Lettres et allocutions (1936-1937) · Pie XI
Discours aux élèves du Séminaire français (9 novembre 1936)
CHERS FILS,
Voici donc de nouvelles « acquisitions », pour employer un terme de bibliothèque. Nous aimons bien ce mot à cause de sa signification : « acquisition » veut dire augmentation de nos richesses.
Et puis, il y a les soldats qui reviennent — pourrait-on dire — de tribulatione magna. Mais on peut bien dire de nous tous que que nous sommes des soldats, des milices militant pour Dieu, miïitans Deo, et il ne serait pas extraordinaire que cette milice devienne, elle aussi, une « tribulation ».
C'est à ces deux titres : « acquisition » et « service militaire » que Nous Nous réjouissons tout particulièrement, chers Fils, et que Nous vous souhaitons cordialement la bienvenue. Soyez les bienvenus doublement et même une troisième fois : car vous allez commencer une nouvelle année scolaire, une nouvelle année au Séminaire français, et c'est tout dire. Nous savons bien, et vous le savez aussi, qu'au Séminaire français, comme dans tout Séminaire qui répond à son mandat et à sa mission, il ne s'agit pas seulement de l'étude, ou d'une préparation scolaire, ni d'une préparation de l'intelligence par les sciences sacrées, mais bien plus, infiniment plus, d'une préparation de la volonté, d'une préparation à la sainteté, par l'acquisition de bonnes habitudes, les vertus, qui sont le fond de toute sainteté. En effet, l'œuvre, la grande œuvre, c'est votre formation à la vie ecclésiastique, à la vie sacerdotale. Voilà le grand cadre où tout entre, où tout trouve sa place et sa valeur absolue et relative aussi.
C'est vous dire, chers Fils, avec quelle particulière bienveillance et avec quelle paternelle complaisance Nous vous souhaitons la bienvenue. Nous souhaitons aussi que cette nouvelle année soit pour vous excellente et remplie des bénédictions divines. Le bon Dieu vous donne une grande grâce en vous permettant de vous former pour ainsi dire sur les genoux de l'Eglise, de cette Mère antique et vénérable qu'est I*Eglise de Rome, ici tout près du Père de cette Eglise, sur cette terre vraiment sainte : nella presenza de! Fîgliuol di Dio : c'est bien ce que le « Vicaire du Christ » signifie.pour tous ceux qui le voient avec les yeux de la foi.
C'est donc une grande bénédiction que Nous vous donnons à vous et à toutes vos intentions, relativement à vos études, à vos familles, relativement à votre et à Notre chère France, d'autant plus chère qu'elle a plus besoin de prières ; Notre chère France qui, en ce moment, il faut l'avouer, souffre tant de cette crise mondiale, de cette grande maladie qui infecte le monde. C'est le triste privilège de la jeunesse d'aujourd'hui de retirer quelques avantages douloureux des expériences faites et d'avoir vu de si bonne.heure,,au début de la vie, tant de choses tristes. Nous en voyons aussi, il est vrai, de très belles et de très bonnes, mais aussi de bien tristes qui exigent un réveil général de tous ceux qui ont le sentiment du bien, un réveil général de toutes 4es énergies, [pour s'opposer à cette malheureuse maladie dans son travail dévastateur, à cette grande maladie dont souffre le monde entier.
Et précisément notre ministère sacerdotal, chers Fils, est vraiment un ministère fait pour guérir les maladies spirituelles… (1)
(1) Cf. Osscrvatore Romano du 11 novembre 1036.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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