Des mœurs divines, ou de la manière d'être de Dieu · Saint Thomas d'Aquin
Dieu est patient
Il y a en Dieu un autre attribut ou perfection, quelles que soient les offenses et les outrages dont la créature se rend coupable envers lui; il ne hait cependant jamais la nature elle-même, mais il l’aime véritablement, il désire son bien avec ardeur, quoiqu’il déteste le mal qui est en elle, il pourvoit à ses besoins temporels en dehors de ses désirs, il pourvoit aussi à ses besoins spirituels si elle les désire : il fait en effet lever son soleil sur les bons et sur les méchants, il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Nous devrions tendre nous aussi à cette perfection, de manière que, quelque grand que fût le mal que l’homme nous fit, nous ne haïssions pourtant jamais sa nature, mais que nous lui désirassions toute espèce de bien, et que, quel que fût le secours corporel ou spirituel qu’il attendît de nous, nous fussions prêts à le lui accorder immédiatement. Il y a en Dieu une haine parfaite, il nous est aussi permis de haïr, afin que nous n’aimions pas les vices à cause de l’amour que nous avons pour l’homme, et que nous ne détestions pas non plus la nature de l’homme, parce que nous avons ses vice3 en horreur, mais que nous aimions sa nature tout en détestant ses vices.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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