Lettres · Saint François de Sales

    Lettre IV : Au président Fabre

    D icam quod est : tanta est Je diray franchement ce qui en hujus populi pertinacia, ut est, mon cher frere : l’opiniascommuni decreto prohibi- treté de ce peuple est si grande, lum sit, ne ullus ad catho- qu’il est deffendu par une ordonlicas conciones accedat; et nance publique que personne cùm plerosque ad audien- n’eust à aller aux prédications cadum, partim curiosos, par­ tholiques; et lorsque nous espetim quibus inest adhuc an­ rions que plusieurs viendroient tiqua religionis sapor, ven-nous entendre, soit par curiosité, turos sperabamus, obfirma- soit qu’ils ayent encore quelque tam mutuis cohortationibus goust pour l’ancienne religion, omnium mentem reperimus; nous avons treuvé que tous avoient eamque sui sceleris excusa- résolu la mesme chose par de tionem pr6etendunt, quòd, si mutuelles exhortations ; et ils rapin catholicam Ecclesiam tan- portent cette excuse à leur crime, tisper ferri videantur, à Ber- que, si l’on cognoissoit qu’ils pennensibus et Genevensibus, chassent tant soit peu du costé de inter quos sunt, durè, non la religion catholique, ils seroient ut cattolici tantùm, sed ut maltraittez par les Bernois et les desertores, tractarentur; ita- Genevois, parmy lesquels ils vique segnisi pace composità, vent, non-seulement en qualité nunquàm expectandos : ità decatholiques, mais encore comme nimirùm trepidaverunt ti­ déserteurs de leur religion; et more ubi non erat timor; que, par cette ray son, il ne faut ac nobis non hseresis tantùm, pas les attendre, jusqu’à ce que la sed hujus quoque saeculi peux soit absolument faite : tant il amor primùm ab iis homini- est vray qu’iTs ont eu de la bus avellendus est. crainte où il n’y avoit point subject d’en avoir [ Ps. 13). Il ne suffit donc pas que nous leur ostions l’heresie, il faut d’abord leur oster l’amour du siecle.

    D’un autre costé, je vous diray Alioquin per privata colque, dans les conversations fami­ loquia ipse etiam minister, lières, le ministre mesme a con­ in mysterio augustissimi alfessé que nous tirions une tres- taris sacramenti, nos ex bonne conclusion des sainctes Scripturis rectè prò fide nos-Escritures pour nostre croyance, tra, concludere confessus est; touchant le tres-auguste mystere confìterenturque crateri, nisi du sacrement de l’autel; les autres timor ilio immodicus terre-le confesseroient pareillement, nus obstaret. At nos patientià s’ils n’estoientempeschez par ceste fortem illum armatum, qui grande crainte du monde. Mais custodii atrium suum, a nous esperons qu’avec la patience, fortiore, favente Christo, ce fort armé, qui garde sa may- tandem expulsum tri sperason, sera chassé par un plus fort rci us. Hic est rerum nostraque luy (Luc. 11), quiestNostre- rum status.

    Seigneur Jesus-Christ. Voilà Testât de nos affaires.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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