Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Constitution apostolique de 1938 · Pie XI

    Constitution apostolique

    Le nouveau diocèse ou éparchie de « Piana Dei Greci » est érigé : il est formé par les paroisses de rite byzantin détachées des archidiocèses de Monreale et de Palerme.

    PIE, EVEQUE SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU Pour perpétuelle mémoire.

    Dans sa sollicitude à l'égard de toutes les Eglises, le Siège apostolique a toujours eu l'habitude de reconnaître et n'a jamais hésité à sanctionner, de sa suprême autorité chacun des rites de la religion chrétienne, pourvu qu'établis sur la profession pleine et parfaite de la foi catholique ils puissent témoigner avec clarté et évidence tant de l'ancienneté de leurs saintes cérémonies que de leur beauté intrinsèque, et cela qu'il s'agisse d'un rite (1) A. A. S., t. XXX, 1938, p. 213-216.

    liturgique propre soit à un peuple ou à une nation, soit à une Eglise particulière. En effet, Nos prédécesseurs ont toujours estimé avec raison que cette variété même des rites liturgiques dans l'Eglise, dans l'unité de la foi, contribuait énormément à rehausser la magnificence du culte divin. Car ces rites, en mettant davantage les cérémonies sacrées à la portée des fidèles, les attachent ainsi d'une façon plus étroite à la pureté de la doctrine, les aident à persévérer dans la profession de leur foi, les maintiennent à bon droit dans les traditions les plus nobles et les plus touchantes de leurs nations. Jamais Nos prédécesseurs n'ont toléré qu'on établisse ou qu'on maintienne des inégalités ou des degrés de dignité parmi les divers rites liturgiques de l'Eglise catholique, comme si les uns étaient plus nobles que les autres, ou comme si l'un méritait l'estime et l'autre le mépris !

    Cependant, parmi les différents rites de l'Eglise, le rite byzantin lut toujours spécialement cher au Saint-Siège. Il est digne de tant de gloire en raison de ses illustres souvenirs et des, saints personnages qui l'ont suivi! Il est si riche par ses fêtes religieuses et la splendeur de sa liturgie ! La langue grecque elle-même, dont il se sert la plupart du temps, rappelle naturellement à l'esprit les premiers siècles de l'Eglise du Christ et aussi la magnifique série des Pères orientaux, le fait enfin que les rites des deux Eglises, d'Occident et d'Orient, le romain et le byzantin, sont simultanément en honneur et en usage dans plusieurs régions de l'Italie, L'importance de ces communautés de rite byzantin ne pouvait échapper au Saint-Siège. Dans certaines parties de l'Italie, ces communautés grecques se sont, maintenues intactes, malgré de très graves et très nombreuses vicissitudes, tant des hommes que des événements. En d'autres cas, ce sont des groupes de fidèles qui, considérant, les yeux remplis de larmes, les si cruelles tentatives des infidèles contre leur patrie et la religion chrétienne, ont dû émigrer en Italie pour fuir la domination turque : c'est le cas des Albanais ou Épirotes.

    Considérant tout cela, Notre prédécesseur d'heureuse mémoire le Pape Benoît XV, dans le but de pourvoir au bien spirituel ainsi qu'au gouvernement des fidèles de rite byzantin qui habitaient la grande Grèce, établit en faveur des Italo-Albanais le diocèse de Lungro (province de Coscnza) par les Lettres apostoliques CaihoUci fidèles, promulguées le 13 février 1019. Nous éprouvons Nous-même une affection toute paternelle à l'égard des communautés italo-alhanaises qui se trouvent en Sicile, surtout aux alentours de la ville nommée Piana dei Greci, et qui subsistent comme un témoignage séculaire de choses et de traditions unies d'une façon très étroite au rite byzantin. C'est pourquoi, mû par les mêmes raisons que Notre prédécesseur, sur le conseil de Nos vénérables Frères les cardinaux préposés à la Sacrée Congrégation pour l'Eglise orientale, après avoir mûrement pesé toutes choses, Nous avons décidé de constituer ces communautés en un diocèse ou éparchie de rite byzantin. Suppléant donc, pour autant que cela est nécessaire, le consentement de ceux que cela concerne ou de ceux qui présument y avoir des droits ; en vertu de Notre suprême autorité apostolique, Nous érigeons et constituons en Sicile un nouveau diocèse ou éparchie de rite byzantin soumis d'une façon immédiate à Nous-même et au Siège apostolique ; il sera appelé diocèse de Piana dei Greci, Nous voulons et ordonnons que cette éparchie soit régie et gouvernée d'après les règles suivantes :

    1° Appartiendront à ce nouveau diocèse toutes les paroisses de la ville de Piana dei Greci que Nous détachons en conséquence de l'archidiocèse de Monreale ; également la paroisse Sainte-Chrétienne de Cela que Nous séparons pareillement de l'archidiocèse de Palerme.

    2° De même appartiendront à ce diocèse de Piana dei Greci les paroisses, églises, oratoires publics ou semi-publics, et aussi les maisons religieuses soit d'hommes, soit de femmes, qui actuellement, dans toute la Sicile, sont canoniquement érigées dans le rite byzantin ou qui le seront dans l'avenir.

    3° Quant aux droits et aux charges de toutes les paroisses, églises, oratoires et maisons religieuses ci-dessus mentionnés, surtout si à leur sujet il y a quelque décision du Saint-Siège : que rien absolument ne soit modifié.

    4° De même, que rien ne soit changé en ce qui concerne la mense dont jouit l'évéque délégué pour conférer les saints Ordres aux Italo-Albanais de Sicile, et auquel est accordé le bénéfice de l'abbaye Sainte-Marie La Gala.

    5° Les Ordinaires des diocèses de rite latin de Sicile et l'Ordinaire du nouveau diocèse de Piana dei Greci auront soin, pour autant que cela est nécessaire, de conclure des accords en ce qui concerne la juridiction que les deux évêques devront exercer dans le même lieu sur les fidèles qui leur sont respectivement soumis. Nous voulons que ces conventions soient revues et approuvées par la Sacrée Congrégation pour l'Eglise orientale.

    6° Le Séminaire de PaJerme, consacré à la formation des Italo-Albanais, sera désormais le Séminaire de l'éparchie de Piana dei Greci. C'est pourquoi les archidiocèses de Palerme et de Monreale, ainsi que les autres diocèses se trouvant en Sicile, devront continuer à lui procurer à l'avenir tout ce qu'ils lui fournissaient jusqu'à présent.

    7° Nous fixons le siège et la chaire épiscopale de ce nouveau diocèse de rite byzantin dans la ville de Piana dei Greci, dans l'église-mère de Saint-Dirnitri, martyr ; Nous relevons donc au rang et à la dignité d'église cathédrale avec tous les droits et privilèges, toutes les charges et obligations attachés par le droit commun aux églises cathédrales. Comme il y a à Palerme également, et tous le savent, une communauté assez nombreuse de fidèles de rite byzantin et un Séminaire florissant pour les Italo-Albanais, Nous confions à Notre vénérable Frère le cardinal Louis Lavitrano, archevêque de Païenne, le soin de réserver aux cérémonies sacrées de rite byzantin l'antique et magnifique église communément appelée Délia Martorana, et Nous conférons à cette église le titre et la dignité d'église concathédrale. Nous chargeons également Notre vénérable Frère d'établir à Palerme une maison pour la Curie éparchiale, et lui-même aura soin de faire transmettre à cette Curie tous les documents et actes concernant le nouveau diocèse.

    8° Enfin, Nous décrétons que lorsque les paroisses de rite latin de la ville de Piana dei Greci seront vacantes, ce soit Notre vénérable Frère l'archevêque de Monreale qui possède le droit de présenter à l'Ordinaire de l'éparchie de Piana dei Greci trois noms de prêtres recommandables par leur science et leur piété, avec cette règle que l'Ordinaire sera tenu de prendre le curé parmi ces trois prêtres présentés.

    Nous choisissons Notre vénérable Frère l'archevêque de Palerme, déjà désigné, pour mettre à exécution tous les points ci-dessus fixés et établis. Par suite, Nous lui accordons tous les pouvoirs nécessaires et opportuns à cette fin, même celui de sous-déléguer à l'effet dont il s'agit, n'importe quelle personne revêtue d'une dignité ecclésiastique, et Nous lui imposons l'obligation de transmettre à la Sacrée Congrégation pour l'Eglise orientale dans les six mois à compter de la promulgation des présentes Lettres, une copie authentique des actes relatifs à l'exécution complète de toutes ces dispositions.

    Nous voulons, de plus, qu'aux copies même imprimées des présentes Lettres, pourvu qu'elles soient signées de la main d'un notaire public et munies du sceau d'un homme en possession d'une dignité ou d'une charge ecclésiastique, on attribue absolument la même créance que celle qui serait accordée à ces Lettres si elles étaient elles-mêmes exhibées ou montrées dans leur texte original.

    Nous voulons et décrétons que jamais, à aucun moment, les présentes Lettres et toutes les dispositions qu'elles renferment ne puissent être accusées, combattues, discutées en raison d'un vice de subreption, d'obreption ou de nullité, en raison de défaut d'intention de Notre part ou de n'importe quel autre vice même substantiel et insoupçonné ; composées et publiées de science certaine et dans la plénitude de Notre autorité, Nous voulons que ces Lettres soient actuellement et qu'elles demeurent dans l'avenir toujours valides, qu'elles sortent et obtiennent leurs effets pleins et entiers et qu'elles soient observées inviolablement par tous ceux auxquels elles se rapportent. Et s'il arrivait, dans le cas contraire, que ces Lettres soient attaquées par n'importe qui, de quelque dignité qu'il soit revêtu, et cela sciemment ou par ignorance, Nous voulons et décrétons que ces attaques soient entièrement et demeurent dans le futur absolument nulles.

    Nonobstant, pour autant que cela est nécessaire, les décisions promulguées dans les Synodes et les Conciles provinciaux, généraux et universels, les constitutions et ordonnances apostoliques, spéciales ou générales, et toutes autres dispositions des Pontifes romains, Nos prédécesseurs, et toutes autres choses contraires. A toutes les dispositions contraires, même à celles dignes d'une mention spéciale, Nous dérogeons par les présentes Lettres.

    Qu'il ne soit donc permis à personne d'enfreindre ou d'attaquer cette Constitution qui démembre, érige, soumet, décrété, accorde, confie, donne mandat, déroge, exprime Notre volonté. Si quelqu'un, par une audace téméraire, osait le tenter, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.

    Donné à Castel-Gandoïfo, le 26 octobre, en la fête de saint Dimitri, martyr, selon le calendrier byzantin, de l'année 1937, la seizième de Notre Pontificat.

    Fr. THOMAS PIE, O. P., cardinal BOGGIANI,

    Chancelier de la Sainte Eglise Romaine*

    EUGÈNE, card. TISSERANT, Secrétaire SC. Eglise orientale. JOSEPH WILPERT, doyen du Collège des Protonotaires apostoliques.

    HANMBAL-FRÀNÇOIS PERRETTI, Protonotaire apostolique.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Constitution apostolique de 1938

    1 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.