Contre les erreurs des Grecs · Saint Thomas d'Aquin
Chapitre III : Comment on doit entendre que le Saint-Esprit est la troisième lumière
Comment on doit entendre que le Saint-Esprit est la troisième lumière.
Mais ce qui paroît être encore bien plus erroné, c’est ce qu’on induit de ces paroles de saint Epiphane, évêque de Chypre. « L’Esprit saint est l’esprit de vérité, troisième lumière procédant du Père et du Fils. » Là, en effet, où il y a unité, il est déplacé de dire premier et troisième. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont une même lumière, comme un seul et même Dieu. De même donc qu’on ne peut dire, sans sortir de la foi catholique, que le Saint-Esprit est un troisième Dieu procédant du Père et du Fils, de même il est impossible de soutenir, qu’il est une troisième lumière. Il est vrai qu’on dit qu’il est la troisième personne, mais c’est à cause de la pluralité des personnes de la sainte Trinité. Il suit donc en effet de ces paroles : Il est une troisième lumière, qu’il y a trois lumières, ce qu’il dit expressément en ajoutant : « Les autres sont appelées lumières soit par l’ordre, par la composition ou par le nom, mais elles ne sont pas semblables à ces trois divines lumières. Il est vrai qu’en peut dire que toute lumière implique un sujet d’où elle tire son origine. Car la lumière est ce qui est répandu par un foyer et qui peut tirer d’elle-même une autre lumière. Et cette seconde définition de la lumière peut être appliquée aux propriétés personnelles de la sainte Trinité, à cause de la propriété de diffusion, quoique, selon sa nature propre, il appartienne à l’essence même de la lumière dans les personnes divines : ce qui ne doit point tendre à une fausse conséquence, mais amener à cette conclusion, que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont une même lumière.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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