Lettres et réglemens relatifs au gouvernement du diocèse de Sainte-Agate-des-Goths · Alphonse de Liguori
Lettre V
Aricnzo, G se|ilcnil)re <762.
Je me suis attaché au second expédient, puisque votre seigneurie a approuvé la personne du chanoine D. Mathias, et que d ’ailleurs les directeurs et les religieuses penchent, comme vous me le marquez, vers ce parti. Veuillez donc lui faire passer promptement l’incluse, où je lui enjoins de venir par obédience servir son pays.
Pour ce qui est des soixante ducats d ’appointcmenl, je sens qu’un homme du pays pourra s’en contenter ; mais est-il possible qu’un prôlrc étranger se trouve satisfait de vingt-quatre ducats de salaire, car les autres trente-six sont accordés pour les messes. Je dis qu’un étranger doit avoir une maison à lui,• je m ’étonne que les directeurs me fassent tant de difficultés sur ce point ; la chose la plus nécessaire pour maintenir l’ordre dans le monastère, c’est un bon confesseur. Mais ce bon confesseur, où le trouverai-je avec soixante ducats? En trouverons-nous toujours un du pays? et si nous ne le trouvons pas, faudra-t-il que le monastère se perde? Ne devons-nous penser d’ailleurs qu’au temporel, cl ne nous occuper qu’en passant des biens spirituels? Je le dis en vérité, je suis peu édifié de ces directeurs; je prie votre Révérence de leur dire. Quant au consentement du délégué, il fallait lui écrire qu’il n ’était pas possible de trouver pour vingt-quatre ducats quelqu’un qui vint du dehors ; et certainement le délégué aurait consenti de suite à l’augmentation du salaire. C’en est assez, tâchons de nous accommoder maintenant du confesseur du pays ; mais à l’avenir, il faudra parer à cet inconvénient.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.