Réfutation de Maximin, évêque arien · Augustin d'Hippone

    Livre I

    Chapitre IV : DE L’IMMORTALITÉ DE DIEU.

    En quatrième lieu, j’ai discuté avec vous la question de savoir si le Fils possède aussi l’immortalité divine. Quand l’Apôtre dit : « Lui seul a l’immortalité »12, vous avez voulu entendre ce texte, en ce sens qu’il s’applique exclusivement au Père ; tandis qu’il a pour objet non pas le Père seulement, mais Dieu, qui est le Père et le Fils et le Saint-Esprit. J’ai donc démontré que le Fils possède l’immortalité sous le rapport de la substance de sa divinité. Personne du reste ne met en doute qu’il ait été mortel dans sa chair. Or, quand vous vouliez me répondre en cet endroit, enfermé par la vérité de toutes parts, vous avez reconnu que l’immortalité appartient également à Dieu le Fils. Vous avez donc été vaincu, lorsque vous prétendiez que, suivant l’Apôtre, l’immortalité est un attribut exclusif du Père. Car vous n’échappez pas aux étreintes de la vérité, parce que vous dites : Il est vrai que le Fils possède l’immortalité, mais il la tient du Père. Il n’est pas question de savoir d’où elle lui vient, mais s’il l’a réellement. En effet, vous ne voulez entendre que du Père ce passage : « Il possède seul l’immortalité ». Sans doute, le Père a l’immortalité sans la tenir de personne, et le Fils la possède la tenant du Père : cependant et le Père et le Fils la possèdent en même temps. Autrement, si le Fils ne la possède pas, le Père ne l’a pas donnée au Fils, ou le Fils l’a perdue après l’avoir reçue du Père. Or, le Père l’a donnée au Fils, et le Fils ne l’a pas perdue, et le Père, en donnant, n’a pas perdu ce qu’il a donné par voie de génération. L’immortalité est donc commune au Père et au Fils, et non l’attribut exclusif du Père. C’est ainsi que vous êtes contraint d’avouer que ces mots « Lui seul possède l’immortalité », ne s’entendent pas seulement du Père ; car vous avez déjà été forcé de reconnaître que le Fils, lui aussi, possède l’immortalité. Cette immortalité est le privilège d’un seul ; mais elle appartient à Dieu. Or, Dieu, ce n’est pas seulement le Père, c’est aussi le Fils, et tous les deux, avec le Saint-Esprit, sont un seul Dieu. Mais comment est-il dit que Dieu a seul l’immortalité en partage, tandis que l’âme est également immortelle à sa manière, ainsi que d’autres créatures spirituelles et célestes à la fois, nous le verrons dans la suite ; quant à présent, il nous suffit que vous n’ayez pu rien nous répondre, et que vous ayez été contraint de reconnaître que l’immortalité n’appartient pas seulement au Père, mais encore au Fils, quoiqu’il la tienne du Père.

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