Traités de la foi, de l'espérance et de la charité · Augustin d'Hippone
Chapitre V : RÉPONSE À LA TROISIÈME ET À LA QUATRIÈME QUESTION
L’esprit, une fois pénétré des principes de la foi agissant par l’amour, s’efforce, par une vie pure, d’arriver à la contemplation où doit se révéler, aux cœurs saints et parfaits, l’ineffable beauté dont la vue compose la félicité souveraine. Voilà le principe, voilà le terme de la perfection : elle commence par la foi, elle s’achève par la vue de Dieu. Voilà aussi l’abrégé du christianisme. Quant au fondement véritable et éternel de la foi catholique, c’est Jésus-Christ lui-même : « Personne, dit l’Apôtre, ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été établi et qui n’est autre que Jésus-Christ »6. Et qu’on n’aille pas dire que ce fondement n’est pas essentiel à la foi catholique parce qu’il semble servir de point commun entre nous et certains hérétiques. Car, si l’on examine attentivement l’ensemble des vérités enseignées par Jésus-Christ, on s’aperçoit que Jésus-Christ n’appartient que de nom à certains hérétiques qui prétendent au titre de chrétiens, et qu’en réalité il ne préside point au milieu d’eux. La démonstration de cette vérité m’entraînerait trop loin : il faudrait en effet passer en revue toutes les hérésies anciennes, actuelles ou même possibles, et faire voir, en les analysant, qu’elles ne sont chrétiennes que de nom. Or, cette discussion exigerait une suite de volumes, ou plutôt elle paraît inépuisable.
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