Abrégé de théologie · Saint Thomas d'Aquin

    Chapitre X : Dieu est sa propre essence

    Une autre conséquence de ce qui précède, c’est que Dieu est sa propre essence. En effet, l’essence d’une chose est ce qui est signifié par sa définition ; et cette chose signifiée est identiquement la même que celle dont elle est la définition, à part les accidents qui peuvent modifier la chose définie, sans tomber sur la définition ; comme la blancheur peut se rencontrer dans l’homme, sans affecter sa définition d’animal mortel et raisonnable. D’où il suit qu’un animal raisonnable et mortel est la même chose qu’un homme. Mais il n’en est pas de même pour l’homme blanc, en tant que blanc. Il ne peut donc se trouver, dans un être, deux choses, dont l’une soit essentielle et l’autre accidentelle; il faut que son essence lui soit identique de la manière la plus absolue. Or en Dieu qui est simple, comme nous l’avons vu, on ne peut donc trouver deux choses, l’une essentielle, et l’autre accidentelle ; il faut que son essence soit absolument et identiquement la même que lui. De même, dans toute essence, il n’y a pas identité parfaite avec la chose dont elle est l’essence ; on peut trouver quelque chose qui l’affecte per modum potentiœ, et quelque autre chose per modum actus, car l'essence se rapporte formellement à la chose dont elle est l’essence, comme l’humanité à l’homme. En Dieu, au contraire, on ne peut trouver la puissance et l’acte, puisqu’il est acte pur. Donc il est lui-même sa propre essence.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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