Vie et mort de sœur Thérèse-Marie de Liguori · Alphonse de Liguori
V : Son détachement des créatures
Pour être tout entière à Dieu, elle chercha sans cesse à tenir son cœur dégagé de toute affection terrestre. C elle bonne religieuse donna surtout deux grande;» preuves de cette sublime abnégation dans deux conjonctures particulières, comme elle le fit connaître elle-même à son directeur, en conférant avec lui sur les affaires de sa conscience. Elle lui raconta, qu’un m afin, étant à l’oraison, elle se vit assiégée d’une foule de pensées vaines; craignant donc qu’une telle distraction ne prit sa source dans quelque attachement secret, elle s’examina minutieusement sur tous les points, et sa pensée finit par s’arrêter sur une petite statue de l’enfant Jésus, qu'elle conservait dans sa cellule; mais comme il lui semblait qu'elle s'en priverait volontiers, si elle savait que ce fut la volonté de Dieu, elle se tranquillisa à cet égard ; cependant, elle pria le Seigneur de permettre qu'il lui arrivât quelqu'accident fâch eu x, afin qu’elle pût connaî're par 15, quel était l'objet pour lequel son cœur conservait de l'attache. Or, comme elle était un jour après vêpres occupée à travailler dans sa cellule, elle reçut la visite de la mère prieure ; celle-ci, en s'entretenant avec elle, prit dans ses mains un vase précieux de porcelaine qui était sur le prie» D ieu, et l’ayant par mégarde laissé échapper de ses mains, il fut mis en pièces; la prieure déplorait cet accident, mais sœur Thérèse n'en ressentit aucune émotion; au contraire, se rappelant la prière qu’elle avait naguère adressée à Dieu, elle se réjouissait dans son âme, et le remerciait de lui avoir fait voir que son cœur n’avait d'attachement pour rien au monde. L ’autre preuve qu’elle en donna, fut à la mort de sa pieuse lanle. Sœur Thérèse, après avoir versé sur elle quelques larmes, dit à son directeur : « Je croyais « n’avoir aucun attachement, mais le Seigneur m ’a « fait connaître qu’ il n’en est pas ains i;» regardant comme un défaut ce qui n’était qu’un soulagement bien naturel.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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