il vous donne le pouvoir de le former et de lui donner naissance dans les âmes chrétiennes, et qu'il vous a choisis pour être les pères de ses membres, qui sont les fidèles, et pour faire office de vrais pères au regard d'eux 156. De sorte que vous portez en vous une vive image de la divine paternité du Père céleste: O sacerdos, s'écrie saint Augustin, Dei vicarie et pater Christi !

    Le Fils de Dieu vous associe avec lui dans ses plus nobles perfections et dans ses plus divines actions: car il vous rend participants de sa qualité de médiateur entre Dieu et les hommes, de sa dignité de juge souverain de l'univers, de son nom et de son office de Sauveur du monde, et de plusieurs autres excellences dont il est orné; et il vous donne pouvoir d'offrir avec lui à son Père le même sacrifice qu'il lui a offert sur la croix, et qu'il lui offre tous les jours sur nos autels, qui est la plus grande et la plus sainte action qu'il ait jamais faite et qu'il fera jamais.

    Le Saint-Esprit vous associe aussi avec lui en ce qu'il a opéré et en ce qu'il opère tous les jours de plus grand et de plus admirable: car pourquoi est-ce que le Saint-Esprit est venu en ce monde ? N'a-ce pas été pour dissiper les ténèbres de l'ignorance et du péché qui couvraient la terre, pour éclairer les esprits des hommes de la lumière céleste, pour échauffer leurs coeurs du feu sacré de l'amour divin, pour réconcilier les pécheurs avec Dieu, pour effacer le péché, pour communiquer la grâce, pour sanctifier les âmes, pour établir l'Église, pour lui appliquer les fruits de la passion et de la mort de son Rédempteur, et enfin pour détruire et anéantir en nous le vieil homme, et pour y former et faire naître Jésus-Christ?

    Or n'est-ce pas votre emploi et votre occupation ordinaire que de travailler en toutes les choses susdites? N'êtes-vous pas envoyés de Dieu pour former son Fils Jésus dans les coeurs ? Et n'est-il pas vrai que toutes les fonctions ecclésiastiques n'ont point de moindre but que la formation et la naissance d'un Dieu dedans les âmes ?

    Si bien que vous avez une merveilleuse alliance avec les trois Personnes éternelles; vous êtes les associés de la très sainte Trinité; vous êtes les coadjuteurs et les coopérateurs du Tout-Puissant en ses plus grandes oeuvres: Dei adjutores 157, cooperatores veritatis 158. Vous êtes les sacrificateurs du Très-Haut, les sanctificateurs des âmes, les médiateurs de Dieu et des hommes, les juges des nations et les sauveurs du monde, que le grand Sauveur a laissés ici-bas en sa place, pour y continuer et pour y accomplir l'oeuvre de la rédemption de l'univers. Aussi a-t-il voulu que vous portiez le nom de sauveurs dans les Écritures. Car c'est des prêtres, et spécialement des premiers, qu'il est fait mention en ces paroles du prophète Abdias: Ascendent salvatores in montem 155 __I Cor. 1, 9.__ 156 __Cf. Olier, Traité des Saints Ordres, 3e part., ch. 2, 1.__ __« Dei enim sumus adjutores. » I Cor. III, 9.__ 158 __ « Ut cooperatores simus veritatis. » III Joan., 8.__ Sion 159 ; et Clément Alexandrin ne fait pas difficulté de leur donner la qualité de rédempteurs 160.

    Tellement que vous êtes des Jésus-Christ vivants et marchants sur la terre, puisque vous portez le plus beau et le plus saint nom du Fils de Dieu, qui est le nom de Jésus et de Sauveur; que vous représenter sa personne; que vous tenez sa place; que vous êtes revêtus de sa royauté, de son sacerdoce, de son autorité et de ses autres divines perfections; que vous agissez en son nom et de sa part; que vous êtes employés dans ses plus grandes oeuvres, et, que vous avez à continuer la vie qu'il a menée sur la terre, et toutes les fonctions sacerdotales qu'il y a exercées 161.

    Enfin vous êtes les Dieux visibles de ce monde, enfants des Dieux, pères des Dieux. C'est le divin saint Denis Aréopagite qui vous donne ces trois grandes qualités, ainsi qu'il est facile de le colliger de ce qu'il dit en son livre de la Céleste Hiérarchie 162.

    Vous êtes Dieux, parce que vous occupez la place de Dieu en ce monde, et que vous êtes revêtus des qualités de Dieu, et que vous avez des pouvoirs qui n'appartiennent qu'à Dieu.

    Vous êtes enfants des Dieux, parce que vous êtes enfants des évêques, qui sont Dieux en un degré plus éminent.

    Vous êtes pères des Dieux, parce que vous êtes les pères des chrétiens, qui sont Dieux aussi: Ego dixi, dii estis 163, mais en un degré beaucoup inférieur. Un prêtre, dit saint Grégoire de Nazianze, c'est un Dieu qui produit des Dieux: Deus Deos efficiens 164. O excellence incomparable ! O dignité incompréhensible du sacerdoce de Jésus, communiqué à tous les prêtres de la religion chrétienne ! Oh ! combien sommes-nous redevables a celui qui nous a appelés à un état si saint et si relevé, qui nous a fait des faveurs si extraordinaires ! Oh ! que cette vocation est grande et importante, et qu'elle doit être puissante et manifeste ! Quelle grâce, quel bonheur, quelle bénédiction d'être appelé de Dieu à un ordre si divin et si rempli de merveilles. ' Mais, hélas ! quel crime, quel malheur, quelle malédiction de s'y ingérer de soi-même sans vocation ! Maledictus qui facit opus Dei fraudulenter 165. Oh! que nous sommes coupables, si, au lieu de sanctifier un si honorable ministère, nous le profanons ; si, au lieu d'honorer la dignité sacerdotale, nous l'avilissons; si, au lieu de nous comporter saintement dans les lieux saints et de traiter dignement les choses sacrées, nous les remplissons de sacrilèges; si, au lieu de chercher la seule gloire de notre Maître et le salut des âmes, nous courons après la gloire du monde et après nos intérêts particuliers; si, au lieu d'être revêtus de la sainteté de Dieu, de sa pureté, de sa miséricorde et de sa charité, comme nous le sommes de sa puissance et de son autorité, nous sommes possédés de notre avarice, de notre ambition et de nos autres passions; si, au lieu d'être animés de l'esprit de Jésus-Christ, nous sommes remplis de l'esprit du monde; si, au lieu de suivre ce même Jésus-Christ 159 __Abdias, 21.__ __Clem. Al. in Oseam.__ __Cf. Olier, Traite des saints Ordres, 3e part., ch. 2.__ 162 __Cf. De coel. Hierarchia, cap. III, cum annotationib. Corderii et Paraphrasi Pachymerae; Migne, Patrolog, graec.,latine tantum edita, tom. II. On conteste vivement aujourd'hui l'authenticité des oeuvres attribuées à saint Denis l'Aréopagite; mais les arguments qu'on lui oppose n'infirment en rien la valeur doctrinale de ces écrits.__

    163 __Ps. LXXXI, 6.__

    164 __« Deum existentem et Deos efficientem. » Orat. Apolog.__ __Jerem. XLVIII, 10.__ comme notre règle, nous n'en suivons point d'autre que nos inclinations perverses; si, au lieu de conduire notre vie selon les divines maximes de l'Évangile, nous nous conformons aux maximes damnables du siècle corrompu; si, au lieu d'être des fontaines de grâce et de bénédiction, nous sommes des sources de poison et de malédiction; si, au lieu de faire office de sauveurs, en conduisant les âmes dans le ciel, nous sommes si malheureux que de servir à la rage des démons, en les précipitant dans l'enfer par notre mauvais exemple ou par notre lâcheté et négligence ! Certainement tous les travaux que le Fils de Dieu a portés, toutes les souffrances qu'il a endurées, toutes les plaies qu'il a reçues, et toutes les gouttes de sang qu'il a répandues pour ces mêmes âmes seront autant de langues et de voix qui crieront vengeance contre nous devant Dieu au grand jour du jugement et à l'heure de notre mort. Oh ! que la divine justice nous sera terrible en ce jour et en cette heure formidable ! Oh ! que notre jugement sera épouvantable ! Oh ! que notre condamnation sera effroyable ! Oh ! quel enfer, Oh ! quels châtiments, Oh ! quels tourments nous sont préparés, si nous ne glorifions pas Dieu selon la connaissance que nous avons de sa divine Majesté; si nous lui dérobons nos coeurs et nos affections qui lui appartiennent par tant de titres, pour les donner au néant et à la vanité des créatures; si nous employons les biens de l'Église, qui sont la substance de Jésus-Christ, le fruit de ses travaux et de son sang et l'héritage des pauvres, en vanités, en superfluités, ou pour élever et enrichir nos parents; si nous foulons aux pieds tant et tant de grâces qu'il nous a faites; si nous déshonorons la gloire de son sacerdoce; si nous anéantissons les fruits de la vie et de la mort de son Fils, et si nous rendons sa passion, son sang, ses larmes et tous les travaux de la vie d'un Dieu et d'une vie de trente-quatre ans, vains et inutiles au regard de nous et au regard des autres; et si, au lieu d'être les premiers à le servir, honorer et aimer, nous sommes les premiers à le persécuter, outrager et crucifier derechef !

    Je ne prétends pas, en disant ces choses, accuser ni condamner personne. Grâces à Dieu, nous sommes dans un temps auquel nous avons grand sujet de nous réjouir, et de le bénir, voyant tant de bons pasteurs et tant de saints ecclésiastiques, qui sont des exemplaires de vertu, et qui travaillent avec beaucoup de zèle pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes. Mais c'est la force et l'importance du sujet qui m'emporte dans ces mouvements, avec la crainte que j'ai que, comme dans la sainte famille de Jésus il s'est trouvé un Judas, il ne s'en rencontre encore aujourd'hui quelques-uns qui veuillent être les héritiers et les successeurs de la perfidie de ce traître. Car si, entre les douze apôtres du Fils de Dieu, tous choisis et appelés de lui au sacerdoce et à l'apostolat, élevés et nourris en sa compagnie, instruits et édifiés par sa parole et par son exemple, spectateurs de ses miracles et témoins de la sainteté de sa vie, il s'est vu un tel monstre d'ingratitude et d'impiété, certainement il y a un grand sujet de craindre qu'au milieu d'une si grande quantité de prêtres qui sont maintenant dans l'Église, il n'y ait encore quelques fils de perdition. Mais comme l'apostasie de Judas n'a point obscurci la gloire du collège apostolique, aussi, si d'aventure il se trouve quelques nouveaux Judas, qui trahissent leur conscience et la fidélité qu'ils doivent à leur Maître, cela n'est point capable de diminuer la sainteté et la dignité de son divin sacerdoce, que j'honore tant que je baiserais volontiers la terre par où passent ceux auxquels il a plu à Dieu de le communiquer.

    C'est pourquoi, après avoir consacré ce petit ouvrage aux saints prêtres de l'Église triomphante, je souhaite pareillement le dédier à tous les bons pasteurs et à tous les saints prêtres de l'Église militante, comme un petit témoignage du respect que je porte et de l'hommage que je veux rendre au royal sacerdoce de mon Seigneur Jésus, que je regarde et que j'honore dedans mes très chers frères: comme aussi je désir vous mettre ce livre entre les mains, afin qu'il vous serve de mémorial sur ce qui regarde les qualités et les excellences, et ensuite les obligations et les devoirs de notre profession, et la manière d'exercer saintement et facilement toutes les fonctions sacerdotales.

    Je supplie de tout mon coeur le grand Pasteur des âmes et le souverain Prêtre Jésus de bénir mon travail et mon dessein, et de le rendre agréable et profitable à tous ceux qui s'en voudront servir, et ce pour la pure gloire de sa divine majesté, qui soit toujours notre unique prétention et la seule fin de toutes nos pensées, paroles, actions et affections, pour le temps et pour l'éternité.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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