Abrégé de théologie · Saint Thomas d'Aquin
Chapitre VII : Dieu existe toujours
Il suit évidemment de ce qui précède, que Dieu existe toujours. L’être, en effet, en qui l’existence est nécessaire, ne cesse jamais d’être, parce que, lorsqu’il n’y a pas possibilité de ne pas être, il y a impossibilité de n’être pas, et, conséquemment, existence non interrompue : or, Dieu existe nécessairement, comme nous l’avons prouvé ; donc, il existe toujours. En outre, tout ce qui commence ou finit, ne se fait que par mouvement ou mutation; mais nous avons démontré que Dieu est essentiellement immuable : il est donc impossible qu’il ait eu un commencement ou qu’il ait une fin. De même, ce qui n’a pas toujours existé, a besoin, pour venir à l’être, d’un autre qui soit sa cause efficiente. Rien, en effet, ne passe, par sa propre vertu, de la puissance à l’acte, ou du non être à l’être. Mais Dieu ne peut pas avoir de cause efficiente, puisqu’il est l’être primordial et que la cause est antérieure à l’effet; il faut donc nécessairement que Dieu ait toujours existé. De plus, une qualité que l’on ne tient d’aucune cause extrinsèque, appartient à l’essence de l’être qui la possède ; mais Dieu ne tient pas l’être d’une cause extrinsèque, parce que cette cause lui seroit antérieure : donc, Dieu possède l’être par lui-même; or, les choses qui existent par elles-mêmes ont une existence permanente et nécessaire ; donc Dieu existe toujours.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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