Lettres spirituelles · Alphonse de Liguori

    Lettre VII

    Ciorani, 22 avril.....

    Ma bienheureuse fille, je reçois de vous deux autres lettres : je vous répéterai que pour le moment il est impossible de venir chez vous avec la mission, parce que nous sommes en petit nombre, et que nous avons tant à faire ici que nous ne pouvons en venir à bout, outre que c’est notre règle de ne pas aller si loin avec les missions, surtout quand nous avons des endroits voisins pour les faire.

    Je vous permets de prier Jésus-Christ comme Sainte Scholastique, mais je vous interdis tant d’empressement à me voir et à m ’entendre. Il peut nous suffire que nous nous revoyions en paradis pour ne jamais nous séparer de la belle vue de Dieu : en attendant, soutenons-nous par l’oraison et demeurons en paix. Dieu seul est ce bien dont nous ne pouvons demeurer éloignés. Les créatures, toutes tant qu’elles sont, ne sont propres qu’à nous refroidir dans l’amour du souverain bien, quand on les désire avec sollicitude. Et ainsi, je veux vous aider à vous unir toujours de plus cnplusàJésus-Christ, au lieu de vous en éloigner. Et ainsi, je veux dorénavant qu’en cela vous soyez plus résignée. Aussi me consolé-je des ténèbres et des mépris qui sont survenus. Oh! plût à Dieu que parmi toutes les ténèbres, abandonnés et méprisés de tous, nous aimassions Jésus-Christ et fussions occupés de lui plaire. Lorsque ensuite vous vous trouvez environnée de ténèbres, je vous avertis dans votre oraison de vous étendre un peu sur les prières adressées à Jésus et à Marie ! Oh ! quelle belle prière c’est que do demander toujours à Jésus l’amour de Jésus.

    Touchant votre sœur, il est nécessaire que vous en ayez le plus grand soin pour son salut. Si on pouvait la placer, peu importerait qu’on perdît quelque chose dans la vente du territoire. Il suffit : il faut en avoir soin et vous informer si chez sa tante elle fréquente quelque parent ou quelque autre. Parce que si elle voit quelqu’un fréquemment, il faut crier, faire tapage, et y trouver quelque expédient. Faites tout cela, mais paisiblement ; et ce à quoi nous ne pouvons remédier, rcmellons-le tout entre les mains de Jésus. Or sus ! continuez à me recommander instamment auprès de Jésus et de Marie. Je vous recommande de faire toujours des actes d ’amour au sain( sacrement. Que Marie soit notre espérance et Jésus notre amour. Vive Jésus, Marie, Joseph et Thérèse.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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