De la patience · Augustin d'Hippone
Chapitre VI : LA CAUSE POUR LAQUELLE ON SOUFFRE CONSTITUE LA DIFFÉRENCE ENTRE LA VRAIE ET LA FAUSSE PATIENCE
Lorsque vous voyez quelqu’un souffrir patiemment, ne vous empressez pas de louer sa patience, que peut seule vous révéler la cause pour laquelle il souffre. Si la cause est bonne, la patience est vraie ; si cette cause n’est pas souillée par quelque passion, vous pouvez dire que la patience n’est pas fausse. Mais lorsque le vice caractérise la première, vous serez dans l’erreur en caractérisant la seconde par son nom. De même que tous ceux qui savent, ne sont pas pour cela des adeptes de la science ; ainsi tous ceux qui savent souffrir, ne sont pas pour cela des adeptes de la patience. Les hommes qui savent user de la souffrance pour la vertu, voilà ceux qui méritent vraiment le nom de patients, et la couronne rémunératrice de la patience.
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