Abrégé de théologie · Saint Thomas d'Aquin

    Chapitre VIII : Il n’y a pas de succession en Dieu

    Il est ainsi manifeste qu’en Dieu il n’y a pas de succession, mais une existence complète et indivisible. Car il n’y a de succession que vn.

    CAPUT vin.

    dans les êtres qui sont, d’une façon quelconque, sujets au mouvement, puisque la succession du temps est le produit de l’antériorité ou de la postériorité dans le mouvement. Mais nous avons prouvé que Dieu n’est en aucune manière sujet au mouvement; il n’y a donc en lui aucune succession, mais bien une existence complète et indivisible. Et encore, pour l’être en qui il n'y a pas une simultanéité indivisible d’existence, il doit y avoir possibilité de perdre ou d’acquérir. Tout ce qui passe, en effet, est perdu pour lui, tandis qu’il peut acquérir tout ce qui, dans l’avenir, peut être l’objet de son attente. Mais, en Dieu, il n’y a ni diminution ni accroissement, parce qu’il est immuable ; donc, il possède une existence complète et indivisible. Ceci prouve que Dieu possède l’éternité comme une propriété de sa nature, parce que l’être qui a une existence permanente, complète et indivisible, est éternel par essence, selon la pensée de Boèce, que « l’éternité n’est autre chose que la possession simultanée et complète d’une vie sans fin. »

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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