Encyclique Iampridem (6 janvier 1886) · Léon XIII
Encyclique aux évêques d’Allemagne
DE N. T. S. P. LÉON XIII
SITUATION DU CATHOLICISME EN ALLEMAGNE A-Nos Vénérables Frères les Archevêques et Evêques de Prusse.
LÉON XIII, PAPE, Salut et Bénédiction Apostolique.
Depuis longtemps, Vénérables Frères, Nous avions le désir de Vous adresser la parole et de Vous-entretenir de l'état actuel du catholicisme en Allemagne. — Ce que Nous souhaitions surtout, c'était de Vous témoigner d'une manière toute spéciale la grandeur de l'affection paternelle et de la bienveillance qui Nous anime pour Vous et pour Vos chers fils ; c'était aussi pour Vous féliciter, Vénérables Frères, de cette sollicitude vraiment apostolique qui remplit Vos cœurs à l'égard du troupeau confié à Vos soins. Nous connaissons particulièrement Vos efforts constants pour empêcher que les catholiques dont Vous avez la garde ne s'écartent de la vertu, de la piété et de la voie du salut. Nous tenions aussi beaucoup à Vous exprimer la consolation et la joie que Nous ressentons en voyant la bonne volonté qui groupe autour de Vous tous les catholiques d'Allemagne et les rend dociles à Vos paroles, comme aussi la discipline et la concorde qui grandit parmi eux de jour en jour:
Ce que Nous n'avions pu jusqu'à présent, Nous voulons le faire par cette lettre que Nous Vous envoyons spontanément; Nous avons l'espoir que, grâce à la divine Providence, luira bientôt le jour qui sera pour la religion et l'Eglise en Allemagne l'aurore de temps meilleurs.
Vous n'ignorez pas, Vénérables Frères, comment la bonne entente qui avait régné pendant longtemps entre le Siège Apostolique et le royaume de Prusse fut tout à coup profondément troublée à cause de ces lois qui jetèrent les catholiques dans un si grand péril et de si vives alarmes. Mais ce malheur qui causa tant de douleurs à Notre prédécesseur d'heureuse mémoire, Pie IX, et à Nous aussi, a été une occasion dont Dieu s'est servi pour faire éclater davantage la vertu des pasteurs et des fidèles d'Allemagne et leur attachement à la foi de leurs ancêtres. Cette vertu, cet attachement sont d'autant plus dignes d'éloge, que la vigilance à sauvegarder les intérêts da l'Eglise ne s'est jamais exercée aux dépens du respect et de la soumission dus à la majesté du Prince, jamais aux dépens de l'amour pour la patrie ;' les catholiques ont montré par là à leurs adversaires que ce qui les faisait agir n'était point les considérations politiques, mais uniquement le zèle pour la religion, qui veut maintenir l'œuvre de Dieu sacrée et inviolable. — Cette conduite a porté Dieu, le souverain Auteur et Rémunérateur de tout mérite, à répandre les trésors de sa bonté et de ses grâces non seulement sur Vous, Vénérables Frères, mais encore sur tout le peuple de Vos diocèses. Aussi, grâce au secours d'en haut, alors que les nouvelles lois diminuaient de jour en jour le nombre des prêtres et obligeaient à laisser plusieurs églises paroissiales sans pasteur, alors que des hommes perfides, qui se faisaient appeler vieux catholiques, répandaient des doctrines nouvelles et perverses en s'efforçant d'entraîner à leur suite de malheureuses dupes, néanmoins, Nous avons vu avec joie Nos chers fils les catholiques d'Allemagne garder vaillamment dans son intégrité la foi de leurs pères : nulle part, les pièges des maîtres d'erreur n'ont réussi contre eux; mais, avec la générosité d'un courage chrétien, ils ont triomphé des dangers, s'attachant à l'Eglise avec un amour d'autant plus grand qu'ils la voyaient en butte à de plus rudes épreuves-
Cette grande vertu, cette conduite glorieuse sont venues soulager la douleur que Nous avaient causée ces lois, et du fond du cœur Nous avons rendu grâces au Dieu qui avait répandu cette force admirable dans l'âme de ses fils ; aussi, l'occasion s'en présentant, Nous ne pouvions manquer de décerner publiquement à Votre courage et à celui de Votre peuple des éloges bien mérités. — Mais Notre ministère apostolique réclamait davantage ; il Nous oblige à maintenir intact l'état de l'Eglise, à écarter tout ce qui pourrait troubler la vie intime de cette Eglise, Nous devions donc employer toute Notre autorité et Notre zèle à faire disparaître les difficultés des temps présents. C'est pourquoi Nous n'avons reculé devant aucun souci, Nous n'avons négligé aucun effort pour faire abolir ces lois qui ont causé à l'Eglise de si longues angoisses et à Vous -de si durs labeurs. La volonté que Nous avons eue et que Nous avons encore, de rétablir sur des bases solides la concorde et la paix est si grande que Nous n'avons pas manqué de déclarer aux chefs suprêmes de l'Etat la résolution où nous sommes de condescendre à leur volonté, jusqu'à l'extrême limite que Nous tracent les lois divines et Notre conscience. Bien plus, Nous n'avons pas hésité à donner des preuves manifestes de cette volonté ; et c'est une chose arrêtée dans Notre esprit que, dans l'avenir, Nous ne négligeons rien de ce qui peut être utile au rétablissement et à l'affermissement de la concorde.
Mais, pour que Nos vœux et Nos espérances se réalisent, il faut surtout avoir soin que les lois publiques soient purgées de ce qui est contraire à l'essence de l'enseignement catholique, dans ce qu'il y a de plus sacré et de plus cher à la piété des fidèles ; qu'on en retranche également ce qui entrave la liberté des Evêques et les empêche de gouverner leurs Eglises d'après les règles divinement établies et de former la Jeunesse dans les Séminaires suivant les prescriptions des saints canons. En effet, malgré le sincère désir de la paix qui Nous anime, Une Nous est cependant pas permis de rien oser contre les règles divinement établies ; s'il le fallait, pour^es défendre, Nous n'hésiterions pas, à l'exemple de Nos -prédécesseurs, à endurer les dernières rigueurs.
Quant à Vous, Vénérables Frères, Vous n'ignorez pas quelle est la nature de l'Eglise, quelle constitution son divin Fondateur lui a donnée, quels droits en découlent, dont personne ne peut détruire ni même déprécier la valeur. En effet, comme Nous l'avons dernièrement montré dans Notre Lettre Encyclique Immortale Dei, l'Eglise est une société surnaturelle et parfaite dans son ordre. Comme elle a pour but de conduire ses fils à la béatitude éternelle, elle a reçu de Dieu des moyens et des ressources pour les mettre en possession des biens éternels ; elle commence sur la terre et dans les combats de cette vie un édifice qui n'aura son couronnement dernier et sa splendeur suprême que dans le ciel. Mais il appartient à l'Eglise seule de régler ce qui a rapport à sa vie intime dont Notre-Seigneur Jésus-Christ, le réparateur de notre salut, a déterminé la nature. Cette puissance libre et indépendante, le Christ a ordonné qu'elle appartienne à Pierre seul et a ses successeurs, et, sous l'autorité et le magistère de Pierre, aux évêques dans leurs Eglises respectives : dans ce pouvoir des évêques est comprise naturellement et principalement la discipline du clergé, et pour ce qui concerne le ministère sacré et pour ce qui regarde la conduite des prêtres : car les prêtres sont attachés à l'évêque comme les cordes d'une lyre (1).
Mais comme l'ordre sacerdotal, héritier d'un si sublime ministère, se renouvelle d'âge en âge sans dégénérer jamais, comme il est nécessaire que ceux qui sont appelés à cet ordre suivent autant que possible par la pureté de leur doctrine et la sainteté de leur vie les traces des premiers apôtres de la foi choisis par Jésus-Christ, aux Evoques seuls, personne n'en peut douter, revient le droit et le devoir d'instruire et de former les jeunes gens que Dieu appelle, par un bienfait singulier, pour en faire ses ministres et les dispensateurs de ses mystères. C'est de ceux à qui il a été dit : enseignez toutes les nations, que les hommes doivent recevoir la doctrine religieuse ; à combien plus forte raison appartiendra-t-il aux Evêques de donner l'aliment de la saine doctrine, comment et par qui ils jugeront convenable, à ces ministres qui seront le sel de la terre et tiendront la place de Jésus-Christ parmi les hommes? Ce devoir, très grave pourtant, n'est pas le seul qui incombe aux Evêques ; ils doivent, en outre, veiller au bien des élèves du sanctuaire, les initier de bonne heure aux pratiques d'une solide piété dont l'absence les laisserait indignes de l'honneur du sacerdoce et incapables d'en bien remplir le fonctions. '
Pour Vous, Vénérables Frères, instruits par la raison et par l'expérience, Vous savez très bien quelles difficultés, quels labeurs prolongés réclament cette instruction et cette formation de la jeunesse lévitique. Ceux qui, dès leurs premières années, ont choisi Dieu pour héritage sont tenus, suivant le précepte du Prince des Apôtres, de se montrer aux yeux du peuple chrétien comme le modèle vivant de la vertu et de la continence. Ils doivent donc apprendre de bonne heure, sous le magistère des Evêques et la conduite de maîtres choisis, à dominer leurs passions, à mépriser les choses d'ici-bas, à rechercher les biens du ciel dont la pensée et le désir les aideront à se conserver chastes et purs au milieu de la corruption du siècle. Il faut encore qu'ils s'habituent promptement à remplir avec constance et intrépidité le devoir d'expliquer aux peuples et de défendre la vérité catholique, que le monde méprise et poursuit d'une haine implacable. A quoi pourrait-on s'attendre, Vénérables Frères, si, dans une époque qui exige une lutte plus vigoureuse pour soutenir la cause de l'Eglise, les ministres sacrés n'étaient pas préparés de longue main, par une instruction sainte et par la charité, à se grouper fidèlement autour de leurs Evêques, à écouter leurs paroles, à supporter sans rougir les plus durs traitements pour le nom de Jésus-Christ ? L'éducation de la jeunesse, telle qu'on la pratique dans les Séminaires et dans les autres institutions pieuses, est faite pour donner aux élèves du sanctuaire, loin de la dissipation et des bruits du monde, les qualités requises pour bien remplir le ministère apostolique et pour supporter avec, joie toutes les incommodités de la vie et toute sorte de travaux, quand il s'agit du salut des âmes. Sous l'œil vigilant des evêques et des prêtres choisis par eux à cause de leur longue expérience dans la science sacrée, les élèves apprennent à mesurer leurs forces avec justesse et à reconnaître ce dont elles sont capables : et les pasteurs de leur côté, ayant éprouvé les aptitudes elles mœurs de chacun, peuvent en connaissance de cause juger qui est digne de l'honneur du sacerdoce et écarter des saints ordres ceux qui sont sans mérite et sans vocation. Mais comment ces fruits salutaires pourront-ils être obtenus, si les pasteurs n'ont pas pleine liberté d'écarter les obstacles et d'employer les moyens proportionnés à ce résultat? — Et à ce sujet, puisque Votre nation compte parmi toutes ses gloires la gloire des armes, les chefs du gouvernement souffriraient-ils jamais que les jeunes gens placés ans les institutions militaires pour y apprendre l'art de la guerre, eussent d'autres maîtres que ceux qui excellent en cet art? Ne choisit-on pas les plus habiles guerriers pour former les autres à la discipline des armes et à l'esprit militaire?
On conçoit donc facilement que, dès les temps les plus reculés de l'Eglise, les Pontifes romains et les Evêques catholiques aient mis tous leurs soins à établir pour les candidats au sacerdoce des asiles où, soit par eux-mêmes, soit avec l'aide de maîtres choisis qu'ils prenaient parfois parmi les prêtres de l'Eglise cathédrale, ils leur enseignaient les belles-lettres, les sciences sacrées et surtout les mœurs en rapport avec leur vocation. On n'a pas oublié ces maisons qu'ouvraient les Evêques et les moines pour y recevoir les clercs ; entre toutes brille encore la mémoire du patriarcat de Latran d'où sortirent, comme d'une citadelle de sagesse et de vertu, des Pontifes illustres et des Evêques remarquables par leur sainteté et par leur doctrine. Ces soins attentifs apportés à la formation des clercs parurent importants et si nécessaires que, dès le commencement du vi siècle, le concile de Tolède, parlant de ceux que leurs parents avaient fait entrer encore enfants dans la cléricature, ordonne qu'après avoir été tonsurés ou ordonnés lecteurs, ils seront élevés dans la maison de l'Eglise sous la surveillance de l'Evêque. On voit par là à combien juste titre Nous faisons Nos efforts pour que les Séminaires de Vos diocèses soient constitués, organisés et réglés suivant les règles qu'ont tracées, comme on le sait, les Pères du Concile de Trente. Voilà aussi pourquoi, dans les concordats passés entre les Pontifes romains et les chefs des Etats à différentes époques, le Siège Apostolique veilla d'une manière spéciale au maintien des Séminaires et réserva aux Evêques le droit de les régir, à l'exclusion de toute autre puissance. Nous en avons un remarquable exemple dans les lettres apostoliques, commençant par ces mots : De salute animarum, que Notre prédécesseur Pie VII, d'heureuse mémoire, publia le 18 juillet 1821, après une convention faite par lui avec le roi de Prusse au sujet d'une nouvelle délimitation des diocèses.
Que les Evêques aient donc le droit plein et entier de former dans l'école des Séminaires la milice pacifique de Jésus-Christ ; qu'il leur soit loisible de choisir à leur gré les prêtres à placer dans les divers postes et qu'ils puissent sans obstacle s'acquitter de leur office pastoral.
De ce que Nous venons de dire, Vous voyez, Vénérables Frères, avec combien de vérité et de justice Nous avons déclaré que, pour arriver à une concorde heureuse et durable, depuis si longtemps et si ardemment désirée, entre les deux pouvoirs, il faut que, dans les lois, rien ne s'oppose à la liberté nécessaire à l'Eglise pour vivre et pour agir. Et Nous avons l'espoir que ceux qui sont à la tète du gouvernement se montreront justes à Notre endroit et Nous accorderont ce que Nous demandons appuyé sur les titres les plus sacrés.
Nos demandes ne sont pas de nature à diminuer en rien la dignité et la puissance de ceux qui gouvernent ; bien plus, il en peut résulter pour le bien public de solides avantages. En effet, Vénérables Frères, ce que Vous et Vos coopérateurs, dans le ministère de la parole, enseignez aux peuples au sujet de leurs devoirs envers l'autorité civile, se résume à ceci : tout homme doit être soumis aux puissances supérieures, non seulement à cause du châtiment, mais aussi à cause de sa conscience (1) ; il faut subir de bon gré les charges publiques ; s'abstenir des complots et des machinations qui troublent l'ordre ; manifester les uns pour les autres des sentiments de charité fraternelle et remplir fidèlement ses devoirs à l'égard de la société. Si le nombre de Vos coopérateurs s'augmentait, en même temps s'augmenterait la force de ceux qui ont pour office de répandre parmi les peuples des enseignements si utiles à la société, en même temps aussi, il deviendrait plus facile de pourvoir de bons prêtres les églises paroissiales longtemps privées de leurs pasteurs : ce que les catholiques appellent de tous leurs vœux.
Il existe en outre, comme Vous le savez, Vénérables Frères, dans le sein de la société humaine, plusieurs semences de désordres publics; ce sont comme des feux disposés çà et là et qui font redouter un terrible incendie; au premier rang se présente la question ouvrière, qui préoccupe les esprits des gouvernants, lesquels cherchent le moyen de faire face aux dangers imminents, de barrer la route aux membres des sectes, qui épient l'occasion de s'accroître à la faveur des malheurs publics et de machiner des révolutions, au grand détriment des Etats. — Or, admirables sont les avantages que la société humaine peut retirer dans ce cas du travail des ministres de l'Eglise ; et l'on a pu le constater dans les périls et les calamités qui ont affligé d'autres temps. En effet, les prêtres qui, à raison de leur ministère, ont des rapports presque quotidiens avec les hommes des classes inférieures et sont accoutumés à converser familièrement et intimement avec eux, connaissent à fond les travaux et les douleurs de cette classe d'hommes ; ils voient de plus près les blessures de leur cœur; et, tirant des vérités religieuses des arguments et des secours opportuns, ils sont aptes à donner aux esprits malades des consolations et des remèdes, qui peuvent adoucir les maux présents, relever le courage abattu, retenir des esprits qui se précipitaient dans la sédition et le désordre.
Ni moins sérieux ni moins utile est le concours que peuvent à apporter les ministres sacrés, animés de l'esprit que l'Eglise leur inspire, dans cespays reculés, sans aucune civilisation, où plusieurs princes européens ont pris à tâche de nos jours d'établir des colonies. — Le gouvernement allemand lui-même cherche,non seulement à fonder des colonies, à agrandir ses possessions, mais encore à ouvrir de nouveaux débouchés au commerce et à l'industrie. Ce qui fera sa gloire, aux yeux de l'humanité, ce sont ses efforts pour polir et civiliser des sauvages sanguinaires.— Mais, pour se concilier 'esprit et gagner la confiance de ces nations grossières et incultes, il importe beaucoup de leur enseigner dès l'abord les préceptes salutaires de la religion, de les amener à comprendre la vraie notion du juste et de l'honnête, de leur apprendre la dignité des enfants de Dieu à laquelle, grâce aux mérites de notre Sauveur, elles ont aussi été appelées. C'est ce qui engagea les Pontifes Romains à envoyer des hérauts de l'Evangile aux peuples encore barbares. Et,.certainement, l'œuvre dont il s'agit n'est point l'affaire des armées, ni des magistrats civils, ni des vainqueurs, bien qu'ils en puissent retirer des fruits abondants; mais c'est le rôle, comme l'atteste l'histoire, de ces hommes qui, s'élançant du camp de l'Eglise, embrassent les labeurs et les dangers des expéditions sacrées et ne craignent pas, messagers et interprètes de Dieu, de s'exiler chez des nations barbares, prêts à répandre leur sang et leur vie pour le salut de leurs frères.
En pesant tous ces motifs, Nous avons l'espoir que Nos vœux, avec la grâce de Dieu, se réaliseront heureusement. Pour Vous, Vénérables Frères, continuez à le demander à Dieu, par des supplications assidues. Et, comme vos esprits sont bien loin des ambitions et des pensées humaines, mais sont uniquement enflammés du zèle de la gloire de Dieu et de l'amour pour l'Eglise, Vous obtiendrez, avec la grâce divine, la récompense qu'a méritée Votre constance.
Pour le succès de toutes les entreprises, l'union des esprits et des cœurs a toujours été une grande force; n'ayez donc rien de plus à cœur que de maintenir à tout prix entre Vous le lien sacré de la charité. Nous voulons aussi Vous faire remarquer à ce sujet, Vénérables Frères, que les troubles dont Vous souffrez ne sont point des épreuves spéciales à chaque diocèse, mais rentrent plutôt dans l'ordre des intérêts de l'Eglise universelle: le soin d'y veiller, comme vous le savez, a été confié à ce Siège Apostolique, où réside la puissance suprême de gouverner l'Eglise, son magistère souverain, et le centre de l'unité catholique. Ayez donc toujours les yeux tournés vers cette chaire apostolique, et soyez persuadés qu'elle n'a rien de plus à cœur que d'employer tous ses efforts et ses soins pour mettre fin, suivant Vos vœux et ceux de Vos fidèles, aux luttes qui existent dans ce pays.
Enfin, suppliant du fond du cœur le Père des miséricordes pour qu'il veuille bien considérer Vos travaux et Vos douleurs et réaliser les vœux de tous, Nous Vous donnons affectueusement dans le Seigneur à Vous, Vénérables Frères, à tout Votre clergé et aux fidèles confiés à Vos soins, la Bénédiction Apostolique, comme témoignage de Notre amour particulier et comme gage du secours et de la consolation du ciel.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 6 janvier de l'année 1836, de Notre Pontificat la huitième.
LÉON XIII, PAPE.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.