Abrégé de théologie · Saint Thomas d'Aquin
Chapitre XI : L’essence de Dieu n’est autre chose que son être
Il est encore nécessaire que l’essence de Dieu ne soit autre chose que son être. En tout être, il y a une différence entre l’essence et l’être ; il faut qu’il y ait quelque chose qui constitue sa nature intime, et une autre sa manière d’être ; car, en parlant d’une chose, on entend, par son être, le principe de son existence, et par son essence, sa manière d’être. D’où il suit qu’une définition qui exprime l’essence, donne le mode d’existence d’une chose : mais en Dieu, il n’y a pas et l’être et le mode de l’être, puisqu’il n’est pas composé, ainsi que nous l’avons montré ; son essence n ’est donc autre chose que son être. De même, nous avons prouvé que Dieu est un acte pur, sans mélange d’aucune potentialité, il faut donc que son essence soit un acte dernier ; car tout acte qui précède le dernier se trouve in potentiâ, relativement à ce dernier. Or un acte dernier n’est autre chose que l’ètre lui-même ; puisque, en effet, tout mouvement est le passage de la puissance à l’acte, il faut que ce soit l'acte dernier auquel tend tout mouvement, et comme tout mouvement naturel tend à ce qui est naturellement désiré, il faut que ce soit un acte dernier auquel toutes choses aspirent. Or c’est là l’être. Donc l’essence divine, qui est un acte pur et dernier, est, nécessairement l’être lui-même.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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