Lettres et allocutions (1914-1918) · Benoît XV

    Lettre au cardinal Mercier, archevêque de Malines (1914)

    A D DESIDERATtJM C A R D. MERCIER, ARCIIIEPISCOPUM MECIILINIENSEM UELGICAE NATIONIS TRISTES LU-GENS CONDTCIONES, PETRI A N A E COLLI-

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    GENDAE PROPOSITUM LAUDAT ; E AM TAMEN POPULI NECESSITATIBUS SUR LE VAN DIS CEDIT

    A S. EM. LE CARDINAL MERCIER, ARCHEVEQUE DE MALINES

    TRÈS CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.

    La Divine Providence Nous a confié le soin de veiller sur tous les fidèles: depuis lors nous avons pour eux une sollicitude paternelle; leurs bonheurs et surtout leurs peines sont les nôtres; aussi Nous ne pouvons qu'être bien affligé en voyant la nation des Belges tant aimée, réduite par l'atroce guerre à un état si lamentable. Nous avons vu le Roi des Belges lui-même et son auguste famille, les membres du gouvernement, les notables, les évéques, les prêtres et le peuple entier endurer des maux dignes d'émouvoir la pitié de tout homme capable de ce sentiment, et qui touchent particulièrement notre cœur brûlant d'une affection paternelle. A Nous qui sommes dans le deuil et la peine, rien n'est tant à cœur que de voir la fin de ces calamités. Veuille le Dieu miséricordieux la hâter! De toutes Nos forces Nous cherchons à adoucir ces douleurs, aussi, Nous avons voulu remercier publiquement Notre cher Fils le cardinal de Hartmann, archevêque de Cologne, d'avoir obtenu que les prêtres français et belges prisonniers en Allemagne fussent traités comme des officiers.

    Quant aux Belges, il Nous a été dit ces jours derniers que les fidèles, malgré les angoisses dans lesquelles ils se trouvent, ne cessent de diriger leurs regards vers Nous, et que tout en étant oppressés par toutes les calamités ils veulent cependant pourvoir aux nécessités du Siège Apostolique et continuer à recueillir, comme durant les années précédentes, l'obole du Denier de Saint-Pierre. Ce témoignage de profonde piété et de charité envers Nous, mérite notre admiration et Nous l'avons reçu 'avec bienveillance et gratitude. Mais considérant les graves et déplorables conditions dans lesquelles Nos très chers fils se trouvent actuellement, Nous ne pouvons Nous résoudre à accepter leur généreuse et très noble proposition; donc, si l'on a recueilli quelque

    BENEDICTUS PP. XV.

    somme, Nous entendons qu'elle soit employée en faveur du peuple belge aussi digne de compassion que remarquable par sa noblesse et sa religion. Dans ces angoisses et ces difficultés qui oppriment Nos très chers fils, nous leur rappellerons pour leur consolation que la main du Seigneur n'est pas trop courte pour sauver ni ses oreilles trop émoussées pour entendre. L'espoir du secours divin Nous semble particulièrement indiqué à l'approche des jours où nous célébrons les fêtes de la naissance du Seigneur et commémorons cette paix que Dieu a fait annoncer aux hommes par ses Anges. Que les âmes en deuil et dans la tribulation soient aussi soulagées et encouragées par le témoignage de Notre affection paternelle, qui Nous fait supplier Dieu qu'il ait pitié de tout le peuple belge et qu'il daigne largement répandre sur lui tous ses bienfaits.

    Voyez-en le gage dans la bénédiction apostolique qu'à tous et à chacun, et à vous d'abord, Notre cher Fils, nous accordons avec toute notre amitié dans le Seigneur.

    Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en la fête de l'Immaculée Conception, l'an MGMXIV, de Notre Pontificat le premier.

    BENOIT XV, PAPE.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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