Lettres · Saint François de Sales

    Lettre VIII : À François Girard

    5. François de Sales à François Girard, prevost

    de Belley. Il se res jouit avec luy de le voir combattre pour la foy catholique. Francisco Girardo, ecclesiæ Sebusianæ præposito, Franciscus de Sales præpositus ecclesiæ Gebennensis.

    Honneur et felicitations bien Et verö nunc tibi ex anisinceres à vous, cher et respec­ mo gratulandum est, claristable Girard, qui livrez actuel­ sime Girarde cum te tötis lement des combats serieux et viribus sanctissimi Cruciacharnez sous l’estendart du Dieu fixi signo seriö militantem crucifié! N’est-ce pas, en effect, videamus. Quid enim est, combattre pour Jesus-Christ, que quos Deus odivit, odio hadé hayr ceux que Dieu hayt, et bere, et super inimicos crucis tabescere, quàm pro de secher de douleur sur les en-Christo decertare? Nulla nemys de la croix? Vous ne rengloriosior benè de Deo ipso contrerez jamais une occasion plus et Ecclesia merendi occasio glorieuse pour vous de bien mepotest esse, quam haec quse riter de Dieu luy-mesme et de tibi summà Dei providentia l’Eglise, que celle que vous préoccurrit. Et quidem facili- sente la divine Providence. Ouy, rnuffi est cuique christiano, sans doubte, il est tres-facile à ac omnibus ferè obvium, tout chrestien, c'est à la portée, Christum languentibus me- pour ainsi dire, de tous, de suidentem, raortuos ressusci- vre Jesus-Christ soulageant ceux tantem sequi; at Christum qui souffrent, et ressuscitant les languentem et morieutem morts; mais suivre Jesus-Christ id paucissimis concessum souffrant et mourant, voilà ce qui est. Non arduum esladmo- n’est accordé qu’à un fort petit dùm Crucem erectam am- nombre. Il n’est pas tres-penible plecti, dùm nemo impellat, d’embrasser la Croix, lorsqu’elle vel tentet disturbare : at, est dressée, lorsque personne ne contra pugnantium impe- l’esbranle, ne s’efforce de la rentum. earn ne labatur susti- verser; mais la soustenir contre nere, id confirmatre virtutis le choc des assaillans, pour est. O felix pugna, in quà qu’elle ne tombe pas, voilà le Christo pariter et morimur propre d’un courage epreuvé. et vivimus! Quid, queeso, Heureux combat dans lequel tout tantà religione gloriosam à la fois nous mourons et nous nobis antiquorum ecclesia vivons pour Jesus-Christ! Qui a patrum memoriam commen- environné, je vous le demande, davit, quàm nullis se minis de tant de gloire et de ceste véà crucifìxi patrocinio, ut nération religieuse la memoire des interim ita loqui concedas, anciens Peres de l’Eglise? Ah! abduci se passi sint? Marti­ c’est que jamais les menaces n’ont nos sanè, Chrisostomos, Hi- peu les destourner de prendre la larios, Damascenos, nulla deffense, de plaider la cause, si adeò sursùm erexit eruditio, je puis m’exprimer ainsi, de Jésus quam ea christiani animi crucifié. Est-ce la science qui a celsitudo quà imperatoribus eslevé si haut les Martin, les ìisque falsis fratribus, pu­ Chrysostome, les Hilaire, les Dagnano pro Christo indixerunt, mascène? Non, non, c’est ceste fortesque sese ad prselia Do­ grandeur d’ame chrestienne avec mini praelianda praebuerunt. laquelle ils ont desclaré la guerre pour Jesus-Christ aux empereurs, mesme lorsqu’ils estaient fauxfrere; avec laquelle ils se sont montrez vaillans et braves pour combattre le combat du Seigneur.

    Ne vous imaginez pas, du reste, Quæ quidem non eo anique mon intention, en vous par- mo à me esse dicta velim lant de la sorte, soit d’enflam- intelligas, quo tibi animum mer voslre courage : le disciple addere vellem : non enim est n’est pas au-dessus du maistre. discipulus suprà magistrum.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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