Traités de la foi, de l'espérance et de la charité · Augustin d'Hippone
Chapitre I : L’AUTEUR DÉFINIT LA VÉRITABLE SAGESSE ET LA SOUHAITE À LAURENTIUS
Je ne saurais exprimer, mon très cher fils Laurentius, la joie que m’inspire ta science éclairée et le désir que j’éprouve de te voir au nombre des sages, non de ceux dont il est dit : « Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le subtil discoureur du siècle présent ? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie toute la sagesse du monde ? »1, mais de ceux dont il a été écrit : « La multitude des sages est le salut de l’univers »2, et que l’Apôtre donne pour modèles aux chrétiens à qui il adresse ces paroles : « Je veux que vous soyez sages dans le bien, simples dans le mal »3. Mais de même qu’on ne peut se donner l’existence, de même on ne peut tirer la sagesse de son propre fond ; il faut, pour l’acquérir, être éclairé par celui dont il a été écrit : « Toute sagesse vient de Dieu »4.
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