Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    L'institution de la sainte Confrérie et Société du Sacré Cœur de Jésus et de Marie · Saint Jean Eudes

    Première partie

    III : Règlement pour la Confrérie du Cœur de Jésus et de Marie

    Pour la Confrérie du Coeur de Jésus et de Marie.

    La Société du très saint Coeur de Jésus et de Marie a deux fins principales. La première est d'engager ceux qui ont le bonheur d'y être associés, à s'efforcer de se rendre les vrais enfants de ce divin Coeur par une soigneuse imitation des vertus dont il est orné, spécialement de son amour vers Dieu, de sa charité vers les hommes, et de son humilité très profonde.

    La seconde est pour les exciter à obtenir du Père des miséricordes la chose du monde qui est la plus importante et la plus nécessaire pour sa gloire, pour le bien de son Église et pour le salut des âmes, à savoir qu'il lui donne des Pasteurs et des Prêtres qui soient selon son Coeur, conformément au commandement que son Fils bien-aimé a fait à tous les fidèles par ces paroles: La moisson est grande, il y a peu d'ouvriers; priez donc le Maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers à sa moisson 1.

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    «Messis quidem multa, operarii autem pauci Rogate ergo Dominum messis, ut mittat operarios in messem suam » Matth. IX, 37, 38.

    Comme cette Société doit être, non pas de nom seulement, mais véritablement et en effet la Société du divin Coeur de Jésus et de Marie, c'est-à-dire une Société de personnes qui s'étudient efficacement à mener une vie conforme à celle de ce Coeur sacré par une parfaite imitation de toutes ses vertus; toutes sortes de personnes n'y seront pas reçues, mais seulement celles dont le coeur sera rempli de la crainte et de l'amour de Dieu, d'une véritable et solide dévotion, et d'une affection spéciale vers la sainte Vierge.

    Elles dresseront leur intention d'une si bonne manière, que ce ne soit pas tant les Indulgences que cette Société contient, qui les obligent de s'y faire associer, que le désir d'être du nombre des véritables enfants du saint Coeur de Jésus et de Marie, et de devenir tels par l'imitation de ses vertus.

    Celles qui auraient quelque inimitié ou froideur vers le prochain, seront obligées de se réconcilier avant que d'être reçues.

    Les femmes et les filles qui portent la gorge, ou les épaules ou les bras découverts, ou qui sont habillées mondainement et avec excès; tous ceux et celles qui vont au bal aux danses, aux comédies, ou en masque, n'y doivent point être admis qu'auparavant ils n'aient quitté et retranché toutes ces choses qui déplaisent extrêmement au Coeur très saint et très pur de Jésus et de Marie.

    Les Associés se confesseront et communieront au jour de leur réception.

    Ils feront la fête du Divin Coeur de Jésus le 20 Octobre, et celle du Sacré Coeur de Marie le 8 Février, avec une particulière dévotion.

    Ils se confesseront, communieront et visiteront l'église du Coeur de Jésus et de Marie.

    Aussi ils auront soin de se confesser et communier au moins en la Nativité, l'Ascension de Notre-Seigneur, et l'Assomption de la Sainte Vierge.

    Le premier jeudi de chaque mois, on dira une messe en l'honneur de ce même Coeur, pour tous les Associés, à l'heure qui sera réglée.

    Les Associés auront une charité spéciale les uns pour les autres; ils se visiteront et assisteront dans leurs maladies et dans leurs autres nécessités, autant qu'ils le pourront.

    Ils auront une affection tendre pour les pauvres, pour les veuves, les orphelins, pour les étrangers et pour tous les affligés, qu'ils assisteront et consoleront selon le pouvoir que Dieu leur en donnera.

    Les pères et mères de la Société auront grand soin de l'éducation de leurs enfants et de leurs serviteurs, les élevant en la crainte de Dieu, leur apprenant les mystères de notre religion et les excitant à fréquenter souvent les saints Sacrements. Ils ne souffriront en eux ni jurements ni mauvaises paroles, et ils les porteront à ces saintes pratiques plutôt par leurs exemples que par leurs paroles.

    Quand on portera le Saint-Sacrement à quelque malade de la Société, les autres l'accompagneront s'ils le peuvent faire; et s'ils ne le peuvent pas, ils diront à genoux, au son de la cloche, un Pater et un Ave pour le malade.

    Lorsqu'il mourra quelqu'un des Associés, les autres assisteront à son inhumation, si la commodité leur permet, ou bien ils diront pour le défunt cinq fois le Pater et l'Ave.

    S'il arrive quelque discorde entre eux, l'on en donnera avis au Directeur de la Société, qui aura soin au plus tôt de les pacifier, et celui qui se rendra inflexible sera retranché de la Société.

    Si quelques-uns tombent en quelque désordre ou dérèglement notable, le même Directeur en étant averti fera tout son possible pour y apporter les remèdes convenables, et s'ils n'ont aucun effet, il en retranchera les incorrigibles.

    Le Supérieur du Séminaire sera le Directeur de la Société !, ou donnera ce soin à un prêtre de sa communauté: et ce Directeur aura un grand zèle de la maintenir en l'état auquel elle doit être, et de bien faire connaître, tant à ceux qui sont déjà reçus, qu'à ceux qui se feront recevoir à l'avenir, l'importance de la fin pour laquelle elle est établie, et de l'intention qu'il faut avoir en y entrant, à savoir: de s'exercer de devenir, avec l'aide de Dieu, les véritables enfants du très aimable Coeur de Jésus et de Marie, par une ressemblance des vertus dont il est orné, lesquelles ils travailleront d'imiter autant qu'ils pourront; ___________________

    Dans les Manuels de Montbareil et de Caen, cet alinéa commence ainsi: «Le Confesseur des Religieuses de Notre-Dame de Charité sera le Directeur de la Société, et aura un grand zèle... et faire d'instantes prières à Dieu afin qu'il lui plaise de donner à son Église, notamment à ce diocèse, des Pasteurs et des Prêtres qui soient selon son Coeur, et de sanctifier de plus en plus ceux qui y sont déjà établis.

    Les Associés donc prendront une forte résolution, laquelle ils renouvelleront souvent, d'imprimer dans leurs coeurs une image parfaite des saintes qualités et des divines vertus qui règnent dans le Coeur du Roi et de la Reine des Anges; et de faire de ferventes prières à Dieu qu'il lui plaise de sanctifier tout l'État ecclésiastique, et en particulier le clergé du diocèse.

    Ceux qui seront prêtres auront, s'il leur plaît, un souvenir tout particulier dans leurs saints Sacrifices, et les autres dans leurs prières et communions, de ces mêmes intentions, et de recommander à Dieu tous ceux de la Société, à ce qu'il lui plaise de les sanctifier de plus en plus, afin qu'ils se rendent dignes de porter toujours la qualité des enfants bien-aimés du saint et sacré Coeur de Jésus et de Marie. Enfin tous les Associés s'emploieront, de paroles, d'effet et en toutes façons, à procurer et avancer l'établissement des Séminaires ecclésiastiques, comme étant le plus puissant et presque l'unique moyen de peupler l'Église de saints ouvriers, de bons Prêtres et de Pasteurs vigilants.

    Cette Société n'oblige à aucune chose, ni même à aucunes prières particulières, sinon celles qui sont nécessaires pour gagner les Indulgences. Néanmoins il sera bon et très agréable à Dieu et à ce Sacré Coeur, d'en faire, ou tous les jours régulièrement, ou au moins le plus souvent qu'on pourra, pour rendre honneur à ce divin Coeur, et pour l'accomplissement des fins et intentions pour lesquelles cette Société et Confrérie est érigée 1.

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    A la suite de ce Règlement, le Manuel imprimé à Tréguier contient la note suivante:

    Avis pour les Confrères et Soeurs de la Confrérie.

    «En témoignage d'une constante fidélité, il sera bon que tous ceux et celles qui entreront dans cette Confrérie portent nuit et jour, sur leur poitrine, une médaille en forme de coeur, où sera gravé en relief, d'un coté un regard de Jésus et de Marie, et sera écrit de l'autre ces mots: VIVE JÉSUS ET MARIE. Cette médaille pourra être d'or, d'argent ou autre métal. Elle sera bénite par le Directeur de la Confrérie ou par tout autre prêtre, et sera aux Associés une marque de l'assistance spéciale qu'ils ont aux Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie, et de l'obligation où cette sainte Société les engage d'imiter aimer et bénir sans cesse ces deux adorables Coeurs. »

    Cette pratique est supposée dans l'Élévation à la très sainte Mère de Dieu, que l'on trouvera ci-après, part. 2, § 5.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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