Le combat spirituel · Lorenzo Scupoli
Introduction :
À notre chef suprême et glorieux triomphateur Jésus-Christ, fils de Marie. Les sacrifices et les présents des mortels ont toujours plu et plaisent encore à votre Majesté souveraine, surtout lorsqu'ils vous sont offerts avec un cœur sincèrement dévoué à votre gloire. C'est ce qui m'engage à vous offrir ce petit traité du Combat spirituel, et à le dédier à votre divine Majesté. Si modeste que soit mon offrande, je ne crains pas de vous la présenter, car je sais que vous êtes ce Dieu très haut qui se plaît aux choses les plus humbles et dédaigne les vaines et prétentieuses grandeurs du monde. Pouvais-je, sans me rendre digne de blâme et sans me nuire à moi-même, l'offrir à un autre qu'à vous ô Roi du Ciel et de la terre ? La doctrine consignée en ce traité est votre doctrine, puisque c'est vous qui nous avez appris à nous défier de nous-mêmes, à nous confier en vous, à combattre et à prier. En outre, s'il faut dans tous les combats un chef expérimenté qui dirige la lutte et anime les soldats, et si les troupes combattent d'autant plus vaillamment qu'elles ont à leur tête un plus habile capitaine, comment oserions-nous entreprendre ce combat spirituel sans un chef qui nous conduise à la victoire ? Nous tous donc qui sommes décidés à combattre et vaincre nos ennemis, nous vous choisissons pour capitaine, ô Christ Jésus : vous avez vaincu le monde et le prince des ténèbres, et en assujettissant votre chaire sacrée aux souffrances et à la mort, vous avez dompté la chair de tous ceux qui ont combattu, et qui combattront généreusement sous vos enseignes. Lorsque je composais ce traité, j'avais toujours cette parole présente à l'esprit : Non que nous soyons capables par nous-mêmes de penser quelque chose, comme de nous-mêmes (II Cor. 3, 5). Si nous ne pouvons, sans vous et sans votre secours, avoir une seule bonne pensée, comment pourrions-nous, abandonnés à nos forces, lutter contre tant d'ennemis et échapper à tant d'embûches ? C'est à vous, Seigneur, qu'appartient tout entier ce Combat spirituel, puisque c'est votre doctrine qu'il enseigne. C'est à vous aussi qu'appartiennent tous les combattants parmi lesquels se rangent les clercs réguliers théatins. Prosternés donc aux pieds de votre Majesté suprême, nous vous prions d'accepter ce Combat spirituel et de nous animer par votre grâce à lutter généreusement. Nous sommes persuadés que, si vous combattez en nous, nous remporterons la victoire pour votre gloire et celle de votre très sainte Mère. Votre très humble serviteur, racheté par votre sang précieux, LAURENT SCUPOLI Clerc régulier théatin.