Visites au Saint-Sacrement et à la Sainte Vierge · Alphonse de Liguori
De la communion spirituelle
reçue.
Quant à ce qui concerne la satisfaction que Dieu retire de ces communions spirituelles, et les grâces qu'il y attache, il l'a déclaré lui-même à sa servante sœur Paule Alaresca, fondatrice du monastère de Ste. Catherine de Sienne, à Naples. On lit dans l'histoire de la vie de cette sainte fille que Dieu lui montra deux vases précieux, l'un d'or et l'autre d'argent, et qu'il lui dit : Je conserve dans le vase d'or les communions réelles, dans l'autre les communions spirituelles. Le Seigneur dit encore à la bienheureuse Jeanne de la Croix, que chaque fois qu'elle communiait spirituellement, elle recevait la même grâce que si elle eût communié réellement. Qu'il su111 se au surplus de savoir que le concile de Trente loue beaucoup la communion spirituelle et qu'il exhorte beaucoup les fidèles à la mettre en pratique.
Aussi tous les âmes dévotes se plaisent-elles dans le fréquent exercice de la communion spirituelle. La bienheureuse Agathe de la Croix en faisait jusqu'à deux cents tous les j ^ urs ; et I ; 1*. Pierre Fabre, qui fut le compagnon de St.-Ignace, disait que pour bien faire la communion sacramentelle i! fallait s'exercer à la communion spirituelle.
On exhorte donc ceux qui veulent avancer dans l'amour de Jésus-Christ à faire la communion spirituelle une fois au moins dans chaque visite auSaiut-S a c r e m e n l, et à chaque messe qu'ils entendent; il vaudrait même mieux la répéter trois fois dans ces deux circonstances, c'est-à-dire au commencement au milieu et. à la fin. C'est là une de ces pratiques pleines qui sont plus profitables que beaucoup d'autres. et dont on peut s'acquitter fort aisément. La bienheureuse Jeanne de la Croix que nous avons déjà citée, disait qu'on peut communier spirituellement sans être remarqué de personne, sans qu'il soit nécessaire d'être à jeun, sans la permission du directeur ; on peut le faire à toute heure : il n'est besoin pour cela que d'un acte d'amour.
Je crois, ô mon Jésus, que vous êtes dans le Saint-Sacrement. Je vous aime par-dessus toutes choses, et je vous désire de toute mon âme. Puisque je ne puis maintenant vous recevoir dans le sacrement, descendez au moins spirituellement dans mon cœur. Je vous embrasse et je m'unis à vous tout entier, comme si vous étiez déjà venu dans mon d m e ; ne permettez pas que j'aie le malheur de me séparer jamais de vous.
Je crois, ô Jésus, à votre présence dans les Saint-Sacrement Je vous aime et vous désire; venez dans mon cœur. Je vous embrasse ; ne vous séparez plus de moi.
Absorbent^ quœro. Domine Jesu Christe, mentent meam ignitâ et meilifltiâ vim amoris tui ut amore amoris tui moriar qui amore amoris met dignatus es mori ( St. - François. )
O amour non aimé, amour non connu ! (Ste.-Marie Madeleine )
O mon époux, quand serai-je attiré jusqu'à toi. ( SL-Picrrc d'Alcantara. )
Jésus, mon bien, mon doux amour ! frappe, blesse, embrase mon cœur ! qu'il brûle toujours pour toi ! Vive l'amour de Jésus notre vie, et notre tout! vive Marie, notre espérance! Ainsi soit-il.
ACTE A FAIRE AVANT LA VISITE AU SAINT-SACREMENT.
Jésus, mon Seigneur, qui pour l'amour que vous portez aux hommes, restez nuit et jour dans ce sacrement, tout rempli d'amour et de pitié, attendant, appelant et accueillant tous ceux qui vont vous visiter, je crois à votre présence dans le Sacrement de l'autel; du fond de l'abîme de mon néant je vous adore, et je vous rends grâce de tous les biens que vous m'avez donnés, et principalement de vous être livré vous-même tout entier à moi da is ce sacrement, de m'avoir donné pour patronne votre sainte mère Marie, et de m'avoir appelé à vous visiter dans cette église. Je salue, aujourd'hui votre cœur très-aimant, et je le fais pour trois motifs; premièrement pour vous remercier, secondement pour expier toutes les injures que vous avez reçues de vos ennemis dans ce sacrement; en troisième lieu pour vous adorer ici comme si je visitais tous les lieux de la terre où vous avez été moins honoré et plu* délaissé par les hommes. Mon Jésus, je vous aime de tout mon cœur. Je me ré peut s de tous les déplaisirs que j'ai fait éprouver à votre bonté infinie. Je me propose avec votre grâce de ne plus vous offenser à l'avenir; maintenant, tout misérable que je suis, je me consacre tout à vous, je vous donne ma volonté, mes affections, mes désirs, et tout ce que je suis. Faites désormais de tout mon être selon votre plaisir. Je vous demande seulement votre saint amour, la persévérance finale et la faculté d'accomplir en entier votre volonté. Je vous recommande les âmes du purgatoire, particulièrement celles qui ont eu plus de dévotion au saint sacrement et à la très-sainte Vierge. Je vous recommande aussi tous les pauvres pécheurs. O mon Sauveur chéri, j'unis toutes mes affections à celles de votre cœur aimant, et ainsi réunies je les offre à votre père éternel que je prie, en votre nom de les recevoir et de les exaucer pour l'amour de vous.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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