Lettres et instructions aux religieux de sa congrégation du Saint Rédempteur · Alphonse de Liguori
Lettre VII
Villa, 7 juin.
Mon cher D. Ciccio, nous voyons bien que Jésus nous bénit, et veut à notre occasion faire voir qu’il est celui dont il a été écrit: De stercore erigetis pauperem. Continuez vos importunités auprès du P. Campanello pour le petit chapelet de Jésus enfant. Allez le trouver; écrivez-lui: sans cela, vous ne réussirez pas.
Ensuite pour ce qui est de votre retraite à Ste-Marie del Vignanello, D. Ciccio, comment pouvez-vous douter que je n ’éprouve pas un grand plaisir à vous avoir pour voisin, puisque j ’ai désiré vous rapprocher encore plus de moi? Je croyais même déjà que c’était chose faite, vous voyant tellement porté à la vie retirée, et si épris des charmes de la vertu ; mais quelque respect humain, ou, pour mieux dire, mes péchés y auront mis obstacle; 'Or, après cela, comment pourrais-je ne pas m ’applaudir de vous avoir pour voisin? Quelquefois du moins, dans le courant de l’année, pendant les saintes missions, j ’aurai sous mes yeux les beaux exemples de vertu que vous saurez me donner. Mais écoutez-moi, D. Ciccio; vous ne serez jamais parfaitement tranquille, et peut-être encore serez-vous difficilement tout entier à Jésus-Christ, si vous ne renoncez entièrement à ce Campanello, et si vous ne foulez aux pieds le monde avec toutes ses considérations. Thomas à Rompis a écrit : Dimitte omnia, et inventes omnia. Mais il suffit ; je ne veux pas pousser plus loin la hardiesse auprès de celui qui peut être mon maître et dans la science, et dans la vertu. Recommandez-moi à Jésus et à Marie ; cl recommandez-leur spécialement votre affaire pendant ce mois-ci. Qui sait ce que Marie vous dira? Vive Jésus, Joseph, Marie, Thérèse! Obligez-moi do m ’envoyer quatre figures de Marie de Caravage; cl failcsmoi réponse. Vive Jésus et Marie. »
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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