Traités de la foi, de l'espérance et de la charité · Augustin d'Hippone
Chapitre IV : QUESTIONS POSÉES PAR LAURENTIUS. RÉPONSE D’AUGUSTIN
Tu désires, m’écris-tu, que je compose pour toi ce qu’on nomme un manuel, un manuel qui puisse t’accompagner partout, et où soient traitées les questions suivantes : « 1° Que faut-il croire ? Que faut-il tenir pour suspect, surtout dans le conflit des hérésies ? 2° Jusqu’à quel point la raison peut-elle devenir l’auxiliaire de la foi, et quelle est son insuffisance dans les mystères que la foi seule révèle ? 3° Où commence, où finit en nous la perfection ? Quel est l’abrégé de la doctrine chrétienne ? 4° Quel est le fondement véritable et indestructible de la foi catholique ? » Tu sauras tout ce qu’il faut savoir sur ces points essentiels, quand tu sauras exactement ce qu’il faut croire, espérer, aimer. Voilà principalement, ou plutôt voilà tout ce qu’il faut embrasser dans la religion. Celui qui combat ces principes ou ne porte pas le nom du Christ ou n’est qu’un hérétique. L’emploi du raisonnement n’est légitime qu’autant que les vérités sont du ressort de l’expérience des sens ou tombent sous les prises de notre intelligence. Quant aux choses qui ne relèvent pas de l’espérance ou qui dépassent et ont toujours dépassé la portée de l’esprit humain, il faut s’en rapporter sans hésitation au témoignage des auteurs qui ont composé les Écritures, si justement appelées divines, car leur sens ou leur esprit ont reçu de Dieu une énergie assez puissante pour saisir ces vérités surnaturelles ou les voir d’avance.
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