Contre le mensonge · Augustin d'Hippone

    Chapitre IV : QUAND ON MENT SUR UN POINT, ON NE PEUT PLUS ÊTRE CRU SUR D’AUTRES.

    Et, ce qu’il y a de plus misérable, c’est qu’étant des nôtres, ils auront perdu tout motif de confiance en nous. En effet, s’ils viennent à soupçonner que nous faussons les dogmes catholiques, pour leur cacher je ne sais quoi que nous croyons vrai, tu leur diras sans doute : J’ai fait cela ci-devant, pour te gagner. Mais que répondras-tu quand on te répliquera : Eh ! que sais-je si tu ne le fais pas maintenant, pour que je ne te gagne pas moi-même ? À qui persuadera-t-on que l’homme qui ment pour prendre, ne ment pas pour n’être pas pris ? Vois-tu où ce mal tend ? Non-seulement à nous rendre suspects à eux et eux à nous, mais à faire que tout frère soit à juste titre suspect à son frère. Et ainsi, en cherchant par le mensonge à enseigner la foi, on arrive à détruire toute espèce de foi. Car s’il est permis de parler contre Dieu en mentant, où trouvera-t-on un mensonge tellement criminel que nous devions l’éviter comme un acte de scélératesse ?

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