La Voie du salut · Alphonse de Liguori
Chapitre IV : Il faut mourir
I. Il faut mourir, paroles terribles ! Il faut mourir, la sentence en est portée. Il est statué que tous les hommes mourront une fois. (Ilch. ix. 27.)Vous êtes homme, vous devez donc mourir. S. Cyprien dit quelque part ; Chacun de nous naît portant à son cou le nœud qui doit l'étrangler, et que d'heure en heure ce nœud se resserre davantage. Insensé celui qui voudrait se flatter qu'il ne mourra pas. Il n'est pas de pauvre qui ne puisse, avec quelque ombre de raison, supposer qu'il deviendra riche, il n'est point de vassal qui ne puisse, sans trop de folie, porter ses regards sur une couronne; mais éviter la mort, qui peut raisonnablement se le promettre ? L'un meurt jeune, l'autre meurt vieux; mais enfin tous deux descendent dans la tombe. Je dois donc aussi mourir un jour, et entrer dans l'éternité. Mais quelle éternité? Heureuse? Malheureuse? Jésus, mon Rédempteur, sauvez-moi !
II. De tous ceux qui vivaient sur cette terre il y a cent ans, pas un n'existe aujourd'hui. Les plus grands, les plus célèbres princes ne sont plus; à peine reste-t-il d'eux un souvenir, et quelques ossements au fond d'un mausolée. O mon Dieu ! faites-moi bien comprendre la folie de ceux qui aiment les biens d'ici-bas, et qui, dans leur aveuglement, les préfèrent à vous. Je sens, hélas ! que cette folie est encore la mienne: faites que je la connaisse de plus en plus.
III. Dans cent ans au plus, mon cher lecteur, ni vous qui lisez ce livre, ni moi qui l'écris, nous ne serons plus sur la terre; tous nous serons rendus dans la demeure de l'éternité. Il viendra un jour, une heure, un moment qui sera le dernier pour vous et pour moi ; cette heure, ce moment, Dieu les a déjà fixés. Comment donc pouvons-nouspcnseràautrcchoscqu'à aimer ce Dieu qui nous jugera alors ! O mon Jésus ! o mon juge ! que sera-ce de moi, quand il me faudra comparaître devant vous, et vous rendre compte de toute ma vie? Pardonnez-moi, miséricorde infinie, avant que je sois arrivé à cet instant qui décidera de mon sort. Refuge des pécheurs, u Marie! ayez pitié de moi!
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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