De la virginité · Saint Jean Chrysostome
Les hérétiques qui pratiquent la virginité souillent non seulement leur âme mais leur corps
6 Quand bien même, en effet, son corps resterait intact, le meilleur de son âme est corrompu : ses pensées. Et qu’importe, quand le temple est anéanti, que l’enceinte reste debout ? à quoi bon, si le trône est souillé, que le lieu où il se dresse soit immaculé ? Disons mieux : même ainsi, le corps n’est pas débarrassé de la souillure. Lorsque le blasphème et les paroles mauvaises prennent naissance en nous, ils ne demeurent pas en nous, à l’intérieur de l’âme, mais ils souillent la langue par la bouche qui les profère, ils souillent l’oreille qui les reçoit ; c’est comme un poison délétère versé dans notre âme et qui la ronge plus gravement qu’un ver ne ronge une racine, détruisant avec elle aussi tout le reste du corps. Si donc la virginité se définit par la sainteté de corps et d’esprit, et si la femme est impie et souillée dans ces deux éléments à la fois, comment pourrait-elle être vierge ? Mais elle me montre un visage pâle, des membres amaigris, des vêtements grossiers, un regard modeste. Qu’importe, si l’oeil intérieur est effronté ! Et quoi de plus effronté que ce regard qui pousse même les yeux de chair à considérer comme mauvaises les oeuvres de Dieu ? 2. "Toute la gloire de la fille du roi vient du dedans" ( Ps 44,15 ). Or, la vierge hérétique prend le contre-pied de cette parole : revêtue de gloire au-dehors, elle n’est qu’infamie au-dedans. C’est bien là le crime, de manifester une grande réserve à l’égard des hommes, et envers Dieu, son créateur, de faire preuve d’une grande folie ; cette femme qui n’ose pas même regarder un homme en face - si du moins de telles femmes existent parmi les hérétiques - jette ses regards impudents sur le Maître des hommes et porte sa faute aux nues. Leur visage est de buis, on dirait un cadavre. Précisément, elles ont droit de notre part à bien des larmes et à bien des gémissements, parce que la condition si misérable qu’elles ont acceptée n’est pas seulement inutile, elle leur est funeste et se retourne contre leur propre tête.
Source du texte : Biblia Clerus