Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Exercice de piété pour les malades et moribonds · Saint Jean Eudes

    Protestations chrétiennes pour mourir chrétiennement : suite

    O mon souverain Seigneur, j'adore de toutes mes affections tous les desseins que votre divine Volonté daigne avoir sur moi, protestant que je renonce pour jamais à ma propre volonté, et que je me donne, me livre et m'abandonne entièrement à la vôtre, pour tout ce qu'il lui plaira ordonner de moi, au corps et en l'esprit, en la vie et en la mort, au temps et en l'éternité.

    Et pour cet effet, je me donne à votre Fils Jésus, pour vous dire avec lui, et pour vous le dire dans les saintes dispositions avec lesquelles il l'a dit: Pater, non mea voluntas, sed tua fiat 3 : « Père saint, non pas ma volonté, mais la vôtre soit faite » en tout et partout, et sans aucune réserve ! Ainsi soit-il.

    Luc. XXIII, 34.

    Luc. XXII, 24.

    XI. - Protestation de sacrifice de soi-même.

    O Jésus, je vous adore dans l'amour infini avec lequel vous avez sacrifié, en la croix, votre vie infiniment précieuse, pour la gloire de votre Père et pour mon salut.

    En l'honneur et union de ce même amour, je vous sacrifie ma chétive et misérable vie, vous protestant que, si j'avais toutes les vies des hommes et des Anges, voire même une vie telle que la vôtre, moyennant votre grâce, je les voudrais immoler à la gloire de votre Père et pour votre pur amour, au temps, au lieu et en la manière qui vous serait la plus agréable. Mais faites vous-même ce sacrifice, ô mon Sauveur, puisque je suis plus à vous qu'à moi; et le faites en la manière que vous jugerez la plus convenable pour l'honneur de votre divine Majesté. Ainsi soit-il.

    XII. - Protestation pour l'agonie, la mort et la sépulture.

    O Jésus, vous êtes la vie et la vie éternelle: et néanmoins vous avez voulu mourir pour l'amour de moi. Je vous adore au dernier jour, en la dernière heure et au dernier moment de votre vie. J'adore vos dernières pensées, paroles, actions et souffrances. J'adore le dernier usage que vous avez fait de toutes les facultés de votre âme et de votre corps. J'adore votre dernier soupir. Je vous adore dans votre agonie, dans votre mort et dans votre sépulture.

    Je vous offre et consacre mon dernier jour, ma dernière heure, mon dernier moment, mes dernières pensées; paroles, actions et souffrances, le dernier usage des puissances de mon âme et des sentiments de mon corps, mon agonie, mon dernier soupir, ma mort et ma sépulture, en l'honneur et action de grâces de ces mêmes choses qui se sont passées en vous.

    O bon Jésus, je me donne à vous de tout mon coeur, pour entrer dans les saintes dispositions avec lesquelles vous, votre très digne Mère, vos saints Martyrs et tous vos autres Saints sont morts; protestant que je désire que mon dernier soupir soit un acte de pur amour vers vous. Ainsi soit-il. XIII.- Protestation qu'il est bon de faire en la présence du Saint-Sacrement, avant que de le recevoir comme viatique.

    O Jésus, mon Seigneur et mon Dieu, je proteste en la face du ciel et de la terre, que je crois fermement que vous êtes réellement et véritablement dans ce très saint Sacrement, et que je me tiendrais bien heureux de donner ma vie pour cette créance. Je vous adore, o Jésus Hé, que le ciel et la terre vous adorent avec moi ! Je vous rends grâces infinies de la faveur infinie que vous me faites de me visiter. Je vous demande pardon de tout mon coeur de mes innombrables péchés, offenses et négligences, et je demande pardon aussi à toutes les personnes que j'ai offensées.

    Je reconnais que je suis infiniment indigne de vous recevoir. Je le désire néanmoins, pour toutes les intentions pour lesquelles vous voulez que je le fasse; et je me donne à vous pour entrer dans toutes les saintes dispositions avec lesquelles vous avez jamais été reçu par votre bienheureuse Mère. et par tous les Saints et Saintes qui ont communié à la fin de leur vie.

    Venez, ô mon Jésus, venez, ma vie, ma voie et mon salut; venez, mon trésor, ma gloire et mon souverain bien; venez, mon Dieu, mon Roi et mon Sauveur; venez en moi pour y détruire tout ce qui vous y déplaît, pour prendre une pleine et entière possession de mon coeur et de mon âme, de ma vie et de mon être, et pour y établir parfaitement et pour jamais le règne de votre divin amour et de votre très adorable volonté. Ainsi soit-il.

    XIV. -Protestation sur le sacrement de l'Extrême-Onction, qu'il est bon de faire avant que de le recevoir.

    O mon Sauveur, je vous adore comme l'auteur et l'instituteur de ce saint Sacrement. Je vous rends grâces infinies de l'avoir établi dans votre Église, et de la grâce que vous me faites maintenant de le recevoir. Et je proteste que je désire le recevoir pour les intentions pour lesquelles vous l'avez institué; et que je me donne à vous pour le recevoir dans les saintes dispositions avec lesquelles tant de grands Saints et Saintes l'ont reçu. Préparez-moi vous-même, s'il vous plaît, pour le recevoir dignement.

    O Mère de Jésus, Anges de Jésus, Saints et Saintes de Jésus, priez mon Sauveur pour moi, qu'il opère en mon âme tous les effets qu'il désire y opérer par ce sacrement, et qu'il accomplisse tout les desseins que son infinie bonté daigne avoir au regard de moi, pour l'amour de lui-même et pour sa seule gloire. Ainsi soit-il.

    XV. - Protestation de ratification de tout ce qui se fait de bon par autrui pour le malade.

    O mon DIEU, puisque je vous appartiens par une infinité de titres, je désire que tout mon être et tous les moments et usages de ma vie jusqu'au dernier, soient employés en votre gloire. Mais, s'il arrive qu'en mes dernières heures je vienne à perdre l'usage des sens et de la raison, je vous offre et vous consacre dès maintenant toutes les fonctions de mon corps et de mon âme. Je me donne à vous pour entrer en communion avec tous les Saints de l'Église triomphante, militante et souffrante. Je supplie mon bon Ange, tous les autres Anges et Saints, et la très sacrée Vierge, de faire pour moi devant vous tout ce que je devrais faire si j'avais la pleine liberté de mon esprit, protestant que je ratifie et approuve tous les actes de vertu, toutes les prières et toutes les bonnes choses qui seront alors faites pour moi par les habitants du ciel ou par ceux de la terre. Ainsi soit-il.

    XVI. -Protestation touchant l'Indulgence plénière.

    O mon Sauveur, je crois fermement que vous avez donné pouvoir à votre Église de me délier, non seulement de la coulpe de mes péchés par le sacrement de Pénitence, mais aussi de la peine par le moyen des Indulgences. Je désire les gagner pour l'amour de vous. Donnez-moi, s'il vous plaît, les dispositions qui sont requises pour cet effet. Je conjure tous vos Anges, tous vos Saints et votre très chère Mère de m'obtenir de vous cette miséricorde.

    Et, afin de m'y préparer, je m'accuse derechef devant vous de tous mes péchés; je les déteste de toutes mes forces, parce qu'ils ont été cause de vous faire souffrir tant de tourments et une mort si cruelle. J'y renonce pour jamais, et à tout ce qui vous déplaît; et je vous proteste que je ne veux plus avoir d'être, ni de vie, que pour la sacrifier à votre pure gloire et à l'accomplissement de votre très adorable volonté ! Ainsi soit-il.

    Ensuite, on baise une croix ou une médaille où il y a des indulgences, en prononçant trois fois, avec toute la dévotion possible le saint Nom de Jésus et de Marie1.

    XVII.- Protestation touchant le jugement qui se fait par Jésus-Christ à l'instant de la mort.

    O Jésus, je vous adore comme mon Juge souverain, et me soumets volontiers à la puissance que votre Père vous a donnée de me juger. Je vous adore, vous loue et vous glorifie dans le jugement que vous exercerez et dans la sentence que vous prononcerez au regard de moi, quelle qu'elle soit, au moment de mon trépas. Et je veux dire dès maintenant de tout mon coeur: Justus es Domine, et rectum judicium tuum 5. Mais pourtant, ô mon Sauveur, j'ai confiance en votre infinie bonté, que cette sentence me sera favorable.

    Vous avez dit, Seigneur, que celui qui croit en vous ne sera point jugé. Or, je proteste que je crois tellement en vous, que, moyennant votre grâce, je voudrais sacrifier pour ce sujet toutes les vies du ciel et de la terre, si elles étaient à moi.

    Vous avez dit aussi, par votre Apôtre que, si nous nous jugeons nous-mêmes, nous ne serons point jugés. Or, je me donne à vous pour entrer dans le zèle de votre justice contre moi-même, afin de me traiter, de me juger et de me condamner moi-même comme un pécheur et un criminel qui mérite toutes sortes de châtiments. Et à cette fin, je reconnais et confesse, devant toutes les créatures, que je suis infiniment indigne de votre grâce, que je ne mérite que l'enfer, et que même je ne vaux pas que vous preniez la peine d'exercer votre jugement sur moi; pouvant vous dire avec l'un de vos serviteurs, et ayant bien plus sujet de vous le dire que lui: Et dignum ducis super hujuscemodi aperire oculos tuos, et adducer eum tecum in judicium 6 : « Est-il possible, ô grand Dieu, que vous daigniez bien ouvrir les yeux pour regarder un sujet si misérable comme je suis, et que vous veuilliez prendre la peine de me faire paraître devant le trône de votre justice ? » Non intres in judicium cum servo tuo, Domine, quia non justificabitur in conspectu tuo omnis vivens 7 : « Seigneur, n'entrez point en jugement avec votre très indigne et très infidèle serviteur, car il n'y a personne qui puisse se justifier devant vous. »

    Domine, secundum actum meum noli me judicare, quia nihil dignum in conspectu tuo egi. Ideo deprecor. Majestatem tuam, ut tu Deus deleas iniquitatem meam. Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam tuam. Amen XVIII.- Protestation et invocation au regard de la très sainte Vierge Marie.

    O Marie, Mère de Jésus, Reine des hommes et des Anges, prosterné à vos pieds en tout le respect et affection de tous les coeurs qui vous aiment, je proteste à la face de l'univers que je vous reconnais et honore comme la Mère de mon Créateur, la Vierge des vierges et la Dame souveraine de tout le monde, à qui Dieu a donné tout pouvoir au ciel et en la terre; et que je me tiendrais bien heureux de mourir pour le soutien de ces vérités, et d'être anéanti plutôt que vous me fussiez pas ce que vous êtes.

    O Mère de grâce, que de faveur j'ai reçues de la divine bonté par votre moyen ! Je vous en remercie autant que je puis, et je supplie tous les Anges et tous les Saints de vous en remercier pour moi.

    O Mère de miséricorde, de combien d'ingratitudes, d'infidélités et d'offenses suis-je coupable au regard de vous ! Je vous en demande pardon de tout mon coeur.

    O Mère d'amour, avocate des pécheurs, refuge des misérables, consolatrice des affligés, c'est en vous qu'après Dieu j'ai mis toute mon espérance. Ne me rejetez donc pas, et ne permettez pas que celui qui se confie en vous soit confondu de son attente; mais ayez pitié de moi, assistez-moi, spécialement en la dernière heure de ma vie; soyez présente à mon décès et me prenez en votre sainte protection.

    O ma très chère Maîtresse, ô ma soeur très aimée, ô ma Mère, ô ma très bonne Mère, Dic, obsecro, quod soror mea, imo quod Mater mea sis, ut bene mihi sit propter te, et vivam ob gratiam

    Ps. CXVIII, 137. Job, XIV, 3. Ps. CXLII, 2.

    tui 8 :« Dites, s'il vous plaît, au souverain Juge, que vous êtes ma soeur, voire même que vous êtes ma Mère, afin qu'en votre considération il me soit favorable », et qu'il donne la vie à un criminel qui mérite la mort éternelle.

    Monstra te esse Matrem; monstra te esse Matrem; monstra te esse Matrem.

    O Mater dilectissima,

    O cordis mei Domina,

    Mihi te Matrem exhibe

    Meque te dignum effice

    Natum benigna respice,

    Natum ubique protege:

    Ut tibi pangat coelica

    Aeterna laudis cantica.

    O trésorière de la très sainte Trinité, qui avez en main tous les trésors de Dieu pour les distribuer aux pauvres, vous voyez mon extrême pauvreté. Il n'y a personne au monde de plus pauvre que moi, puisque de moi-même je n'ai rien, ne puis rien et ne suis rien; et cependant je suis redevable à Dieu, aux Anges, aux Saints et à toutes les créatures. Ayez donc compassion de ma misère, suppléez à tous mes manquements, payez toutes mes dettes: priez la divine Justice qu'elle prenne dans ses trésors immenses, qui sont entre vos mains, la satisfaction de tout ce que je lui dois pour mes innombrables péchés.

    Enfin, ô ma très chère Mère, ô la vie, l'espérance, la joie et la Reine de mon coeur, je vous donne mon âme, logez-la, s'il vous plaît, dans votre sein maternel; défendez-la des embûches de ses ennemis; purifiez-la de toutes ses ordures dans le sang précieux que votre Fils a répandu pour elle, ornez-la de toutes les grâces et vertus qui lui sont nécessaires et convenables pour être agréable aux yeux de la divine Majesté; recevez-la à la sortie de son corps, présentez-la à mon Sauveur, et faites en sorte qu'elle soit du nombre de ceux qui verront sa divine face, et qui béniront à jamais avec lui, avec vous et avec tous les Anges et les Saints, la très adorable Trinité. Eia ergo, Advocata nostra; Eia ergo, Advocata nostra; Eia ergo, Advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte :et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende. O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria !

    C'est de quoi je vous supplie, ô Mère de Jésus, par vos sacrées entrailles qui l'ont porté, par vos bénites mamelles qui l'ont allaité, par votre très saint Coeur qui l'a tant aimé, par toutes les plaies douloureuses dont ce même Coeur a été navré au temps de sa passion, par toutes les joies qu'il a eues en la terre et qu'il possède dans le ciel, spécialement par la joie indicible dont il a été comblé lorsque votre Fils bien aimé vous a visitée après sa résurrection; enfin, par le très grand amour que la très sainte Trinité vous porte et que vous lui portez, et par toutes les saintes prières qui vous ont jamais été faites en la terre et au ciel.

    Exaucez-moi, exaucez-moi, ô très bonne Vierge, qui n'avez jamais rebuté aucun de ceux qui ont eu recours à votre incomparable bonté: Memorare, o piissima Virgo Maria, non esse auditum a saeculo, quemquam ad tua currentem praesidia, tua implorantem auxilia, tua petentem suffragia, esse derelictum. Ego, tali animatus confidentia, ad te, Virgo virginum Mater, curro; ad te venio; coram te gemens peccator assisto: Noli, Mater Verbi, Mater Jesu, Mater amabilis, Mater admirabilis, Mater mea charissima, noli inquam verba mea despicere, sed audi propitia, et exaudi. Amen.

    Gen. XII, 13.

    Ave Maria, Filia Dei Patris2 ;

    Ave Maria, Mater Dei Filii;

    Ave Maria, Sponsa Spiritus sancti;

    Ave Maria, templum totius Divinitatis:

    Ave Maria, candidum lilium fulgidae, semperque tranquilla Trinitatis;

    Ave Maria, rosa praefulgida caelica amaenitatis;

    Ave Maria, Virgo virginum, Virgo fidelis, de qua nasci, et de cujus lacte pasci Rex caelorum voluit;

    Ave Maria, Regina Martyrum, cujus animam doloris gladius pertransivit; Ave Maria, Domina mundi, cui data est omnis potestas in caelo et in terra; Ave Maria, Regina cordis me; Mater, vita, dulcedo et spes mea carissima;

    Ave Maria, Mater amabilis;

    Ave Maria, Mater admirabilis;

    Ave Maria, Mater misericordiae;

    Gratia plena, Dominus tecum;

    Benedicta tu in mulieribus;

    Et benedictus fructus ventris tui, Jesus;

    Et benedictus sponsus tuus Joseph;

    Et benedictus pater tuus Joachim;

    Et benedicta mater tua Anna;

    Et benedictus filius tuus Joannes;

    Et benedictus Angelus tuus Gabriel;

    Et benedictus Pater aeternus, qui te elegit;

    Et benedictus Filius, qui te amavit;

    Et benedictus Spiritus sanctus, qui te sponsavit;

    Et benedicti in aeternum omnes qui benedicunt tibi, et qui diligunt te. Amen.

    Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria. Amen.

    XIX. -Protestation et invocation au regard des Anges et des Saints.

    O mon saint Ange gardien, ô bienheureux saint Michel, ô bienheureux saint Gabriel, ô bienheureux saint Raphaël, ô bienheureux saint Joseph, ô bienheureux N... ô tous les Anges et tous les Saints et Saintes du Paradis, je vous salue et vous honore tous en général et chacun en particulier, autant que je puis et que je dois selon Dieu.

    Je vous remercie de tous les effets de votre charité vers moi, et vous demande pardon de tout ce que j'ai fait qui vous a été désagréable.

    Vous voyez le besoin extrême que j'ai maintenant de votre secours: ne me le refusez donc pas, s'il vous plaît, mais aidez-moi par vos prières, défendez-moi, suppléez à mes défauts; faites pour moi devant Dieu tout ce que vous savez que je suis obligé de faire. Assistez mon âme lorsqu'elle sortira de son corps, présentez-la à sa divine Majesté, et lui offrez quant et quant vos mérites et intercessions pour moi, afin que je sois digne de lui sacrifier éternellement avec vous un sacrifice de louange et d'amour.

    Car je proteste que je ne prétends autre chose, en ce monde ni en l'autre, sinon d'aimer et bénir à jamais avec vous Celui qui seul est digne de tout honneur, gloire et amour, et qui soit pour jamais glorifié et aimé de toutes ses créatures. Ainsi soit-il.

    XX. - Protestation sur les dernières paroles que Notre-Seigneur a dites en mourant, et qu'il faut dire avec lui.

    O Jésus, je vous adore dans les saintes dispositions avec lesquelles vous avez prononcé les dernières paroles que vous avez dites en la croix, recommandant votre âme entre les mains de votre Père. Je me donne à vous pour entrer en ces mêmes dispositions, protestant que je désire prononcer ces paroles en votre esprit, c'est-à-dire en union de la résignation, dévotion, amour, confiance et autres saintes dispositions avec lesquelles vous les avez proférées.

    Et, à cette fin, je veux dire de tout mon coeur: Pater in manus tuas commendo spiritum meum. Mais dites-le pour moi. ô mon Sauveur; dites-le pour moi, ô Mère de Jésus; dites-le pour moi, ô bienheureux saint Gabriel, o bienheureux saint Joseph, ô tous les Anges et tous les Saints et Saintes de Jésus. Et que je dise avec Jésus, et avec tous les Saints et Saintes qui l'ont dit si saintement, à l'heure de leur mort: Pater, in manus tuas commendo spiritum meum. Ainsi soit-il.

    XXI. -Protestation sur le saint Nom de Jésus et de Marie, dont notre coeur et notre bouche doivent être remplis, spécialement à l'heure de la mort.

    O JÉSUS, ô MARIE, l'amour et les délices du ciel et de la terre ! Que tout le monde sache que toutes les grâces et bénédictions, tous les trésors et richesses, et tout ce qu'il y a d'aimable, de désirable et d'admirable en l'univers, est renfermé en JÉSUS ET MARIE.

    O JÉSUS et MARIE, que votre saint Nom soit gravé dans tous les coeurs du monde, et spécialement dans le mien jusqu'au dernier soupir de ma vie. Et que je meure avec ces deux paroles en la bouche: JÉSUS, MARIA !

    Mais je proteste que mon intention est de prononcer ces sacrés Noms en toute la vénération et dévotion avec laquelle ils ont jamais été prononcés par toutes les saintes bouches qui les ont proférés; et en les prononçant, d'offrir à la très sainte Trinité tout l'amour et la gloire qui lui a été, est et sera rendue par JÉSUS et MARIE; d'offrir à JÉSUS et à MARIE tout l'honneur et l'amour qui leur a été, est et sera porté au ciel et en la terre; et d'offrir à tous les Anges et à tous les Saints le très aimable Coeur de JÉSUS et de MARIE, en augmentation de leur joie et de leur gloire.

    O JÉSUS et MARIE, que je vive de votre vie, que je meure de votre mort ! O JÉSUS, que je meure entre les bras de votre paternelle bénignité ! O MARIE, que je finisse ma vie dans le sein de votre maternelle charité !

    O JÉSUS et MARIE, que je dépose mon âme dans votre Coeur sacré tout embrasé d'amour vers toutes les âmes ! Il est vrai que, par la rigueur de la justice, j'ai mérité d'être jeté dans le feu éternel de l'enfer; mais je demande que, par les excès de la miséricorde, je sois plongé, absorbé, perdu et consommé dans les feux éternels de cette fournaise d'amour divin, le très saint Coeur de JÉSUS et de MARIE.

    Ave, Cor sanctissimum3,

    Ave, Cor mitissimum,

    Ave, Cor humillimum,

    Ave, Cor purissimum,

    Ave, Cor devotissimum,

    Ave, Cor sapientissimum,

    Ave, Cor patientissimum,

    Ave, Cor obedientissimum,

    Ave, Cor vigilantissimum,

    Ave, Cor fidelissimum,

    Ave, Cor beatissimum,

    Ave, Cor misericordissimum,

    Ave, Cor amantissimum JESU ET MARIAE;

    Te adoramus,

    Te laudamus,

    Te glorificamus,

    Tibi gratias agimus;

    Te amamus

    Ex toto corde nostro,

    Ex tota anima nostra,

    Et ex totis viribus nostris;

    Tibi cor nostrum offerimus.

    Donamus,

    Consecramus,

    Immolamus;

    Accipe et posside illud totum,

    Et purifica,

    Et illumina.

    Et sanctifica,

    Ut in ipso vivas et regnes et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.

    O JÉSUS et MARIE, que mon âme soit unie très parfaitement à votre âme, mon esprit à votre esprit, mon coeur à votre Coeur, afin que j'adore, que je loue et que j'aime éternellement la très sainte Trinité avec Jésus et MARIE !

    O JÉSUS et MARIE, soyez ma vie, ma force, ma défense, ma joie et mon amour ! O JÉSUS, soyez-moi JÉSUS ! O MARIE, soyez-moi MARIE !

    O mon Dieu, je proteste pour toujours, mais spécialement pour le temps auquel il arrivera (si vous le permettez ainsi) que je perdrai la parole, ou même l'usage des sens et de l'esprit; je proteste, dis-je, que je veux que toutes mes respirations, tous les battements de mon coeur et de mes veines, et toutes les parties de mon corps et de mon âme, soient autant de coeurs, de langues et de voix qui fassent sans cesse tous les actes et protestations que j'ai faites ci-devant; mais surtout qui crient continuellement: VIVE JÉSUS ET MARIE !

    Je me donne à JÉSUS et à MARIE, afin qu'ils me donnent et sacrifient entièrement et pour jamais au pur amour et à la seule gloire de la très sainte Trinité. Ainsi soit-il.

    JÉSUS MARIA, JÉSUS MARIA, JÉSUS MARIA.

    AUTRE MANIERE de faire pratiquer ces actes et protestations au malade.

    Lorsqu'on n'a pas le temps de faire exercer tous les actes et protestations précédentes au malade, on les peut abréger et les lui faire pratiquer en une autre manière, à savoir en lui parlant en cette façon:

    « Protestez-vous pas à Dieu, mon cher Frère, que vous voulez vivre et mourir enfant de la sainte Église, catholique, apostolique et romaine, dans la foi dont elle fait profession, et dans l'honneur et l'obéissance que vous lui devez?

    Renoncez-vous pas pour jamais à toutes les erreurs et dérèglement qu'elle déteste? Etes-vous pas prêt, moyennant la grâce de Dieu, de sacrifier votre sang et votre vie pour cette intention?

    --Le malade doit répondre: « Oui, mon Père. »

    « Reconnaissez-vous pas que vous n'êtes rien, que vous n'avez rien, que vous ne pouvez rien, et que, de vous-même, vous n'avez fait aucun bien? Confessez-vous pas que de vous-même vous êtes un abîme de péché, un vrai enfer, une source de toutes sortes d'iniquités; et que vous avez mérité l'ire de Dieu et de toutes ses créatures, et les peines éternelles ?

    « Avez-vous pas recours à Jésus, qui est votre Rédempteur, votre salut, votre vie et votre tout, afin qu'il ait pitié de votre grande misère, selon son immense miséricorde ?

    -- Le malade doit répondre: « Oui, mon Père.»

    « Voulez-vous pas offrir à Dieu toutes les adorations, les louanges et honneurs qui lui ont été et seront rendus par Jésus-Christ votre Seigneur et par tous ses membres?,»

    --Le malade doit répondre: « Oui, mon Père. »

    « Protestez-vous pas que vous êtes près, moyennant sa grâce, de faire ceci ou cela ? de souffrir tout ce qu'il lui plaira? que vous voulez que toutes les parties de votre corps et de votre âme soient autant de langues qui louent et qui bénissent éternellement la très sainte Trinité, l'Humanité adorable de votre Sauveur, la très glorieuse Vierge sa Mère, tous les Anges et tous les Saints et Saintes du paradis ?

    -- Le malade doit répondre: « Oui, mon Père.»

    Il est bon aussi de n'attendre pas qu'on soit au lit de la mort, a faire les susdites protestations; mais de les faire étant encore en santé, du moins une fois en chaque année, par une sainte et chrétienne précaution.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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