Actes et écrits · Saint Cyprien de Carthage
1. Excellence de la Virginité ;
Maintenant, c’est aux vierges que je m’adresse : plus leur dignité est élevée, plus nous devons en prendre soin. Elles sont la fleur de l’arbre de l’Église, l’honneur et l’ornement de la grâce spirituelle ; elles sont notre joie, le chef-d’œuvre incorruptible du Ciel, l’image de Dieu dont elles reproduisent ici-bas la pureté, la portion la plus illustre du troupeau de Jésus-Christ. L’Église, se réjouit au milieu de cette glorieuse famille ; elle bénit sa fécondité, et plus le nombre des vierges s’augmente, plus aussi s’accroît la joie de sa mère. C’est à elles que j’adresse mes exhortations. En agissant ainsi, je cède plus à mon affection qu’au devoir de ma charge. Moi, le plus petit, le dernier d’entre les prêtres de Jésus-Christ ; moi pénétré du sentiment de ma bassesse, je ne viens pas me donner le vain plaisir de censurer le vice, mais je viens vous mettre en garde contre les sollicitations et les attaques du démon. (7)
Ce n’est pas une précaution inutile, une crainte vaine que celle qui nous montre la voie du salut et nous rend fidèles aux préceptes du Seigneur. Nous savons que celles qui renoncent à la concupiscence de la chair, pour se consacrer à Dieu de corps et d’esprit, accomplissent une oeuvre digne d’une grande récompense. Elles ne doivent plus se parer que pour plaire à Celui qui couronne leur virginité. Il a dit lui-même : Tous ne comprennent pas cette parole, mais ceux à qui il a été donné de la comprendre. Il est des eunuques de naissance ; d’autres le sont par la violence des hommes ; mais il en est qui se privent de tous les plaisirs charnels en vue du royaume céleste (Math., XIX). L’ange de l’Apocalypse élève aussi la voix pour exalter la continence et la virginité : Ceux-là ne se sont jamais souillés avec les femmes ; ils sont demeurés vierges ; ils suivent l’Agneau partout où il va (Apoc., XIV). Quand Dieu promet aux hommes la récompense de la pureté, les femmes ne sont pas exclues ; mais comme la femme est une portion de l’homme, qu’elle a été formée avec la chair de l’homme, Dieu, dans l’Écriture, s’adresse presque toujours à l’homme, car ils sont deux dans une seule chair, et la femme est comprise dans l’homme. - Si donc Jésus-Christ a pour cortège les âmes pures, si le royaume de Dieu est destiné aux vierges, qu’ont-elles à faire des parures et des ornements d’ici-bas ? En cherchant à plaire aux hommes, elles offensent Dieu ; elles oublient cette parole des Psaumes : Ceux qui plaisent aux hommes ont été confondus ; Dieu les a méprisés (Ps. LI). Paul aussi a dit dans son langage sublime : Si je cherchais, à plaire aux hommes, je ne serais plus le serviteur de Dieu (Gal., I.).
Source du texte : Biblia Clerus